
Un cadre supérieur d’Apple pourrait faire face à des accusations pénales pour avoir menti sous serment ; il est urgent de mettre un terme à cette situation chaotique.
La Cour suprême des États-Unis, en confirmant son arrêt dans l’affaire Apple contre Epic Games, a clairement tranché sur les intentions d’Apple, laissant entendre que la réponse du fabricant d’iPhone était faite de mauvaise foi.
La juge en charge de l’affaire a maintenant corroboré cette opinion, non seulement en dénonçant Apple pour avoir ignoré son arrêt, mais en affirmant qu’un de ses cadres supérieurs a menti sous serment, renvoyant l’affaire pour poursuites pénales.
Il est crucial de souligner le caractère incroyable de cette situation : la juge a déclaré qu’Alex Roman, le vice-président des finances d’Apple, a menti lors de ses témoignages. Apple était conscient de cela et n’a pas corrigé son discours. L’affaire a donc été transmise au procureur américain pour une enquête criminelle, potentiellement entraînant une peine d’emprisonnement pour Roman, tandis qu’Apple pourrait faire face à des sanctions pénales.
Une histoire tumultueuse
La controverse a débuté lorsqu’Epic Games a enfreint les règles de l’App Store en tentant d’introduire son propre système de paiement in-app, contournant la commission de 30 % d’Apple, ce qui a amené la société à retirer ses jeux de la plateforme. Initialement, il s’agissait d’un simple litige civil.
Les deux entreprises ont alors contesté leurs positions en justice ; Apple en est sorti majoritairement vainqueur, la juge ayant déterminé que l’App Store n’était pas un monopole. Cependant, elle a également statué qu’Epic, ou tout autre développeur, pouvait effectuer des ventes in-app sans que le fabricant d’iPhone ne prenne sa part, une perte financière potentiellement négligeable pour Apple.
Malgré cela, Apple a choisi d’ignorer l’esprit de la décision judiciaire et a annoncé qu’il continuerait d’imposer sa commission, même sur les ventes en dehors de l’App Store, une réponse qui a été jugée ridicule. Epic a alors réagi en accusant Apple de mauvaise foi et la juge a fortement laissé entendre qu’elle était d’accord, suggérant qu’Apple mentait sur ses motivations.
Elle a exigé qu’Apple remette tous ses documents internes relatifs à cette décision. Lorsque la société a affirmé qu’elle ne pouvait pas se conformer à l’échéance, un second juge a aussi jugé qu’Apple mentait.
Deux juges différents ont donc indiqué que l’une des plus grandes entreprises au monde pourrait bien avoir menti.
Apple a menti sous serment
La juge Rogers a pris le temps d’examiner les documents fournis par Apple pour déterminer si l’entreprise avait effectivement menti. Son constat est désormais officialisé par un ordre de 80 pages qui conclut qu’Apple a délibérément cherché à contourner l’intention claire de sa décision, et surtout, qu’Apple a menti pour tenter de dissimuler cette subversion.
Plus spécifiquement, Alex Roman a été reconnu coupable de multiples mensonges lors de son témoignage. Les employés d’Apple ont tenté de déformer la vérité en affirmant que la décision de maintenir une commission était fondée sur un rapport de l’Attorney General. Le témoignage de M. Roman était truffé d’inexactitudes et de mensonges.
En fin de compte, ni Apple, ni ses avocats n’ont rectifié ces mensonges manifestes. Ils n’ont pas cherché à retirer les témoignages ou à les faire déclarer irrecevables. Dès lors, Apple sera jugé avoir adopte ces mensonges.
Nous en sommes donc arrivés à un point où un cadre d’Apple et l’entreprise elle-même font l’objet d’une enquête criminelle, une situation particulièrement ahurissante, surtout pour une des sociétés les plus riches au monde, cherchant à éviter une perte de revenus relativement minime.
Le moment de redresser la barre
Apple a maintenant trois options devant elle : se conformer entièrement au jugement, négocier un compromis, ou faire appel. La première est clairement la seule option sensée. Les deux autres n’apporteraient que des retards et des embarras supplémentaires pour la société.
Il est à prévoir qu’Apple sera interrogé sur ce sujet lors de son prochain appel sur les résultats financiers. Cette occasion serait parfaite pour la société d’admettre ses erreurs, de s’excuser et d’annoncer qu’elle se conformera pleinement au jugement, afin de tenter de clore ce dossier tumultueux.