
Après une décision rendue en 2023 ayant condamné Apple et Amazon pour des clauses de distribution anticoncurrentielles, l’autorité de la concurrence espagnole a déclaré que les deux entreprises avaient tardé à se conformer à cette injonction et pourrait infliger une nouvelle amende. Voici les détails.
Contexte
En 2023, la Comisión Nacional de los Mercados y la Competencia (CNMC) a infligé à Apple et Amazon une amende totale de 194 millions d’euros (environ 230 millions de dollars) en raison de pratiques anticoncurrentielles.
Cette affaire remonte à 2018, lorsque les deux sociétés ont conclu un accord multinationale pour restreindre la vente des produits Apple et Beats aux revendeurs autorisés par Apple. L’accord a permis la création d’une boutique officielle Apple sur Amazon.
En parallèle, cet accord limitait également l’espace publicitaire sur le site espagnol d’Amazon pour les concurrents d’Apple, bloquant ainsi plus de 90 % des détaillants existants vendant des appareils Apple.
La CNMC avait jugé cet accord anticoncurrentiel en conclusion, en plus des amendes, elle avait ordonné la suppression immédiate des clauses litigieuses.
Nouveaux éléments dans l’affaire
Malgré l’appel des entreprises concernant la décision de la CNMC, cela ne les a pas exemptées de l’obligation de supprimer les clauses anticoncurrentielles.
La CNMC a constaté qu’Apple et Amazon n’avaient supprimé les clauses qu’en mai 2025, près de deux ans après l’injonction initiale, ouvrant ainsi une enquête distincte pour non-conformité.
La CNMC a ouvert une enquête en octobre dernier, constatant que le retard de conformité des entreprises pourrait justifier de nouvelles sanctions.
Dans un communiqué, Apple a contesté les conclusions de la CNMC, affirmant qu’elle avait toujours respecté les ordres des autorités. La société a tenté de reframer la situation comme une lutte contre les produits contrefaits plutôt que comme une limitation de la concurrence légitime sur Amazon.
De son côté, Amazon a également exprimé son désaccord avec cette décision et prévoit de faire appel, soutenant qu’il serait contraire à ses intérêts de restreindre l’exposition des petits et moyens vendeurs.