
Ce soir, Apple a déposé un mémoire en réponse auprès de la Cour d’appel du neuvième circuit, plaidant en faveur de l’annulation de la décision de la juge Yvonne Gonzalez Rogers en 2021 ou, à défaut, la vacance de la nouvelle injonction et la désignation d’un nouveau juge pour l’affaire.
Dans un document de 42 pages, Apple conteste fermement les arguments d’Epic Games ainsi que le jugement du tribunal de district, notamment concernant l' »expansion et la modification inappropriées de l’injonction originale » qu’a ordonnée la juge Rogers dans le cadre de la constatation de mépris civil d’avril.
Apple soutient que la nouvelle injonction a illégalement élargi la portée de la décision originale :
Cette injonction viole des limites bien établies sur le pouvoir de mépris civil, et ses nouvelles restrictions étendues sur Apple enfreignent plusieurs limites indépendantes, y compris la Constitution elle-même.
Dans l’argumentation, Apple cite plus de 40 décisions antérieures pour faire valoir son point de vue et avance quatre principales raisons pour lesquelles l’appel d’Epic est infondé :
- Epic ne défend pas sérieusement la règle de zéro commission du tribunal de district sur les achats externes, qui en pratique impose une pénalité perpétuelle à Apple.
- Epic ne peut justifier les autres restrictions de la nouvelle injonction ni les constatations de mépris sous-jacentes du tribunal de district.
- Epic fait abstraction du fait que le jugement intervenu dans l’affaire Beverage v. Apple, Inc., (…) contredit directement le jugement du tribunal de district ici, fondé sur la même loi californienne.
- Epic demande à cette Cour d’ignorer la décision phare de la Cour suprême dans l’affaire Trump v. CASA(…), qui, au minimum, nécessite de réduire considérablement la portée de l’injonction du tribunal de district.
Apple déclare que « la nouvelle règle de zéro commission du tribunal de district est indéfendable », car elle « nie à Apple une compensation pour l’utilisation de ses innovations protégées par la propriété intellectuelle ». Apple qualifie cela « du composant le plus extrême de la nouvelle injonction » et soutient qu’il est « détaché des prétentions d’Epic, dures, punitives et inconstitutionnelles ».
La firme indique également que la nouvelle injonction devrait être annulée car elle repose sur des documents protégés, tout en dénonçant également l’injonction originale comme illégale, à la lumière d’une récente décision de la Cour suprême qui a établi que les juges fédéraux n’ont pas l’autorité autonome d’émettre des injonctions dites universelles.
Dans son argument final, Apple déclare :
Cette Cour devrait annuler l’ordonnance de mépris du tribunal de district et le refus de la motion d’Apple en vertu de la règle 60(b)(5). En alternative, la cour devrait annuler la nouvelle injonction et réaffecter cette affaire à un autre juge de district pour tout nouveau procès nécessaire à la suite de la décision de cette Cour.
Cela n’est pas la première fois qu’Apple demande que l’affaire soit réaffectée à un autre juge. En juin, la société avait déjà déposé un document similaire avec plusieurs demandes, y compris l’annulation de la nouvelle injonction interdisant toutes les commissions sur les achats externes, l’inversion de la constatation de mépris civil et la réaffectation de l’affaire à un nouveau juge si elle retournait devant le tribunal de district.