
Un vieux scan de famille avec quatre photos sur la même page. Un lot de PDF dont il faut extraire les feuilles, les redresser ou les convertir, puis retrouver un fichier propre pour chaque document. Ce genre de tâche paraît simple jusqu’au moment où il faut la répéter cinquante fois. Retrobatch est conçu pour éviter cette succession de clics : on y assemble une chaîne de traitement visuelle, puis le Mac applique les mêmes étapes à tout un lot d’images ou de documents.
La version 2.4.1 renforce surtout ce travail de tri, de découpe et de reconstruction. Elle reste réservée au Mac, demande au minimum macOS 12 et se vend en licences à 29,99 $ ou 49,99 $ selon l’édition. La mise à jour est gratuite pour les personnes qui possèdent déjà l’application.
Retrouver les photos perdues dans un scan commun
La nouveauté la plus parlante de la version 2.4 est le nœud Extract Scanned Images. Son rôle est direct : détecter les images individuelles présentes dans un scan combiné et les exporter séparément. C’est le cas classique d’une planche numérisée contenant plusieurs tirages papier, ou d’un scanner configuré pour placer plusieurs photos dans un seul grand fichier.
Le mot « nœud » peut faire un peu technique, mais l’idée est visuelle. Retrobatch affiche le traitement sous forme de blocs reliés : un bloc lit les fichiers, le suivant les modifie, un autre les enregistre. Les aperçus fournis par le studio montrent cette zone de travail en grand, avec les étapes disposées sur une toile, plutôt qu’une longue liste d’options cachées dans des menus. L’application vise donc moins la retouche photo à la main que la recette reproductible : on prépare le circuit une fois, puis on lui donne un dossier.
Ce nouvel extracteur ne remplacera pas un logiciel de restauration si les images sont rayées, mal cadrées ou à corriger une par une. En revanche, pour séparer un ensemble de photos correctement numérisées, il peut retirer une opération très répétitive. C’est précisément le type de travail où Retrobatch a du sens.
Découper un PDF sans perdre son nom au passage
L’autre ajout important concerne les PDF. Le nouveau nœud PDF Maker sait créer un PDF distinct pour chaque nom de fichier qu’il rencontre. Cela permet de faire passer plusieurs PDF dans le même flux, de séparer leurs pages, de les traiter comme des images, puis de les rassembler à nouveau dans des PDF qui reprennent leurs noms d’origine.
Concrètement, cela peut servir à convertir toutes les pages, appliquer une même transformation ou extraire des éléments, sans finir avec une pile de fichiers anonymes à classer manuellement. Retrobatch améliore aussi ses nœuds de lecture de fichiers et de dossiers : leurs emplacements peuvent désormais être enregistrés relativement au document de travail. Une recette préparée pour un projet a donc moins de chances de casser simplement parce qu’un dossier a été déplacé avec le reste de ses fichiers.
Un nœud dédié permet aussi d’ajouter ou de retirer un mot de passe sur un PDF. Attention, cette fonction est annoncée comme réservée à la licence Pro, celle qui se situe parmi les deux tarifs proposés. Si votre seul besoin est de protéger ponctuellement un document, acheter Retrobatch pour cela seul serait difficile à justifier. Son intérêt apparaît quand cette action rejoint un enchaînement plus large sur de nombreux fichiers.
L’AVIF arrive, mais seulement avec macOS Tahoe
La mise à jour 2.4.1, plus modeste, ajoute l’encodage AVIF dans le nœud d’écriture. AVIF est un format d’image moderne, souvent choisi pour obtenir des fichiers plus légers tout en conservant une bonne qualité. Il peut intéresser les personnes qui préparent beaucoup d’images pour le web ou pour une archive, mais cette option demande macOS 26 Tahoe ou une version ultérieure.
La version 2.4 apporte aussi deux modes de fusion supplémentaires, Destination In et Destination Out, utiles pour composer des images avec des masques ou des zones transparentes. Quelques corrections accompagnent le tout, notamment autour de l’extraction d’images depuis des PDF, des vignettes issues de Photos et de la conversion de fichiers RAW exportés depuis Photos vers le format HEIC.
Un outil de chaîne de production, pas un éditeur pour une photo
Retrobatch s’adresse aux personnes qui ont régulièrement des lots à préparer : photographes qui livrent plusieurs variantes, services qui numérisent des archives, associations qui classent des scans, ou équipes qui doivent convertir les mêmes dossiers selon une règle fixe. Si vous avez déjà passé une soirée à renommer, convertir et recadrer les mêmes types de fichiers, ses blocs reliés répondent à un problème réel.
À l’inverse, pour réduire une photo, convertir deux images ou protéger un seul PDF, Aperçu sur Mac et les outils déjà présents dans le système suffisent souvent. Retrobatch n’est pas une application à télécharger « au cas où ». C’est un établi pour celles et ceux qui ont une pile de fichiers à faire passer régulièrement par les mêmes opérations. La version 2.4.1 ne change pas cette vocation ; elle la rend plus pratique pour les scans composés, les PDF traités en série et, sur Tahoe, les exports AVIF.