
Que peuvent encore faire des Mac mini Intel sortis il y a plus d’une décennie ? Au Museo de Historia de la Computación, en Espagne, ils servent à faire tourner un supercalculateur installé dans une réplique à taille réelle du Cray-1. Cette création rend hommage aux 50 ans de la machine de Cray comme à ceux d’Apple, derrière les panneaux verts et transparents qui reprennent l’apparence du modèle historique.
Trente Mac mini réunis pour travailler de concert
Le musée a assemblé 30 Mac mini Intel, principalement des modèles de 2012. Vingt-cinq embarquent un processeur Core i5 double cœur et cinq disposent d’un Core i7 quadruple cœur. Ces machines tournent sous macOS Mojave 10.14 et forment un cluster : au lieu de confier tout le travail à un seul ordinateur, elles se partagent les calculs.
Pour coordonner cet ensemble, le Museo de Historia de la Computación utilise MPI, ou Message Passing Interface. Cette technologie permet aux différents Mac mini d’échanger les informations nécessaires à une tâche commune. Le principe s’éloigne de celui du Cray-1 original, fondé sur le calcul vectoriel : ici, ce sont plusieurs ordinateurs indépendants qui avancent simultanément sur les calculs.
Des performances bien au-delà du Cray-1 d’origine
D’après le musée, la réplique atteint en moyenne 1,3 téraflop, avec des pointes à 1,5 téraflop. Le Cray-1 historique culminait, lui, à 160 mégaflops. Des Mac mini Intel aujourd’hui anciens dépassent donc très largement la puissance de calcul du supercalculateur dont ils reprennent la silhouette.
L’installation repose sur un rack en acier où les Mac mini sont montés verticalement avec des supports en aluminium. Leurs bases ont été retirées afin de favoriser la circulation de l’air : l’air frais entre par le bas, remonte entre les machines et s’évacue au sommet. Le musée mesure un niveau sonore compris entre 30 et 33 décibels ; les deux commutateurs Ethernet Gigabit placés à la base sont les éléments les plus audibles.
Ce que ça change
Ce projet illustre très concrètement qu’un parc de Mac mini Intel peut conserver un rôle utile lorsqu’il est regroupé pour des tâches parallèles, plutôt que laissé inutilisé machine par machine. Il offre aussi une démonstration visuelle de l’évolution informatique : la puissance d’un supercalculateur des années 1970 tient désormais dans de petits ordinateurs de bureau.
Le musée mène une campagne de financement participatif pour compléter la seconde moitié de la structure avec 70 à 80 Mac mini M4 et viser le classement Top500 des supercalculateurs. Un terminal inspiré des consoles des années 1970 doit aussi accueillir des lecteurs de disquettes 3,5 et 5,25 pouces, tout en pouvant piloter deux Cray C1X de 2004 conservés par le musée.
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Source : Museo de Historia de la Computación (site officiel)