
Construire un niveau de plateforme, c’est très vite découvrir que placer trois piques derrière un saut un peu court est un pouvoir grisant. DIY Dadish met justement les clés du chantier entre les mains des joueurs : on y fabrique des parcours 2D pour Dadish et sa bande, puis on les partage avec d’autres. C’est du Mario Maker de poche, mais cantonné à l’univers coloré du papa-radis et à ses règles de plateforme.

Je n’ai pas installé DIY Dadish : voici donc ce que le jeu propose et ce que ses images permettent d’en voir. Le principe est limpide : assembler un niveau, y placer décors, dangers, ennemis et répliques, puis aller essayer les créations publiées par la communauté. Le titre arrive gratuitement sur iPhone et iPad, avec iOS 15.6 au minimum. Il est classé 12+ et pèse environ 198 Mo.
Un terrain de jeu avec des limites, et c’est plutôt l’idée
Le studio ne vous donne pas un moteur de jeu universel où il faudrait inventer les règles, les déplacements et les graphismes. Il fournit la boîte à outils Dadish. Plus de 100 objets peuvent être posés : blocs et murs, plateformes, fosses, piques, scies, canons, pièces et objets à ramasser. Le casting inclut aussi les fameuses menaces absurdes de la série, comme les hamburgers hostiles ou les canettes de soda explosives.
À cela s’ajoutent 15 thèmes de niveaux et 12 personnages jouables. L’intérêt n’est donc pas seulement de dessiner une ligne droite pleine de pièges — même si l’humanité saura certainement le faire — mais de composer une petite aventure avec son décor et son héros. Le jeu permet également d’écrire les dialogues entre Dadish et ses enfants. Une fonction qui devrait faire basculer certaines créations du côté de la blague potache, et peut-être quelques-unes du côté du vrai petit épisode maison.

Ce périmètre fermé est sa meilleure carte. Un outil de création immense intimide vite et se noie dans les menus ; ici, le vocabulaire du jeu est déjà là. Les personnes qui aiment imaginer « et si ce saut menait à une salle remplie de canons ? » ont de quoi construire sans devoir apprendre à coder. Les habitués de Dadish retrouveront surtout des éléments immédiatement reconnaissables, au lieu de partir d’une page blanche totale.
Des niveaux roses, bleus, verts et pleins de pièges
Les captures montrent un pixel art 2D très coloré, vu de profil, avec des niveaux à défilement horizontal. Dadish, petit personnage rose, traverse des forêts vertes, des grottes sombres et des structures industrielles aux teintes bleues, violettes, jaunes ou roses. Les écrans sont bien chargés en repères de plateforme : murs, blocs, ennemis ronds, gouffres, pointes, cœurs et pièces se détachent nettement des décors.
Sur iPhone, les commandes tactiles visibles reposent sur des flèches virtuelles à gauche et un bouton de saut à droite. Une barre supérieure affiche plusieurs icônes, compteurs et jauges ; d’autres boutons apparaissent selon l’écran. Cela donne au moins une idée claire de son format : DIY Dadish reste un jeu mobile à commandes tactiles, pas un éditeur pensé comme un logiciel de bureau miniaturisé.

Le bon choix pour les bricoleurs, pas pour les touristes
DIY Dadish s’adresse d’abord à deux publics : les fans de la série qui veulent prolonger ses gags, et les enfants ou adultes qui préfèrent inventer un niveau plutôt que finir le centième parcours conçu par quelqu’un d’autre. Le partage de créations est essentiel : sans cette bibliothèque communautaire, l’éditeur risquerait de ne servir qu’à fabriquer un parcours pour ses amis puis l’oublier.
En revanche, passez votre chemin si vous cherchez une nouvelle campagne de plateforme soigneusement réglée par les auteurs, ou si construire vous fatigue d’avance. Le jeu promet aussi de donner accès à des niveaux créés partout dans le monde, mais une plateforme communautaire implique forcément des trouvailles inspirées, des essais maladroits et des couloirs de piques posés avec l’enthousiasme d’un enfant devant un bouton rouge. C’est le contrat, pas un défaut caché.
À son lancement, DIY Dadish est gratuit sur l’App Store pour iPhone et iPad. Son idée tient en une phrase : offrir un petit atelier de niveaux plutôt qu’un énième épisode à consommer. Si vous avez déjà eu envie de faire sauter un radis au-dessus d’un hamburger furieux, vous savez maintenant où poser la première brique.

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Source : Thomas Young