
Un cuirassé qui tire à l’horizon, c’est une chose. Un navire de la guerre froide qui balance un missile de croisière sur une carte déjà noyée de fumée, c’en est une autre. World of Warships: Legends PvP fête ses sept ans en regardant moins vers les batailles historiques que vers les arsenaux modernes, avec un mode temporaire Modern Era annoncé sur les deux prochaines mises à jour.

Le principe ne change pas de cap : vous commandez un navire de guerre dans des affrontements JcJ en ligne à neuf contre neuf, où il faut repérer les adversaires, choisir ses tirs et tenir une position avec son équipe. Modern Era vient déplacer ce cadre avec des bâtiments de la fin de la guerre froide et des armes plus contemporaines, dont des missiles de croisière et des ondes IEM. Ce n’est donc pas un nouvel épisode, mais une parenthèse qui promet de faire sortir le jeu de ses duels de canons plus classiques.
La guerre navale quitte les archives
Le mode Modern Era est le morceau qui attire l’œil dans cette mise à jour. Les missiles introduisent, sur le papier, une menace qui ne se joue plus seulement à la trajectoire d’un obus et à la distance entre deux coques ; les ondes IEM ajoutent quant à elles une couche d’équipement électronique. Wargaming le réserve pour une durée limitée, étalée sur deux mises à jour. Si vous cherchiez exclusivement une collection de navires de la Seconde Guerre mondiale, ce virage pourra vous laisser froid. Si l’idée de voir cette formule navale manipuler des outils plus récents vous intrigue, c’est précisément l’occasion à surveiller.
Le jeu garde néanmoins son immense hangar historique : plus de 500 navires issus d’une dizaine de nations sont annoncés, répartis entre cuirassés, croiseurs et destroyers. La progression consiste à débloquer des bâtiments, faire évoluer les commandants et récupérer des apparences ou camouflages. C’est le versant collection et progression d’un free-to-play, pas une petite campagne solo que l’on boucle entre deux stations de métro.

Sept ans, des jetons et un croiseur italien au bout
L’anniversaire apporte son propre calendrier de récompenses. En jouant les activités prévues, il est possible de ramasser des Mariner’s Coins, puis de les échanger notamment contre le croiseur espagnol de rang VIII Almirante Oquendo et le cuirassé soviétique de rang V Novorossiysk. Des coffres Explorer reviennent également dans le lot. Voilà le type d’événement qui parlera surtout aux capitaines déjà installés : les récompenses ont un sens lorsqu’on connaît les classes, les rangs et la place d’un bâtiment dans sa flotte.
Une campagne Noble Lombard se joint à la fête, avec le croiseur italien de rang VIII Ferrante Gonzaga comme récompense finale. La mise à jour aligne aussi des destroyers américains alternatifs, de nouveaux navires légendaires — Aki et F. D. Roosevelt —, trois saisons de batailles classées et la dernière ligne droite du marathon Thunderer. Autrement dit : beaucoup de choses à poursuivre en parallèle. Les joueurs qui aiment avoir un objectif à cocher chaque semaine y verront un buffet ; ceux qui détestent les calendriers, monnaies d’événement et campagnes à durée limitée risquent surtout d’y voir une seconde interface de travail.
Des écrans chargés, des mers très bleues
Les captures officielles plantent une 3D réaliste, vue depuis ou derrière les navires. La mer et le ciel occupent une bonne part de l’écran, dans des bleus profonds, tandis que le littoral montagneux, les sillages, les éclaboussures, les incendies et les colonnes de fumée servent de décor aux escarmouches. Ce n’est pas un jeu de figurines vu du ciel : la coque, les tourelles et les tirs restent au premier plan.
L’interface de combat est, elle, bien présente : viseur central, minicarte, jauges, icônes d’action et indicateurs sur les bords de l’écran. Les visuels sont en français, tout comme une partie des bandeaux promotionnels visibles. Cela donne une présentation dense, pensée pour lire plusieurs informations pendant que les bâtiments se croisent, plutôt qu’une guerre navale épurée à un seul bouton.

À bord si vous aimez apprendre une flotte, pas juste tirer
Le titre vise clairement les amateurs de PvP tactique, de navires militaires et de longues progressions de collection. Il peut aussi convenir à quelqu’un qui veut une bataille navale plus posée qu’un shooter frénétique, avec des classes aux rôles distincts. En revanche, passez votre chemin si vous cherchez une aventure solo scénarisée, des parties sans coordination d’équipe ou un jeu qui évite les événements temporaires.
Les avis français racontent d’ailleurs une histoire moins lisse que la moyenne globale de 4,44/5 affichée sur l’App Store. Plusieurs joueurs apprécient la stratégie et le rendu visuel ; l’un demande même une minicarte agrandissable et la possibilité de masquer les contrôles tactiles avec une manette. D’autres signalent des soucis de commandes, de son, de menus ou de tir selon les versions, et un avis pointe un écart de puissance jugé trop important entre les cuirassés et le reste. Ce sont des témoignages individuels, contradictoires par endroits, mais ils rappellent une chose simple : mieux vaut entrer pour le concept des batailles navales, pas en imaginant un port sans accroc.
World of Warships: Legends PvP est gratuit sur iPhone et iPad, pèse environ 1,4 Go et demande iOS ou iPadOS 16 au minimum. Classé 12+, il mérite donc aussi un peu d’espace de stockage et un appareil pas trop ancien avant de larguer les amarres.

Source : WARGAMING Group Limited