
L’Autorità Garante della Concorrenza e del Mercato (AGCM), l’autorité italienne de la concurrence, a infligé à Apple une amende de 98,6 millions d’euros (116 millions de dollars) concernant sa fonctionnalité de transparence du suivi des applications (ATT). Voici les détails.
Contexte
Depuis le lancement de l’ATT par Apple, cette fonctionnalité a été critiquée par de nombreuses entreprises et médias, en raison de son fonctionnement actuel sur les applications tierces par rapport aux propriétés d’Apple. Ils soutiennent qu’alors que l’ATT impose des limites strictes sur la collecte de données et le suivi pour ces applications, les plateformes et applications d’Apple ne sont pas soumises aux mêmes restrictions.
Apple, de son côté, défend que cette comparaison n’est pas pertinente, arguant que l’entreprise a conçu ses services tels que Siri, Maps, FaceTime et iMessage de manière à ne pas pouvoir lier les données à travers ces services, même si elle le souhaitait.
Au cours des dernières années, Apple a fait face à plusieurs enquêtes antitrust visant à examiner si l’ATT avait des effets anticoncurrentiels. Récemment, la société a entrepris des démarches pour apaiser les craintes antitrust en Allemagne, ajoutées aux enquêtes et amendes déjà observées en France et au Brésil, entre autres.
Amende en Italie
Aujourd’hui, l’AGCM a annoncé avoir condamné Apple à une amende de 98,6 millions d’euros pour « abus de position dominante » :
« L’Autorité a mené une enquête complexe en coordination avec la Commission européenne et d’autres autorités nationales de concurrence, ainsi que l’Autorité italienne de protection des données. Les constatations de l’Autorité confirment le caractère restrictif de la politique de transparence du suivi des applications (ATT), c’est-à-dire les règles de confidentialité imposées par Apple pour les appareils iOS, en vigueur depuis avril 2021, aux développeurs d’applications tiers distribuées via l’App Store. En particulier, les développeurs d’applications tierces doivent obtenir un consentement spécifique pour la collecte et l’association des données à des fins publicitaires via l’invite ATT. Cependant, cette invite ne respecte pas les exigences de la législation sur la protection de la vie privée, obligeant les développeurs à doubler la demande de consentement pour le même objectif. »
Selon l’AGCM, les politiques de l’ATT « sont imposées unilatéralement et nuisent aux intérêts des partenaires commerciaux d’Apple », qualifiant cette fonctionnalité de « disproportionnée par rapport aux objectifs de protection des données » que la société prétend poursuivre.
Bien que l’AGCM reconnaisse qu’Apple puisse avoir une « décision potentiellement légitime » de renforcer la protection de la vie privée des utilisateurs au sein du système iOS, elle souligne que l’imposition de mesures excessivement contraignantes pour les développeurs est disproportionnée par rapport à l’objectif de protection de la vie privée visé par Apple.
L’AGCM note également que l’implémentation actuelle de l’ATT contraint les développeurs à demander un consentement deux fois pour le même but, car l’invite ATT ne satisfait pas les exigences de consentement du RGPD, nécessitant l’utilisation d’un mécanisme de consentement supplémentaire de la part des développeurs.
Apple a déjà confirmé son intention de faire appel de cette amende.