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La question ne porte pas sur un nouvel iPhone ou un futur Mac, mais sur un composant clé que l’on ne voit jamais : la mémoire. Dans une lettre envoyée à Tim Cook, Chuck Schumer, avec plusieurs sénateurs américains, demande à Apple de s’engager à ne pas acheter de puces mémoire auprès des groupes chinois ChangXin Memory Technologies (CXMT) et Yangtze Memory Technologies Co. (YMTC).
D’après cette lettre et le communiqué du Sénat, Apple discuterait avec CXMT et YMTC dans un contexte où les tensions d’approvisionnement sur la mémoire ont contribué à faire grimper les prix sur les Mac et les iPad. L’enjeu est donc industriel, mais aussi politique.
Pourquoi ces fournisseurs posent problème à Washington
Selon Chuck Schumer, CXMT et YMTC figurent sur la liste du département de la Défense regroupant des entreprises chinoises soupçonnées d’avoir des liens avec l’Armée populaire de libération. Le sénateur rappelle aussi que YMTC est déjà inscrite sur l’Entity List du département du Commerce.
Concrètement, cela signifie qu’Apple aurait besoin d’une licence d’exportation pour travailler avec YMTC, alors que CXMT n’est pas soumise à cette même contrainte à ce stade. Dans son courrier, Schumer explique par ailleurs pousser pour que CXMT soit ajoutée elle aussi à l’Entity List.
Le sénateur affirme également qu’Apple a indiqué à des parlementaires que ces puces seraient destinées aux appareils vendus en Chine. L’idée serait de réserver davantage de composants fournis par Samsung, SK Hynix et Micron à des produits commercialisés notamment aux États-Unis.
Schumer réclame un engagement mondial d’Apple
Pour Chuck Schumer, limiter ces puces au seul marché chinois ne suffit pas. Il estime qu’une décision d’approvisionnement peut évoluer rapidement et ouvrir ensuite la porte à une utilisation plus large dans d’autres pays.
Sa demande est donc claire : Apple devrait promettre de ne pas intégrer de mémoire produite par CXMT ou YMTC dans aucun produit vendu nulle part dans le monde. Dans son communiqué, le sénateur écrit que les entreprises américaines devraient acheter des puces « Made in America » plutôt qu’auprès de sociétés liées, selon lui, à l’armée chinoise.
Le dossier n’est pas nouveau. Chuck Schumer rappelle avoir déjà mené une campagne en 2022 pour empêcher un accord entre Apple et YMTC, puis pour obtenir l’ajout de cette entreprise à l’Entity List. Il demande maintenant une réponse de Tim Cook d’ici au 21 août 2026.
La lettre évoque aussi de possibles tests de puces CXMT par Apple. Sur ce point, le niveau de certitude reste limité : le courrier parle de tests « rapportés », sans confirmation indépendante d’un usage industriel.
Ce que ça change
Pour les utilisateurs, rien ne bouge immédiatement sur les produits Apple. En revanche, cette pression politique peut réduire la marge de manœuvre d’Apple pour sécuriser ses approvisionnements en mémoire, un composant essentiel dans les iPhone, iPad et Mac.
Pour le marché, le signal est plus large : même un approvisionnement limité à la Chine peut devenir difficile à défendre si Washington durcit encore ses règles. Si les tensions sur la mémoire persistent, cela pourrait peser à terme sur les coûts d’Apple et sur sa flexibilité industrielle.
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Source : Chuck Schumer — letter to Tim Cook / Senate press release