
Le vrai test d’un assistant vocal n’est pas « quelle heure est-il ? ». C’est la question qu’on lui pose en sortant de chez soi, les mains prises : retrouver la vidéo envoyée par une personne, vérifier un rendez-vous médical ou estimer ce que coûtera vraiment un aller-retour en voiture.
Siri AI promet justement de relier vos apps, vos contenus et le Web pour répondre à ces demandes moins mécaniques. Une série de 125 requêtes documentées donne une image assez nette de ce qu’elle sait déjà faire dans sa bêta sur les systèmes Apple 27 : elle peut croiser des informations personnelles et mener certains calculs à plusieurs étapes, mais elle se perd encore facilement sur un nom mal compris ou une recherche trop ouverte.
Quand Siri remonte enfin l’information qui dormait dans vos apps
Le terrain où Siri AI paraît le plus utile est celui des informations éparpillées. Plusieurs exemples montrent l’assistant retrouver des échanges dans Messages et dans les e-mails, puis en extraire le point important. À la question de savoir si quelqu’un au travail avait été prévenu de l’endroit où des cartes de crédit avaient été déposées, Siri a ainsi rassemblé plusieurs messages et courriels, avec les intentions annoncées puis le lieu final.
La recherche peut aussi tolérer certaines erreurs de dictée. Une demande visant des photos d’un abri précis a abouti malgré une mauvaise transcription du nom d’un club. Même résultat pour une vidéo reçue par message, alors qu’un acronyme avait été mal reconnu. C’est exactement le type de tâche pour lequel la voix a du sens : vous avez le souvenir d’un élément, pas forcément les mots exacts ni l’envie de fouiller vous-même chaque conversation.
Le calendrier semble lui aussi entrer dans ce périmètre. Siri AI a pu compter les séjours correspondant à plusieurs événements depuis 2020. En revanche, elle peut confondre deux personnes lorsque les intitulés de rendez-vous se ressemblent. Dans un cas, elle a d’abord sorti le rendez-vous ophtalmologique d’une autre personne avant de retrouver le bon après précision. Autrement dit, elle peut vous faire gagner une recherche, mais il faut encore lire sa réponse plutôt que lui confier aveuglément votre agenda.
Les questions à tiroirs sont sa démonstration la plus convaincante
Une requête de trajet illustre mieux l’intérêt de cette nouvelle couche d’IA qu’une commande pour lancer une app. Siri a estimé la distance, le temps de conduite, le coût d’un aller-retour avec une voiture électrique et une voiture essence, puis a comparé le tout à un billet d’avion à 600 dollars. Une relance a même ajouté les péages de deux itinéraires plausibles.
Ce n’est pas magique : il faut lui donner le modèle du véhicule, une consommation et le prix de référence. Mais le résultat attendu est clair. Au lieu de jongler entre Plans, une calculatrice et une recherche de carburant, vous posez votre problème entier. Siri peut aussi répondre à des questions administratives suivies d’une recherche ciblée : règles fiscales pour les repas hors campus d’un étudiant, puis plafond applicable dans une université donnée.
Pour les demandes Web plus simples, le tableau est inégal. La prononciation de « Saoirse » ou l’identification des musiciens accompagnant Weird Al Yankovic ont donné des réponses détaillées. À l’inverse, une question sur la référence culturelle de « puffins and pancakes » a déclenché une explication inventée, avant que la bonne piste n’apparaisse seulement après avoir précisé qu’il fallait chercher un poème pour enfants. Une réponse assurée n’est donc pas forcément une réponse juste.
Les noms propres et les recherches locales restent un piège
Le point faible le plus visible est banal, mais pénible : Siri comprend mal certains noms. Une recherche sur les événements d’une brasserie a tourné court parce que son nom avait été mal transcrit à répétition. Même après correction, Siri n’a pas consulté la page d’événements pertinente et a donné une mauvaise réponse.
Les requêtes locales larges ne sont pas beaucoup plus solides. Chercher concerts, spectacles et activités en plein air pour un dimanche dans la Hudson Valley n’a rien donné sans préciser une ville ou un comté. Siri sait donc demander un complément, mais elle ne remplace pas encore une recherche locale préparée.
Il faut aussi connaître quelques limites de contexte. Une question sur l’organisation d’un covoiturage n’a fouillé que Messages, laissant de côté des e-mails qui auraient pu contenir la réponse. Et lorsque Voice Control est activé sur Mac, l’invocation vocale passe par « Open Siri » ou « Show Siri », pas par « Hey Siri ».
À qui cette bêta peut rendre service
Siri AI intéressera surtout les personnes qui vivent déjà entre iPhone, iPad et Mac, avec des messages, photos, calendriers et e-mails suffisamment bien rangés pour être recherchés. Elle semble particulièrement adaptée aux questions personnelles précises et aux comparaisons chiffrées où plusieurs étapes vous feraient perdre du temps.
En revanche, si vous cherchez une source fiable pour un conseil juridique, une information locale ou un fait culturel obscur, gardez le réflexe de vérifier. Et si vos demandes reposent sur des noms de lieux, de personnes ou d’établissements peu courants, préparez-vous à reformuler. Siri AI n’est pas une app à télécharger séparément ni un abonnement distinct : elle fait partie de la bêta des systèmes Apple 27. Avant de lui demander de fouiller vos échanges, pensez aussi à ce que vous acceptez de lui confier.
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Source : David Pogue (Pogue's Substack)