
Après les montagnes brumeuses et les toits où l’on court comme si la gravité était une suggestion, Where Winds Meet lorgne vers la mer. Qingzhou, sa région côtière annoncée, promet de déplacer l’aventure sur le littoral de l’est de la Chine, avec falaises, végétation, horizons marins et quelques bonnes raisons de sortir l’arme blanche.

Le principe ne change pas : vous incarnez un épéiste dans une Chine du Xe siècle secouée par les luttes de pouvoir, et vous parcourez un vaste monde en alternant exploration, parkour wuxia, quêtes et combats d’arts martiaux. Qingzhou doit ajouter à cette formule une zone de côte, de nouvelles techniques, trois boss de monde et une faction qui préfère manifestement les mots aux coups de sabre.
Une côte pour changer d’air, pas seulement de décor
Jusqu’ici, Where Winds Meet mettait surtout en avant ses forêts, plaines, cités traditionnelles et reliefs escarpés. Qingzhou doit apporter un contrechamp plus marin à ce voyage, tandis que l’île de Penglai était annoncée dans un second temps. Sur les visuels officiels, le jeu affiche déjà une 3D réaliste, très mise en scène : pagodes, pics montagneux, ponts et architectures chinoises occupent autant l’écran que les combattants. La palette tire vers les bleus, les verts et les gris, avec des éclairages dorés quand le soleil descend.
Ce n’est pas un petit jeu d’action en vue isométrique caché derrière une jaquette ambitieuse : les captures montrent une caméra à la troisième personne, une mini-carte circulaire en haut à gauche, des indicateurs en haut de l’écran et des commandes tactiles à droite. On y voit aussi des personnages en tenue sombre face à des ennemis entourés d’effets lumineux, ainsi que des panoramas brumeux et des structures suspendues. L’allure est celle d’un très grand RPG d’action mobile qui veut aussi faire carte postale.

Le Ruban-tambour et un duel où l’on frappe avec des cartes
La nouveauté la plus amusante sur le papier s’appelle Ribbon Drum. Ce style martial annoncé mélange une écharpe, des mouvements rythmés et une gestuelle proche de la danse. Where Winds Meet compte déjà sur un arsenal volontairement théâtral — épées, lances, éventails, parapluies et arts martiaux — et ce nouveau style reste dans cette idée : combattre, oui, mais en faisant voler du tissu autour de soi. Les images et la présentation permettent d’en saisir la direction artistique ; elles ne disent en revanche rien de son équilibre ou de son efficacité en combat.
Qingzhou introduit aussi l’Inkbound Order, un ordre pour lequel la plume serait plus redoutable que l’épée. Son activité associée, Duel of Wits, prend la forme d’un affrontement JcJ à base de cartes, présenté comme un duel intellectuel plutôt qu’une baston de plus. Voilà l’ajout qui peut faire mouche auprès des joueurs lassés de résoudre tous les problèmes par une roulade et trois coups de lame. En revanche, si vous venez uniquement pour l’action directe, ce détour par les cartes risque de vous laisser parfaitement froid.
Un calendrier à ne pas vendre comme une certitude
L’annonce associait Qingzhou au 15 octobre et Penglai au 29 octobre, mais l’application iPhone et iPad affiche désormais une version 1.0.24 dont les nouveautés mettent plutôt en avant l’histoire « Hidden Mountain », la région du Seuil Céleste, les gantelets et un festival. Qingzhou n’y est pas citée. Autrement dit, le contenu mérite d’être surveillé, mais il serait hasardeux de vous le présenter comme une arrivée imminente sur iOS sans confirmation de calendrier propre à la version mobile.

Ce flou compte d’autant plus que le jeu vise large. Where Winds Meet est gratuit au téléchargement sur iPhone et iPad, à partir d’iOS 15, mais son installation de base pèse déjà environ 3,5 Go. Des joueurs signalent que les données téléchargées peuvent prendre bien davantage de place au fil des contenus ; à considérer sérieusement si votre téléphone vit déjà au bord de l’asphyxie. Certains avis français saluent les paysages et l’ampleur du jeu, tandis que d’autres rapportent bugs, soucis en JcJ, tarifs jugés élevés pour les éléments payants ou difficultés de support. Ce sont des témoignages, pas un verdict universel, mais ils dessinent un tableau moins lisse que les grandes panoramas promotionnels.
Pour les touristes du wuxia, pas pour les allergiques aux gros jeux-service
Qingzhou intéressera d’abord les amateurs de wuxia, de Chine historique réinventée et de mondes ouverts où l’on peut quitter une rue animée pour grimper sur un toit puis regarder l’horizon. Les joueurs curieux de styles de combat exotiques et d’un mode cartes JcJ ont aussi de quoi garder un œil dessus. À l’inverse, passez votre chemin si vous cherchez un jeu iOS compact, jouable sans gros téléchargement, ou une aventure strictement solo et sans mécanique de service appelée à évoluer.
Where Winds Meet a des arguments visuels très clairs et une proposition démesurée pour un téléchargement gratuit. Qingzhou semble vouloir élargir ce terrain de jeu vers la mer plutôt que simplement ajouter une nouvelle liste de quêtes. Reste à voir quand cette côte accostera réellement sur la version iPhone et iPad.
