
Le pire moment dans une partie de déduction sociale, c’est quand tout le monde vous regarde comme si vous aviez caché le poignard sous la table. The Traitors: Interactive Game veut faire durer ce malaise sur douze journées de jeu, dans une adaptation mobile où chaque discussion peut fabriquer un allié, un rival ou votre prochain accusateur.

Le principe tient en une phrase : vous créez votre candidat, vivez votre propre saison de The Traitors, accomplissez des missions et tentez d’atteindre la finale, fidèle ou traître selon votre rôle, en naviguant parmi plus de vingt participants.
Le château, mais avec des choix à chaque porte
Le jeu ne cherche pas à remplacer une soirée entre amis autour d’un vrai jeu de bluff. Il place plutôt la mécanique de l’émission dans une aventure interactive : les autres concurrents sont des personnages du scénario, et vos décisions orientent vos relations, votre réputation et votre place dans le château.
La journée commence par des missions collectives, censées faire grimper la cagnotte. Le soir, place à la table ronde : on y échange les soupçons, on se défend quand les regards se tournent vers soi, puis on participe au bannissement. Le cœur du programme reste donc intact : trouver les traîtres avant qu’ils ne vous éliminent, ou entretenir assez bien le doute si vous êtes de leur côté.
Fusebox, déjà rompu aux adaptations de téléréalité sur mobile, a prévu plus de vingt-deux personnages à fréquenter au fil de ces douze jours. Ce chiffre compte moins que ce qu’il annonce : le jeu promet une galerie assez fournie pour multiplier les combinaisons d’affinités, les confidences intéressées et les rancunes qui ressortent à la mauvaise minute.
La présentatrice virtuelle Vivienne mène les débats. Elle occupe la place de maîtresse de cérémonie et ramène tout ce petit monde à la table ronde quand l’heure des comptes a sonné.

Du bordeaux, de l’or et une garde-robe avant les soupçons
Les images officielles montrent un titre conçu pour l’écran vertical. On y voit des scènes de dialogue avec portraits et bulles de texte, une jauge de progression segmentée, ainsi que des menus de personnalisation très présents. Avant de désigner qui ment, il faudra donc choisir l’allure de son avatar, entre tenues, coiffures et accessoires affichés sous forme de vignettes.
L’ensemble adopte des illustrations 2D stylisées plutôt qu’un réalisme télévisuel. Les personnages sont détaillés, les décors alternent intérieur de château et scènes extérieures colorées, tandis que le bordeaux, le rouge et l’or installent une ambiance de compétition théâtrale. Une femme aux cheveux blancs en rouge, un candidat masqué en combinaison bleue et plusieurs groupes en pleine conversation donnent le ton : ici, personne ne semble habillé pour passer inaperçu.
L’interface visible sur ces captures est en anglais. Le jeu annonce huit langues au total, mais si vous tenez à jouer intégralement en français, mieux vaut vérifier ce point au lancement plutôt que de découvrir la table ronde avec un dictionnaire à portée de main.

Pour les fans de l’émission, pas pour les détectives du dimanche
Ce titre devrait parler d’abord aux spectateurs qui veulent se glisser dans les couloirs du château sans devoir réunir dix personnes dans un salon. Ceux qui aiment les jeux narratifs à embranchements, les personnages à ménager et les décisions sociales auront immédiatement compris le contrat. L’attrait n’est pas de résoudre une énigme au millimètre, mais de choisir à qui accorder sa confiance quand tout le monde joue un rôle.
En revanche, passez votre chemin si vous cherchez un Among Us sur mobile, avec de vrais joueurs, des parties courtes et des mensonges lancés au micro. Ici, les missions, les dialogues et les votes s’inscrivent dans une histoire scénarisée. Les amateurs de jeux de stratégie très systémiques ou d’enquêtes à indices matériels risquent aussi de trouver la formule trop proche du feuilleton interactif. C’est une adaptation de téléréalité, pas un laboratoire de déduction sociale.
The Traitors: Interactive Game est gratuit au téléchargement sur l’App Store, sur iPhone et iPad. Il demande iOS ou iPadOS 13 au minimum, pèse environ 176 Mo et porte une classification 12+. Voilà donc une porte d’entrée légère pour qui veut jouer sa propre saison ; reste à savoir si vous êtes du genre à écouter l’intuition, ou à accuser la personne qui porte le plus beau costume.

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Source : Fusebox Games