
Le rideau se lève, les projecteurs chauffent, et votre princesse refuse de partager la scène avec le chevalier. Bienvenue dans Villain!, un casse-tête de théâtre où le vrai travail consiste à placer chaque comédien dans le rôle, le costume et la compagnie qu’il tolère.

Le principe tient en une phrase : vous déplacez les membres d’une troupe sur une scène afin que leurs envies, leurs peurs et leurs incompatibilités cessent enfin de se marcher sur les pieds. Pas de duel contre un boss, pas de répliques à apprendre : le drame se joue dans l’organisation du casting.
Faire jouer tout le monde, même les pénibles
Au départ, les demandes paraissent très simples. Un acteur peut vouloir incarner une princesse, ou au contraire n’importe quel personnage qui ne porte pas de couronne. Il suffit alors de le glisser vers un rôle qui lui convient. Les visuels montrent un système lisible : des personnages sont disposés sur une scène frontale, tandis que des cartes et portraits servent à identifier les membres de la distribution.
La troupe devient ensuite plus exigeante. Certains artistes ne veulent pas se produire avec telle personne ; d’autres réclament une tenue particulière. Les contraintes peuvent se contredire, et c’est là que le puzzle prend sa forme : il faut réorganiser les rôles, les partenaires et parfois les costumes jusqu’à trouver une configuration acceptable pour chacun.
Le jeu ne semble pas punir une mauvaise première idée par un échec immédiat. L’enjeu est plutôt de remanier la distribution autant que nécessaire. Une approche qui devrait parler aux amateurs de jeux de logique sans chronomètre, ceux qui aiment retourner un problème dans tous les sens plutôt que recommencer un niveau après trois erreurs.

Des histoires à démonter comme un décor de carton
Villain! ne se limite pas au petit tableau de quatre acteurs à satisfaire. Certaines énigmes ajoutent plusieurs scènes, d’autres introduisent des morceaux de récit dont il faut modifier les personnages ou leur fonction dans la pièce. Le jeu propose également des situations où le stock de costumes est limité : il faut alors associer une tenue et un interprète, avec moins de marge pour bricoler une solution.
Cette idée d’histoire modulaire est le petit crochet qui distingue le titre du simple jeu de tri. Vous ne placez pas seulement des silhouettes dans les bonnes cases : vous ajustez la représentation elle-même pour qu’elle devienne jouable. Sur le papier, c’est du puzzle à contraintes, emballé dans les coulisses d’un théâtre où personne n’a lu la fiche de poste.
L’habillage va dans le même sens. Les captures officielles affichent des rideaux rouges, une scène de bois surélevée et des rangées de fauteuils rouges occupées par des spectateurs. Les personnages, stylisés en 2D, ont davantage l’allure de figurines ou de jouets costumés que d’acteurs réalistes. La palette, faite de rouge sombre, brun et noir, donne un décor de théâtre un peu inquiétant sans basculer dans l’horreur.

Un puzzle pour les diplomates, pas pour les pyromanes
Villain! s’adresse clairement à celles et ceux qui apprécient les énigmes calmes, à règles progressives, et les jeux où l’on observe des indices avant de déplacer les pièces. Si vous aimez démêler des relations impossibles — qui peut jouer quoi, avec qui, et dans quelle tenue — le thème théâtral donne une tête amusante à cet exercice très classique.
À l’inverse, passez votre chemin si vous cherchez de l’action, une aventure narrative portée par de longs dialogues, ou si l’idée de satisfaire les demandes de personnages capricieux vous fatigue déjà. Le titre semble faire de cette négociation son sujet entier. Il faut aussi prévoir l’anglais : les textes narratifs et l’interface visibles sur les images sont dans cette langue, un point à garder en tête pour les plus jeunes joueurs ou les allergiques aux consignes anglophones.
Villain! est proposé gratuitement sur l’App Store, sur iPhone et iPad, avec iOS ou iPadOS 15 au minimum. Comptez environ 532 Mo d’espace de stockage. Pour qui veut un casse-tête de placement à picorer entre deux stations de métro, l’idée a au moins le mérite d’être nette : sauver la première, non pas en terrassant un monstre, mais en évitant que le monstre de la loge 3 croise celui de la loge 4.

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Source : Triomatica Games