
Le compte rendu était quelque part. Entre une liste de courses, trois documents scannés et des notes de réunion, vous savez qu’il existe, mais pas où. C’est précisément le genre de désordre qu’Evernote tente de ranger depuis longtemps. Sa nouvelle version pour Mac ajoute surtout un serveur MCP : un moyen de relier vos notes à ChatGPT, Claude et d’autres assistants compatibles, pour leur demander de chercher, lire ou créer des notes.

Ce n’est pas une baguette magique qui classe votre vie à votre place. C’est une passerelle. Une fois l’accès configuré, un assistant IA compatible peut aller chercher une information dans Evernote ou y enregistrer une note. Pratique si vous utilisez déjà ces outils pour préparer une réunion, retrouver une décision ou transformer des idées éparses en liste d’actions. Beaucoup moins utile si vos notes ne quittent jamais l’application.
Vos notes deviennent consultables par un assistant IA
MCP signifie simplement que deux logiciels peuvent échanger des informations selon un même langage. Dans ce cas, Evernote ouvre une porte contrôlée à des clients comme ChatGPT et Claude. L’intérêt est concret : au lieu de fouiller manuellement vos carnets, vous pouvez demander à l’assistant de retrouver les notes qui parlent d’un projet, de résumer ce qu’il y trouve ou de créer une nouvelle note à partir d’une conversation.
Il faut tout de même mesurer ce que cela implique avant d’activer la fonction. Vos notes peuvent contenir des documents personnels, des comptes rendus professionnels ou des données confidentielles. Relier Evernote à un assistant tiers revient à autoriser cet assistant à consulter les contenus nécessaires à sa demande. Ce n’est donc pas une option à cocher machinalement, surtout pour un carnet partagé au travail.
La mise à jour complète aussi l’assistant IA intégré d’Evernote. Il peut désormais épingler une note sur l’accueil, l’ajouter aux raccourcis, l’épingler dans un carnet et aider à gérer des piles de carnets. Ce sont de petites actions d’organisation, mais elles évitent de répéter des manipulations quand vous avez déjà identifié les notes importantes.

Un bureau de notes, de tâches et de documents
Les captures officielles montrent une interface en français pensée comme un espace de travail à panneaux. À gauche, une barre latérale sombre rassemble la navigation. Au centre, on voit une liste de notes et un champ de recherche ; à droite, l’éditeur affiche le contenu sélectionné, avec sa barre d’outils, des boutons de partage et des listes à cocher. Le vert sert d’accent, sur un fond majoritairement blanc et noir.
Les exemples visibles donnent une idée du programme : « Notes de réunion », tâches avec dates d’échéance, photographies intégrées, étiquettes et filtres. Evernote permet de rédiger des notes, joindre des PDF, images ou fichiers, créer des tâches et rechercher dans son contenu. L’application peut aussi accueillir des pages web ou des documents numérisés. Une capture la montre sur ordinateur, tablette et téléphone, mais cette version 11.30.6 est proposée sur Mac, à partir de macOS 11.
L’éditeur gagne aussi quelques détails utiles : une mention de note peut s’ouvrir dans un nouvel onglet ou une nouvelle fenêtre, et une image peut être agrandie jusqu’à la largeur de la note, même au-delà de sa taille d’origine. La version corrige par ailleurs des problèmes d’impression, d’export et de dictée dans les notes ouvertes dans une fenêtre séparée. Rien de spectaculaire, mais ce sont des coins de l’application où une note doit rester exploitable, y compris une fois imprimée ou envoyée.

Le gratuit sert surtout à essayer le rangement
Evernote se télécharge gratuitement, mais sa formule sans paiement est très encadrée : un seul appareil, un carnet et jusqu’à 50 notes. C’est suffisant pour vérifier si vous aimez centraliser vos listes ou pour un petit dossier ponctuel. Ce n’est pas adapté à quelqu’un qui veut archiver plusieurs années de documents, répartir ses projets en carnets ou conserver ses notes sur Mac et mobile.
Deux abonnements annuels sont proposés : 99 dollars par an pour un maximum de 1 000 notes et 20 carnets, puis 249 dollars par an pour retirer ces limites. Ce tarif compte. Avant de déplacer toute votre mémoire numérique dans Evernote, regardez le volume de notes dont vous avez réellement besoin et le nombre d’appareils à connecter. La gratuité n’est pas ici une alternative durable aux offres payantes : elle ressemble davantage à une démonstration très limitée.
Les avis français publiés ces dernières années reflètent ce point de friction. Certains utilisateurs apprécient le mélange de notes, tags, rappels, calendrier et synchronisation. D’autres dénoncent surtout les hausses de prix, les restrictions du mode gratuit ou des soucis apparus au fil des versions. Ces témoignages ne décrivent pas nécessairement cette mise à jour précise, mais ils rappellent qu’Evernote ne convient pas automatiquement aux anciens utilisateurs qui espéraient retrouver un outil simple et peu coûteux.

À qui cette mise à jour peut rendre service
Cette version vise d’abord les personnes déjà engagées dans Evernote et qui utilisent ChatGPT ou Claude pour travailler sur leurs informations : indépendants avec beaucoup de comptes rendus, étudiants qui regroupent cours et documents, équipes qui accumulent des notes de projet. Pour eux, la recherche assistée et la création de notes depuis un assistant peuvent réduire les allers-retours entre fenêtres.
En revanche, si vous cherchez juste une liste de courses synchronisée ou quelques notes rapides sur Mac, l’abonnement annuel et les limites du gratuit donnent peu de raisons de faire le détour. Votre application actuelle suffit peut-être. Evernote reste une grande armoire numérique avec de nombreux tiroirs ; MCP ajoute une personne capable d’aller chercher dans les tiroirs. Encore faut-il avoir besoin de l’armoire, et accepter qui peut y regarder.
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Source : Evernote Corporation