
Apple Books voit circuler des faux livres générés par IA, avec un risque simple pour le public : acheter un titre présenté comme crédible, mais qui n’a rien d’officiel. La situation a été mise en lumière par la journaliste Joanna Stern, qui a expliqué avoir trouvé sur la boutique d’Apple une dizaine de fausses versions de son livre I Am Not a Robot, quelques jours seulement après sa vraie sortie.
Ces exemplaires ont été retirés, mais d’autres sont ensuite réapparus. Ce va-et-vient montre surtout qu’il est possible de remettre rapidement en ligne ce type de contenus, avec un coût de production manifestement faible. Le sujet dépasse donc la simple présence de quelques titres trompeurs : il touche au rythme de modération face à des publications faciles à recréer.
Des copies qui reviennent même après suppression
Dans le cas signalé par Joanna Stern, le point le plus frappant n’est pas seulement l’existence de faux ouvrages, mais leur retour après retrait. Autrement dit, la suppression initiale ne suffit pas toujours à stopper la diffusion si de nouvelles versions peuvent être soumises presque aussitôt.
Le problème semble moins lié à une prouesse technique qu’à un contrôle insuffisant en amont. Des livres peuvent être assemblés très vite, publiés sous des noms ou des thématiques crédibles, puis remis en vente après une première modération. Pour une boutique numérique, cela complique la promesse de confiance qui accompagne normalement l’achat en quelques clics.
Apple n’est pas seul face à ce phénomène
Le cas d’Apple Books n’apparaît pas isolé. La journaliste du New York Times Kashmir Hill a raconté avoir découvert sur Amazon une fausse biographie à son sujet, avant d’identifier ce qu’elle décrit comme des milliers de biographies générées par IA et proposées à la vente. Le constat est donc plus large : plusieurs plateformes de distribution de livres numériques sont confrontées au même type d’abus.
Pour Apple, l’enjeu est néanmoins sensible. Apple Books fait partie d’un écosystème qui met souvent en avant la qualité du service et un certain niveau de vérification. Si des ouvrages manifestement apocryphes y restent visibles ou reviennent trop facilement, cela peut fragiliser la confiance des lecteurs, mais aussi celle des auteurs légitimes.
Ce que ça change
Concrètement, un utilisateur peut payer pour un livre qui exploite le nom d’un auteur réel sans correspondre à son travail. À mesure que les textes générés par IA deviennent plus rapides et moins coûteux à produire, la vraie valeur d’une boutique ne repose plus seulement sur le catalogue, mais sur sa capacité à distinguer l’authentique du trompeur.
Pour Apple, c’est aussi un test de réputation. La question à surveiller n’est pas uniquement la suppression des faux livres déjà signalés, mais la capacité de la plateforme à empêcher leur retour sous de nouvelles variantes.
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Source : 9to5Mac — Chance Miller