
Un chevalier minuscule, une créature ailée qui rôde dans le noir, et des fioles de soin à ne pas gaspiller : Tearscape ne cache pas longtemps sa famille. C’est un action-RPG gothique en 2D qui condense l’exploration à la Bloodborne et au Metroidvania dans une vue de dessus, avec des pixels qui auraient pu sortir d’une Game Boy Color un peu trop portée sur les expériences interdites.

Le principe tient en une phrase : vous parcourez une carte non linéaire, combattez au corps-à-corps, trouvez des donjons et des outils qui servent autant à survivre qu’à atteindre les zones auparavant fermées.
Je ne l’ai pas installé : voici donc ce que Tearscape propose et ce que ses images laissent voir, pas un test déguisé. Le jeu est disponible sur iPhone et iPad à 9,99 €, en achat payant. Il demande au minimum iOS 17 et pèse environ 194 Mo : il ne s’adresse donc pas aux appareils restés sur de très anciennes versions du système.
Des raccourcis, des donjons et des portes qu’on ne peut pas encore ouvrir
Le terrain de jeu de Tearscape est annoncé comme un monde à chemins entrecroisés. L’idée n’est pas de suivre une flèche d’un point A à un point B, mais de repérer des passages, des raccourcis et des accès bloqués, puis de revenir plus tard avec le bon outil. Les donjons cachés semblent tenir une place centrale : chacun doit apporter ses propres ennemis, pièges, objets et, bien sûr, une raison supplémentaire de regarder chaque mur suspect avec méfiance.
Le personnage peut gagner de nouvelles capacités d’exploration et de combat. Le studio évoque notamment des outils dissimulés dans les donjons, des améliorations de personnage et des artefacts. C’est la mécanique qui rapproche le plus Tearscape des Metroidvania : la progression passe autant par ce que vous découvrez que par les adversaires que vous battez.
Des PNJ parsèment aussi ce monde médiéval fantastique. Certains doivent guider le joueur, d’autres demander de l’aide, et quelques-uns cacheraient leurs intentions. Le jeu annonce par ailleurs des boss issus d’expériences obscures, dans la continuité de son bestiaire volontairement grotesque.

Un combat qui demande de compter ses fioles
Tearscape met en avant un affrontement basé sur l’attaque, l’esquive, la feinte et la parade, avec une endurance à surveiller. Les fioles de soin sont limitées et les combats de boss sont présentés comme des rendez-vous où il faut exploiter ses capacités plutôt que foncer tête baissée. C’est donc moins le terrain du hack’n’slash qui arrose l’écran d’ennemis que celui d’un jeu d’action où chaque engagement est censé compter.
La comparaison avec Bloodborne a du sens sur le papier, surtout pour son univers malade, ses monstres et cette promesse d’un combat exigeant. Mais mieux vaut ne pas imaginer une transposition miniature du jeu de FromSoftware : Tearscape adopte une vue de dessus, une structure d’exploration à outils et une esthétique rétro très affirmée. Il prend des ingrédients familiers, puis les passe au moulinet d’un jeu portable en 2D.
Du bleu de caveau au vert des sous-bois
Les captures officielles montrent un pixel art 2D vu du dessus, avec un défilement dans toutes les directions. À l’intérieur, la palette est sombre et bleutée : salles de pierre, colonnes, statues, coffres et barils composent des lieux qui ont l’air peu accueillants. À l’extérieur, les tons deviennent plus verts et pastel, entre arbres, bâtiments de pierre et cours d’eau. L’armure du héros ressort au milieu des décors, tandis que les créatures sombres occupent volontiers l’espace autour de lui.
L’interface mobile visible à l’écran affiche des barres rouges en haut, une mini-carte circulaire, des icônes et compteurs, ainsi que des boutons tactiles translucides pour se déplacer et agir. Ceux qui préfèrent éviter de poser leurs pouces sur les décors peuvent utiliser une manette : Tearscape annonce cette compatibilité, ainsi que les sauvegardes dans le cloud et des succès.

À deux, mais pas avec un seul accessoire
La curiosité du programme, c’est sa coopération locale à deux joueurs. Elle ne se fait pas en ligne et impose deux manettes. C’est un détail à connaître avant d’acheter : sur le bon canapé et avec l’équipement adéquat, le jeu permet de partager l’aventure ; sans deux contrôleurs, cette fonction restera au placard.
Tearscape vise clairement les amateurs de Zelda 2D sombres, de cartes à débloquer morceau par morceau et de combats où la prudence fait partie du décor. Les joueurs qui aiment fouiller les recoins, accepter de revenir sur leurs pas et se confronter à des boss devraient y trouver une proposition lisible. En revanche, si vous cherchez une aventure guidée, de la coopération en ligne ou un jeu à jouer d’une main entre deux stations de métro, le tableau est moins évident.
À 9,99 €, Tearscape ne tente pas le coup du téléchargement gratuit qui finit par réclamer son dû à chaque coffre ouvert. C’est un jeu premium pour iPhone et iPad, qui affiche une direction nette : du gothique rétro, de l’exploration et des monstres à contourner avant de les découper. Voilà ce qu’il met sur la table ; à vous de voir si cette table de pierre mérite une place sur votre écran.

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Source : NERDS TAKE OVER