
Apple est sous le feu des critiques pour avoir prétendument violé la loi en ne respectant pas les sanctions américaines, après qu’il a été révélé que l’App Store contenait des dizaines d’applications provenant d’entreprises sanctionnées. Bien que Google soit également concerné, la situation chez Apple apparaît beaucoup plus problématique.
Les applications interdites ont été mises en lumière par le Tech Transparency Project, qui affirme que cette affaire met en question la fiabilité des promesses d’Apple selon lesquelles l’App Store est un lieu sûr et digne de confiance pour les utilisateurs.
Apple a souvent décrit l’App Store comme un environnement protégé. Selon la société, depuis son lancement en 2008, il a prévenu plus de 9 milliards de dollars de transactions frauduleuses. En 2024 uniquement, il a empêché plus de 2 milliards de dollars de fraudes, ce qui sert d’argument en faveur de son monopole sur la vente d’applications iPhone, sauf lorsqu’il est contraint par des régulateurs antitrust.
Cependant, le même rapport du TTP a révélé que l’App Store offrait des applications d’entités sanctionnées par le gouvernement américain, y compris des banques russes soutenant l’invasion de l’Ukraine et un groupe paramilitaire chinois impliqué dans des violations des droits de l’homme. Ces révélations soulèvent des interrogations sur les relations d’Apple avec des organisations considérées comme une menace pour la sécurité nationale des États-Unis.
Il est illégal pour une entreprise américaine d’avoir une relation commerciale avec une entité sanctionnée. Le TTP souligne qu’aucun effort n’a été fait par les développeurs pour masquer leur identité, ce qui aurait permis aux deux entreprises de les identifier et de les supprimer aisément. En effet, toutes les applications mentionnaient un développeur ou un détenteur de droits d’auteur correspondant à une entité sanctionnée par les États-Unis.
En tout, 52 applications interdites ont été trouvées sur l’App Store, tandis que 18 applications étaient présentes sur celui de Google. Cette découverte soulève des inquiétudes quant à la capacité d’Apple à tenir ses engagements pris en 2019. Rappelons qu’Apple avait déjà été sanctionné par le gouvernement américain pour avoir échoué à protéger contre des violations de sanctions dans l’App Store, suite à un cas impliquant une application liée à un trafiquant de drogue slovéne. Comme partie d’un règlement avec le ministère des Finances, Apple avait promis d’améliorer ses outils de surveillance des sanctions. Néanmoins, l’enquête du TTP suggère qu’Apple n’a pas progressé dans ce domaine six ans plus tard.