
Neuf cases. Trois bougies. Et, en face, des démons qui n’attendent qu’un mauvais placement pour transformer votre plan en barbecue rituel. Order Automatica ne vous demande pas de mitrailler l’écran : il vous demande d’organiser une armée sur une grille 3×3, puis de regarder le combat automatique confirmer — ou démolir — votre théorie.

Le principe tient en une phrase : entre deux affrontements, vous achetez, placez, améliorez ou fusionnez des unités et des reliques avec un budget limité, avant de les envoyer contre la grille adverse. Les combattants attaquent sans intervention directe ; le jeu se gagne donc dans l’ordre des cases, les effets de voisinage et les combinaisons préparées avant que la première attaque ne parte.
Un auto-battler qui tient sur un dessous de verre
Le studio Pixel Perfect Dude range beaucoup d’idées dans ce minuscule carré : unités aux capacités distinctes, cases modifiées par des effets, reliques qui changent les règles, malédictions et fusions de trois exemplaires identiques. La position n’est pas décorative. L’unité située sur la case au numéro le plus bas agit d’abord, ce qui donne au placement une logique proche des échecs — en beaucoup plus occulte et avec moins de dignité pour les pions.
Une partie semble se construire comme une succession de rencontres. Gagner éteint une bougie ennemie ; en perdre une éteint l’une des vôtres. Il faut ainsi progresser sans voir disparaître sa dernière flamme. Entre les combats, de nouvelles unités apparaissent et obligent à arbitrer : garder une pièce utile, en vendre une autre, investir dans un bonus ou viser une fusion plus puissante.
Ce n’est donc pas le roguelite de cartes où l’on collectionne une bibliothèque entière d’effets. Ici, le terrain est volontairement étroit et chaque emplacement devient une ressource. Si vous aimez passer une minute à imaginer une réaction en chaîne avant d’appuyer sur « combat », le concept a de quoi vous parler.

Pixel art, bougies et petits caractères
Les captures montrent un pixel art 2D sombre, construit autour du noir, du brun et du rouge, avec des flammes orange qui découpent les grilles. L’action est vue de dessus, entre plateaux quadrillés, portraits de créatures, panneaux de statistiques et boutons latéraux. Ce n’est pas un univers fantasy lumineux : on est davantage dans le carnet de rituels poussiéreux, avec des bougies, des cadres usés et des adversaires qui ont clairement raté leur entretien annuel.
L’interface visible est en anglais, tout comme les textes affichés sur les écrans promotionnels. C’est un point à garder en tête : un jeu fondé sur les pouvoirs, les coûts et les interactions demande de lire. Plusieurs retours publiés sur le titre saluent justement l’allure rétro et les courtes animations des unités, mais signalent aussi une police parfois trop petite pour un jeu mobile. Sur un iPhone compact, mieux vaut ne pas avoir envie de déchiffrer des descriptions minuscules entre deux stations de métro.

De la matière à calculer, mais une courbe qui ne pardonne pas
Les avis recueillis autour du jeu dessinent un tableau moins lisse que son pitch. Certains y voient un puzzle stratégique dense, simple à lancer mais assez riche pour récompenser l’apprentissage des capacités et des enchaînements. D’autres regrettent un contenu qui tournerait vite autour d’un nombre limité d’unités et d’options, là où les amateurs de roguelites attendent souvent une avalanche de builds improbables.
La difficulté revient aussi souvent dans les retours : après un tutoriel court, certains adversaires paraissent arriver très tôt avec une montée en puissance difficile à contrer. Cela peut être précisément ce que cherche un joueur qui aime refaire un plan, ajuster une case et recommencer. En revanche, si vous voulez une progression tranquille, ou un auto-battler où l’on improvise sans lire les effets dans le détail, Order Automatica risque de vous opposer un mur avant même de vous laisser apprécier ses trouvailles.
Il faut donc le regarder comme un puzzle tactique déguisé en auto-battler, pas comme un jeu de collection décontracté. Les amoureux de grilles, de synergies serrées et de runs courts à disséquer devraient y trouver leur compte. Ceux qui veulent surtout accumuler des dizaines de héros, voir des chiffres exploser et avancer sans punition peuvent passer leur chemin.

Le prix d’un petit plateau, sans boutique qui clignote
Order Automatica est vendu 4,99 € sur l’App Store, sans achats intégrés indiqués et sans abonnement Apple Arcade. C’est un achat unique, plutôt cohérent avec un jeu qui vous demande de réfléchir avant chaque duel au lieu de vous vendre une seconde chance toutes les cinq minutes. Il pèse environ 313 Mo et fonctionne sur iPhone et iPad sous iOS ou iPadOS 13 au minimum. Sa classification est fixée à 12 ans et plus.
À ce tarif, la question n’est pas « est-ce un gros roguelite sans fin ? », car rien ne permet de l’affirmer. La bonne question est plus simple : est-ce que l’idée de perdre une partie parce que vous avez posé un squelette une case trop à gauche vous amuse ? Si oui, ce petit échiquier démoniaque mérite au moins un regard. Si cette phrase vous fatigue déjà, gardez vos bougies pour autre chose.
Source : Pixel Perfect Dude S.A.