
Un million de points avec quelques dés, voilà le genre de promesse qui commence comme une blague et finit avec un tableau rempli de chiffres absurdes. Dice A Million prend la formule du roguelike à synergies popularisée par Balatro, troque les cartes contre des dés, puis vous demande de faire exploser le compteur pour vous échapper d’une étrange usine de lancers.

Le principe tient en une phrase : vous lancez des dés, améliorez progressivement votre réserve avec de nouveaux spécimens et des anneaux aux effets passifs, afin d’atteindre les scores réclamés avant que les dettes et les boss ne stoppent votre parcours. Pas besoin de connaître les combinaisons du poker : ici, les chiffres gravés sur les faces sont le point de départ, pas l’arrivée.
Des dés qui ne veulent pas rester de simples dés
Le studio annonce plus de 120 dés différents à découvrir. Leur intérêt ne serait donc pas seulement de sortir un 1 ou un 6 : chacun peut participer à des combinaisons d’effets, avec l’objectif très assumé de « casser » les règles du jeu à force d’empiler les bonus. À côté de cette réserve de dés, plus de 80 anneaux font office d’objets permanents. Ils restent actifs et modifient les résultats ou les interactions entre vos dés.
C’est le cœur de la famille Balatro-like : partir d’un tirage modeste, repérer ce qui se combine, puis transformer une poignée de points en total ridicule. Dice A Million semble toutefois aller droit au but, avec une matière première que tout le monde lit instinctivement. Un dé à quatre faces, un autre à six, des chiffres qui s’additionnent ou se tordent sous l’effet d’un objet : l’idée se comprend en un regard.
Le parcours ajoute un habillage de fuite. Votre personnage est retenu dans une « facility » consacrée aux lancers de dés, et les objectifs de score prennent la forme de dettes de plus en plus lourdes. Des boss viennent ponctuer cette ascension. Le jeu ne raconte pas, dans les éléments présentés, une grande aventure narrative ; ce décor surréaliste sert surtout à donner un fil conducteur à cette course aux compteurs.

Un plateau de jeu tombé dans un tube de peinture
Les captures officielles montrent un jeu en 2D dessiné à grands contours noirs. Le plateau rectangulaire est présenté de dessus, comme enfermé dans un écran central, tandis qu’une main gantée ou vivement colorée surgit au premier plan. Dés, tuiles numérotées, pions et petites icônes s’installent sur une grille : l’ensemble évoque un jeu de société qui aurait avalé une machine à sous sous acide.
La palette ne cherche pas la discrétion. Les écrans alternent rouge, vert, violet et jaune sur des fonds abstraits très contrastés. L’interface aligne un gros bouton « ROLL », des compteurs sur le côté, des indicateurs de cases et de dés, ainsi qu’un bouton « SHOP » pour la boutique. On voit donc clairement où se situent les décisions : lancer, consulter son arsenal, acheter ou choisir de quoi faire évoluer sa partie.
Tout est en anglais à l’écran, et l’App Store ne liste qu’une seule langue. Ce n’est pas forcément un mur pour qui connaît le vocabulaire courant du jeu vidéo, mais les effets de dés et d’anneaux risquent d’exiger un minimum de lecture. Si vous cherchez un roguelike entièrement localisé en français, mieux vaut le savoir avant de sortir le portefeuille.

Pour les bricoleurs de combos, pas pour les allergiques au hasard
Dice A Million vise très clairement les joueurs qui aiment démonter un système pour voir jusqu’où les chiffres peuvent grimper. Vous devriez y jeter un œil si Balatro vous a plu mais que les mains de poker vous laissaient froid, ou si l’idée de construire une réserve de dés aux règles de plus en plus tordues vous parle davantage qu’une campagne scénarisée.
En revanche, passez votre chemin si chaque part d’aléatoire vous agace, si vous voulez des explications en français ou si l’accumulation d’icônes, de compteurs et de modificateurs vous donne déjà mal au crâne. Le jeu annonce précisément cette escalade de synergies : ce n’est pas un petit jeu de dés détendu entre deux arrêts de métro, du moins pas dans son intention.
Dice A Million est vendu 5,99 €, sans basculer vers un modèle gratuit à téléchargements secondaires. Il demande iOS ou iPadOS 15 au minimum et fonctionne sur iPhone et iPad. Avec 229 Mo, il ne devrait pas réclamer un grand ménage de stockage. À ce prix, l’affaire s’adresse surtout à ceux qui savent déjà qu’ils aiment les roguelikes de combos : les autres peuvent admirer ses couleurs criardes et laisser les dés rouler ailleurs.

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Source : countlessnights