
Un œuf, une assiette et une très mauvaise idée de nutrition : voilà le genre de laboratoire où l’on risque de passer beaucoup trop de temps. Momolitos part d’un principe simple et assez malin : vous élevez une créature, puis ce que vous lui donnez à manger détermine la forme qu’elle prendra.
Le jeu de Goca Games annonce quelque 600 créatures à découvrir. On commence avec un œuf, on part chercher des ingrédients dans plusieurs mondes, on prépare de nouveaux repas et l’on observe le résultat. Pas de montée de niveau automatique qui transforme votre compagnon à heure fixe : ici, l’évolution est liée à vos essais culinaires. Le principe rappelle forcément les vieux Digimon, où les soins et les habitudes de votre bestiole avaient leur mot à dire, mais Momolitos semble en faire le cœur de toute sa collecte.
Une encyclopédie de monstres, mais avec un garde-manger
Ce qui compte n’est pas seulement d’accumuler des créatures : c’est de comprendre comment elles sont nées. Les chemins d’évolution sont volontairement cachés. Vous trouvez un ingrédient, vous le rapportez au MomoLAB, vous tentez une recette, et vous découvrez si votre pensionnaire devient une adorable boule sur pattes ou quelque chose de nettement plus inquiétant. L’idée est bonne sur le papier, parce qu’elle transforme le catalogue de monstres en carnet d’expériences.
Le MomoLAB sert de quartier général. C’est là que l’on s’occupe des créatures et que l’on consigne les découvertes avant de repartir. Les informations et les images présentées montrent une interface pensée comme un petit laboratoire : fiches à compléter, créatures exposées et espaces de préparation. Le jeu ne semble pas chercher le réalisme ou la grande aventure dramatique ; il préfère les couleurs franches, les silhouettes rondes et un drôle de mélange entre animalerie, atelier de cuisine et cabinet de curiosités.
Les mondes à explorer ont eux aussi l’air de jouer la carte du décor-jouet : environnements très colorés, chemins vus en perspective isométrique et personnages aux proportions volontairement cartoon. Entre les récoltes, Momolitos promet des puzzles, des mini-jeux et quelques secrets. Les captures montrent des zones d’exploration lisibles, avec des éléments de décor qui tranchent visuellement et invitent à regarder derrière les évidences. C’est important pour un jeu qui vous demande de sortir chercher le prochain ingrédient improbable.
Le mystère, meilleur ingrédient que la checklist
Le vrai pari sera de préserver la curiosité. Dans un jeu de collection, il suffit parfois de quelques jours pour qu’un tableau exhaustif circule en ligne : tel fruit donne telle forme, tel mélange mène à telle autre, et l’aventure se transforme en liste de courses. Momolitos semble compter sur le plaisir de tâtonner avant que tout soit décortiqué. Avec 600 créatures annoncées, il y a de quoi laisser quelques recettes dans l’ombre, du moins au départ.
Reste une question que les images ne peuvent pas résoudre : à quel point les ingrédients seront-ils accessibles et les combinaisons compréhensibles ? Si chaque essai demande des heures de cueillette, le laboratoire risque de ressembler à une corvée de courses. Si les ressources arrivent trop facilement, la collection pourrait perdre son petit goût d’enquête. Ce n’est pas un verdict : seulement le point d’équilibre sur lequel repose tout ce type de jeu.
Momolitos s’adresse donc très clairement aux joueurs qui aiment remplir un bestiaire, essayer des combinaisons sans connaître la réponse et collectionner des créatures au design volontairement étrange. Les amateurs de Pokémon, de Digimon ou des jeux où l’on note ses découvertes dans un carnet devraient comprendre l’appel du laboratoire. En revanche, passez votre chemin si vous voulez des combats tactiques mis en avant, une aventure scénarisée très cadrée ou des évolutions transparentes dès les premières minutes : ici, le jeu semble vouloir garder ses recettes pour lui.
À surveiller avant de casser l’œuf
Momolitos est annoncé pour le 22 octobre sur iOS, en même temps que sur Nintendo Switch et Steam. Sur l’écosystème Apple, il faudra vérifier sur la page App Store la compatibilité exacte avec votre appareil, le prix affiché et la présence éventuelle d’achats intégrés avant de passer à la caisse. Ce n’est pas une sortie Apple Arcade annoncée comme telle.
Sur le papier, c’est un jeu indépendant de collection qui a compris une chose : découvrir une créature est plus amusant quand on a une part de responsabilité dans l’accident. Si l’idée de nourrir un œuf sans savoir quelle bizarrerie en sortira vous fait sourire, Momolitos mérite d’être gardé dans un coin de votre radar.