
Monter une pièce, c’est déjà devoir composer avec des ego. Dans Villain!, il faut en plus gérer les peurs, les préférences et les partenaires rêvés de chaque comédien. Le principe tient en une phrase : vous réorganisez une troupe, ses rôles, ses costumes et des morceaux de scénario jusqu’à ce que tout le monde accepte enfin de jouer.

Ce n’est donc pas un jeu de théâtre où l’on récite des répliques, mais un puzzle de logique qui transforme les coulisses en tableau de contraintes. Un acteur veut incarner un rôle précis, un autre refuse une situation ou exige un certain partenaire ; à vous de déplacer les bonnes pièces sans faire exploser la représentation. Quand les membres de la distribution affichent leur sourire vert, le défi est validé.
Des rideaux rouges, des cartes et beaucoup de compromis
Les captures montrent une scène frontale encadrée de grands rideaux rouges, avec les personnages costumés au plateau et des rangées de fauteuils dans la salle. L’ensemble adopte une illustration 2D stylisée, dans une palette de brun, rouge profond et noir qui évoque davantage un petit théâtre de mystère qu’une comédie musicale clinquante.
Autour de la scène, l’interface empile les éléments nécessaires pour démêler le casting : portraits et noms des personnages, panneaux de texte, flèches latérales, icônes en haut de l’écran et boutons au bas de la scène. Les écrans visibles présentent aussi les cartes de plusieurs acteurs et des choix liés à l’histoire. Visuellement, on est dans le puzzle narratif à l’ancienne : on observe, on recoupe les indices, puis on tente la combinaison qui rend la troupe compatible.

Le jeu propose 18 défis correspondant au premier chapitre de I Want to Play the Villain, le projet plus complet auquel il sert de prélude autonome. Ce format a un intérêt très concret : plutôt que de télécharger une démo noyée dans une application principale, vous avez ici un morceau de jeu distinct pour voir si cette mécanique de distribution vous parle.
Le scénario devient une pièce du puzzle
Le détail qui distingue Villain! d’un simple casse-tête de placement, c’est que le scénario lui-même peut bouger. Il ne s’agit pas seulement d’assigner A au rôle B : le jeu permet aussi de modifier costumes, relations et situations jouées. Les personnages ont chacun leurs ambitions et leurs limites, et le spectacle doit être remodelé en fonction de ces informations.
Sur le papier, cela place Villain! quelque part entre le jeu de logique à contraintes et le puzzle narratif. Si vous aimez lire une liste d’exigences, remarquer que deux conditions se contredisent, puis réagencer méthodiquement tout le plateau, le concept mérite un détour. Si votre idée du jeu mobile est de lancer une partie de trois minutes sans lire la moindre boîte de dialogue, vous risquez surtout de regarder ces comédiens râler sans comprendre pourquoi.
Je n’ai pas joué à cette version : impossible donc de vous promettre une progression bien calibrée ou des énigmes plus ou moins retorses. Ce que montrent les écrans et ce que propose le jeu, en revanche, est clair : Villain! mise sur la lecture des personnages et la manipulation de leurs conditions, pas sur des réflexes ou sur un système de collection à faire tourner en boucle.

Gratuit, mais pas forcément français
Villain! est proposé gratuitement sur l’App Store, sans prix d’entrée affiché. C’est un téléchargement d’environ 532 Mo, compatible avec les iPhone et iPad sous iOS ou iPadOS 15 au minimum. Ce n’est pas un titre Apple Arcade et aucune formule d’abonnement n’est nécessaire pour l’obtenir.
Attention tout de même à la langue : les captures officielles affichent les dialogues, les intitulés de chapitres et les panneaux de jeu en anglais. Pour un jeu qui repose précisément sur les souhaits, les peurs et les relations entre les acteurs, comprendre les textes n’est pas un détail décoratif. Les joueurs à l’aise avec l’anglais y verront un puzzle de lecture plutôt accessible ; les autres auront intérêt à attendre une éventuelle localisation plutôt que de deviner les consignes.
Villain! s’adresse surtout aux amateurs de jeux indépendants qui préfèrent résoudre un problème humain plutôt qu’aligner des gemmes. Dix-huit tableaux gratuits, une idée lisible et une direction visuelle cohérente : c’est une proposition raisonnable pour qui cherche un puzzle à histoire. Ceux qui veulent de l’action, des commandes immédiates ou une aventure déjà complète peuvent passer leur tour ; ici, la vedette, c’est le casse-tête du casting.

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Source : Triomatica Games