
Une boule fantôme qui revient sur la table, une boule-poule qui pond des œufs, une bombe qu’il vaut mieux ne pas bousculer : voilà le genre de soirée qui finit rarement avec un verre d’eau. Ultrapool transforme le billard en roguelite à combos : il faut empocher des boules, accumuler un score, puis acheter et améliorer son attirail entre les manches pour tenir dix tours.

Le rapprochement avec Balatro n’a rien de décoratif. Ici aussi, une règle familière sert de point de départ avant de disparaître sous une pile de modificateurs, d’effets cumulés et de choix de boutique. Sauf qu’au lieu de jouer des mains de poker, vous composez un triangle de boules et cherchez le tir qui fera exploser les compteurs. C’est du billard de bar qui a avalé un tableur et quelques cocktails très suspects.
Le trou n’est que le début du problème
La base semble volontairement lisible : faire entrer les boules dans les poches rapporte des points, et les points en surplus se changent en argent. Cet argent sert au bar, où l’on achète de nouvelles boules et où l’on renforce celles déjà présentes dans son montage. Le but affiché n’est donc pas de gagner une partie de huit américain dans les règles : il s’agit de bâtir une petite machine à score capable de franchir une série de manches.
Les boules spéciales sont le vrai moteur du jeu. Certaines reviennent après avoir été empochées, d’autres créent de nouveaux projectiles, tandis que des effets explosifs ou des bonus de trajectoire viennent manifestement changer la lecture de la table. Des cases peuvent également modifier le plateau. Le studio pousse même l’idée jusqu’au comptoir : le barman peut mélanger deux boules pour en fabriquer une troisième, avec un effet combiné. C’est la recette qui donne à Ultrapool sa tête de roguelike : on ne cherche pas seulement un bon coup, on cherche une interaction qui fera boule de neige.
Ce qui reste à découvrir manette virtuelle en main, c’est l’équilibre de ce bazar — la difficulté des dix manches, la place laissée au hasard et la profondeur réelle des combinaisons. Les images et le principe montrent toutefois clairement l’ambition : faire d’un sport où l’on calcule les angles un jeu où l’on collectionne aussi les règles qui tordent ces angles.

Une salle de billard dessinée au feutre, pas au néon réaliste
Visuellement, Ultrapool adopte une 2D stylisée vue du dessus. La table verte occupe le centre, entourée d’une interface très présente : compteurs de pièces, cœurs, jauges, panneaux d’objets et boutons colorés comme Play ou Sell. Les captures montrent des obstacles géométriques sur le tapis, des boules vivement colorées et des écrans de gestion entre les parties.
L’ambiance navigue entre vert de billard, bois brun, violet et fonds sombres. Derrière le comptoir, on aperçoit notamment un squelette et une serveuse, avec des étagères remplies de bouteilles. Ce n’est pas la salle chic où l’on chuchote avant de tirer : c’est plutôt un petit bar de jeu vidéo où quelqu’un a décidé que la Terre pouvait devenir une boule, à condition qu’elle roule correctement. Les écrans montrés sont en anglais, même si le jeu propose douze langues au total.

Pour les bricoleurs de synergies, pas les puristes du tapis vert
Ultrapool devrait parler aux joueurs qui aiment repérer une règle simple, puis la démonter pièce par pièce avec des bonus. Si vous avez passé des heures à chercher la meilleure main dans Balatro, ou si l’idée d’acheter une boule-poule pour voir ce qu’elle provoque vous paraît parfaitement raisonnable, le terrain est balisé. Le format en manches courtes et l’objectif de dix tours le placent aussi dans la famille des jeux à relancer pour tenter une autre construction.
À l’inverse, les amateurs de simulation de billard risquent de rester au comptoir. Les captures et la présentation vendent des compteurs, des objets et des effets loufoques bien avant la précision sportive. Ceux qui détestent les boutiques entre les niveaux, les mécaniques de build ou les interfaces chargées de chiffres n’y trouveront probablement pas leur table idéale.
Ultrapool est proposé gratuitement sur l’App Store pour iPhone et iPad. Il réclame iOS 17 ou une version ultérieure, pèse environ 377 Mo et porte une classification 12+. C’est un jeu indépendant à surveiller si vous cherchez un roguelite qui a compris qu’une table de billard pouvait accueillir bien plus qu’une noire et une blanche — mais qui ne prétend pas remplacer une vraie partie entre amis.

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Source : offbrand games