
Refermer une carte routière sans créer une forme géométrique inconnue : voilà une compétence qu’Orisuji préfère transformer en mécanique de puzzle. Ici, le but n’est pas de trouver une sortie dans un labyrinthe en suivant sagement ses couloirs. Il faut plier une page sur l’autre pour fabriquer des passages, bloquer des personnages ou les transporter vers la bonne zone.

Le principe tient en une phrase : on déplace les créatures sur une double page, puis on replie la page de gauche afin que ses chemins recouvrent le plateau et changent complètement la circulation. Un puzzle à l’ancienne dans l’idée — observer, anticiper, recommencer — mais avec une manipulation de livre comme pièce maîtresse.
Un labyrinthe qui se referme sur ses pions
Quand la page se rabat, les chemins imprimés à gauche viennent combler certains trous et rejoindre ceux de la page de droite. Un personnage placé dessous peut se retrouver immobilisé. À l’inverse, en rouvrant le livre, la page emporte avec elle ce qui se trouvait dessus. Le jeu demande donc de marcher, plier, marcher encore, puis déplier au bon moment. Ce n’est pas un labyrinthe où l’on cherche seulement la bonne direction : c’est le décor lui-même qu’il faut manipuler.
Les 69 niveaux sont répartis sur six mondes, chacun annoncé avec son propre papier et son accompagnement musical. Au fil des tableaux, il faudra attirer un renard, guider un chat noir et un chat gris, récupérer des clés, ouvrir des portes et composer avec des sols qui apparaissent ou disparaissent. De quoi renouveler les contraintes sans quitter cette idée de pages superposées.
Orisuji adopte un déroulement au tour par tour, sans chronomètre. Vous pourrez donc rester bloqué devant une configuration, examiner les cases et refaire mentalement le pli autant de temps que nécessaire. Les amateurs d’optimisation auront aussi un objectif supplémentaire : finir chaque niveau dans le nombre de coups prévu pour décrocher son tampon.

Du papier, du bois et des flèches rouges
Les images officielles montrent des plateaux vus du dessus, installés sur une surface en bois clair et découpés comme une double page. Les labyrinthes jouent sur le brun, le blanc, le noir et le beige, avec des textures de papier plutôt que des décors chargés. Les chats apparaissent comme de petites formes noires, le renard se repère au milieu du parcours, tandis que trous, zones sombres, points gris et flèches rouges servent de repères pour comprendre la situation.
L’interface paraît volontairement sobre : une consigne est affichée en anglais en haut de l’écran, avec quelques petites icônes rangées sur le bord droit et un repère rouge vertical. Cette présentation feutrée, presque de jeu de table, colle bien à un casse-tête qui demande de lire l’espace plutôt que de réagir au quart de tour. Les captures montrent une interface en anglais ; les joueurs qui tiennent à une traduction française auront intérêt à garder ce point en tête.

Le pliage pour les cerveaux patients
Sur un iPhone ou un iPad classique, les deux pages sont affichées côte à côte et le pliage se déclenche par un toucher ou un pincement. Le jeu a aussi été pensé autour de l’iPhone Duo : le fait de replier l’appareil devient alors le geste central, et le labyrinthe continue sur l’écran externe une fois l’appareil fermé. C’est une idée matérielle très précise, mais le concept ne dépend pas de ce format puisque la version iPhone et iPad propose ses propres gestes à l’écran.
Orisuji vise clairement les joueurs qui aiment regarder un plateau avant d’agir, repérer une séquence et se donner le plaisir un peu sec de trouver enfin le bon enchaînement. Si vous cherchez un jeu d’action, des réflexes ou des parties expédiées entre deux notifications, passez votre chemin : tout ce qui est montré repose sur la position des pions et les conséquences du prochain pli. Les fans de Sokoban, de jeux de logique sur grille et de casse-têtes tactiles peu bavards devraient, eux, y trouver une proposition à surveiller.
Le jeu sort le 23 octobre dans Apple Arcade : il est donc accessible avec l’abonnement, sans publicité ni achats intégrés. Il est prévu pour iPhone et iPad, nécessite iOS ou iPadOS 26 au minimum et pèse environ 204 Mo. Pas de compte à créer ni de collecte de données annoncée : un petit puzzle de papier qui évite au moins de vous demander de remplir un formulaire avant de plier la première page.
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Source : Adrien Friggeri