
Les récentes attaques de Donald Trump contre le CHIPS Act américain inquiètent de plus en plus l’industrie des semi-conducteurs. Selon un rapport du New York Times, les fabricants de puces ont organisé une conférence téléphonique exceptionnelle pour discuter des conséquences potentielles sur leurs plans de production et d’investissements aux États-Unis.
Le CHIPS Act, programme bipartisan initialement destiné à renforcer la production américaine de composants électroniques avancés et à réduire la dépendance à l’étranger, est particulièrement crucial pour l’installation par TSMC de plusieurs usines en Arizona. Apple a même prévu de profiter directement de ces nouvelles installations pour produire localement une partie de ses propres puces, donnant un visage concret au projet « Made in America » initialement annoncé en 2022.
Or, le mois dernier, le président Trump a ouvertement critiqué cet accord. Après avoir émis l’idée d’imposer des taxes sur les semi-conducteurs importés et d’annuler le programme prévoyant une subvention fédérale de 6,6 milliards de dollars à TSMC, il est allé plus loin en demandant au Congrès d’abroger totalement la loi. Lors d’un récent discours, il a qualifié le CHIPS Act de « chose horrible » et a explicitement demandé à Mike Johnson, président de la Chambre des représentants, de s’en débarrasser.
La Semiconductor Industry Association (SIA), qui regroupe des entreprises majeures telles qu’AMD, Intel, Nvidia, Qualcomm, ARM et TSMC, a réuni ses membres dès le lendemain de ces déclarations pour évaluer les risques encourus. Selon plusieurs sources, les dirigeants des entreprises concernées se montreraient préoccupés par la possibilité que l’actuelle administration puisse annuler des contrats déjà signés ou révoquer des subventions déjà accordées.
Pourtant, la stratégie semblait initialement stabilisée. TSMC avait annoncé récemment un nouvel investissement de 100 millions de dollars aux États-Unis pour consolider son engagement en Arizona, espérant ainsi sécuriser ses relations avec l’administration Trump. Avec ces nouvelles incertitudes, l’avenir des projets industriels sur sol américain demeure aujourd’hui très flou.