
Les caches de webcam en plastique, en particulier ceux à glissière, ont connu un essor de popularité dans les années 2010 comme moyen peu coûteux de protéger les utilisateurs contre l’espionnage. La crainte était justifiée à l’époque. Cependant, en 2020, Apple a commencé à mettre en garde contre leur utilisation, affirmant que ces accessoires n’étaient pas nécessaires et pouvaient même endommager l’écran d’un MacBook.
Pour ce Security Bite, laissons de côté les idées reçues et voyons pourquoi ces caches ne garantissent pas une meilleure confidentialité, peuvent empêcher le fonctionnement de fonctionnalités comme True Tone, et présentent un risque sérieux d’endommagement de votre écran.
MYTHE DU LUMIÈRE VERTE
Sur les Macs modernes, notamment ceux dotés de puces Apple Silicon et Intel (post-2008), un hacker malveillant ne peut pas activer votre webcam sans que le témoin de confidentialité vert ne s’allume. Cela est dû à la conception matérielle du module de caméra qui empêche cette action.
Les Macs produits avant 2008, cependant, présentaient une vulnérabilité. Des chercheurs de l’Université Johns Hopkins ont publié un article en 2013 démontrant que ces modèles pouvaient être amenés, lors d’attaques avancées, à activer la caméra sans allumer le LED vert. Mais depuis la refonte de 2008, Apple a conçu le module de caméra pour que le capteur et la lumière partagent le même circuit physique, garantissant que l’une ne fonctionne pas sans l’autre.
À ce jour, aucun malware connu ne peut contourner cette conception matérielle, en grande partie parce qu’il n’existe plus de logiciels à compromettre.
DANGERS POUR L’ÉCRAN
Au-delà des préoccupations liées à la confidentialité, il existe également un risque d’endommagement sérieux de l’écran de votre MacBook.
Apple avertit contre la fermeture d’un MacBook (Air ou Pro) avec quoi que ce soit de plus épais que 0,1 mm—l’équivalent d’une feuille de papier—entre l’écran et le châssis. Les panneaux Retina actuels sont très fins et fonctionnent avec des tolérances de charnière très serrées. En plaçant un cache sur la caméra, on exerce une pression sur un point concentré, l’une des parties les plus fragiles de l’écran.
Puisque le MacBook Air M4 déjà montre des marques fantômes là où l’écran touche le clavier dans mon sac à dos, je n’oserais pas utiliser un cache. Adopter une bonne hygiène numérique s’avère désormais plus efficace qu’un simple cache de caméra sur Mac… mais la situation pourrait être différente sur Windows.