
Un champ de cannabis géant, Snoop Dogg en lunettes noires et Agent 47 qui rôde entre les palmiers : Hitman n’a jamais eu peur du costume un peu trop grand. Avec The Herbalist, le jeu pousse cette logique jusqu’au bout en confiant à Snoop Dogg le rôle du Dr Cyrus Cane, nouvelle cible célèbre à éliminer — ou plutôt à approcher, observer et contourner avant de choisir son plan.

Le principe ne bouge pas : vous envoyez l’agent 47 dans de vastes cartes ouvertes, où déguisements, objets, distractions et accidents très calculés servent à atteindre une cible. Mais cette mission de la Saison de l’herboriste ne plaque pas simplement le visage d’une star sur un contrat standard : tout son décor et son scénario tournent autour de la persona de Snoop Dogg.
Une cible qui n’essaie pas de cacher qu’elle est Snoop
IO Interactive a donné à son personnage le nom de Dr Cyrus Cane. Personne n’est dupe, et c’est précisément l’idée. Eskil Mohl, senior game designer du studio, explique que l’équipe a construit le niveau pour « maximiser le Snoopness » plutôt que de transformer le rappeur en méchant interchangeable. La ferme, l’ambiance végétale et le ton plus décalé de l’opération sont donc au centre de la proposition.
Ce n’est pas la première fois que Hitman invite une célébrité à jouer avec sa propre image. Mads Mikkelsen, Milla Jovovich ou Sean Bean sont déjà passés par là, généralement avec le risque très concret de finir dans une malle, au fond d’un canal ou sous un lustre. Le studio adapte toutefois le rôle à la personne : Bruce Lee, par exemple, avait été placé du côté des alliés à protéger, plutôt que sur la liste d’Agent 47.
Avec Snoop Dogg, il n’y aurait pas eu de longues négociations sur l’orientation de la mission. Le studio raconte au contraire une collaboration sans résistance sur les idées proposées. Voilà qui explique sans doute pourquoi The Herbalist ne cherche pas la discrétion : le contrat assume son thème au lieu de le suggérer timidement.

Le contrat jetable laisse sa place au terrain de jeu
Les anciennes cibles fugitives de Hitman reposaient sur une idée brutale : une occasion, un échec, terminé. Cela créait de la tension, mais poussait aussi beaucoup de joueurs à sortir l’arme la plus sûre, faire tomber la cible et repartir sans regarder le reste de la carte. Pas idéal quand un niveau regorge de routines de PNJ, de passages déguisés et de petites occasions absurdes.
Les cibles célèbres prennent désormais davantage la forme de missions spéciales rejouables. C’est un changement important : IO Interactive veut que vous passiez du temps avec le personnage invité, que vous découvriez ses trajets et que vous testiez plusieurs approches, au lieu de tenter un unique tir propre depuis un balcon. Sur le papier, c’est bien plus cohérent avec la formule Hitman, qui vit autant de l’observation que de l’assassinat.
Les images officielles montrent une 3D réaliste en vue à la troisième personne, avec la mini-carte, les icônes d’action et les commandes circulaires tactiles directement affichées à l’écran. Elles penchent vers une ambiance tropicale : plage, parasols jaunes, végétation dense, terrasses blanches et pontons au bord de l’eau. Quelques intérieurs plus sombres contrastent avec ces extérieurs très lumineux.

Gratuit à lancer, pas léger à accueillir
HITMAN World of Assassination est gratuit au téléchargement sur iPhone, iPad et Mac, avec des achats intégrés pour débloquer le reste du contenu. Les missions d’initiation de l’ICA et une Escalade à Dubaï sont proposées sans achat ; les autres destinations, le mode Freelancer et les contenus comme The Herbalist font partie des déblocages proposés dans l’app. Ce n’est donc pas un free-to-play à énergie ou à publicité : c’est une porte d’entrée gratuite vers un jeu premium découpé en contenus.
Attention à la place disponible. L’app pèse déjà environ 3,7 Go à récupérer, mais les données complètes peuvent monter autour de 48 Go. Chaque lieu peut être téléchargé ou supprimé séparément, ce qui évite de tout garder en permanence, même si l’installation demande une marge de stockage conséquente. Le jeu nécessite au minimum iOS, iPadOS ou macOS 18 et accepte une manette ; le clavier et la souris ne sont pas pris en charge.
Je ne l’ai pas installé, donc pas de faux verdict sur le tactile ou les performances. Les retours App Store français sont d’ailleurs partagés : plusieurs joueurs saluent l’arrivée d’un Hitman aussi fourni sur mobile, tandis que d’autres rapportent des fermetures inopinées, des commandes tactiles jugées maladroites ou un coût de déblocage trop élevé. La dernière mise à jour annonce des corrections de plantages et de bugs, mais cela ne transforme pas ces témoignages en garantie universelle.
Pour les bricoleurs du meurtre, pas les touristes pressés
Si vous aimez refaire une même carte pour trouver une tenue ridicule, un accès interdit ou une élimination qui ressemble à un accident de jardinage, cette mission Snoop Dogg a tout pour vous intriguer. Si vous cherchez au contraire un jeu mobile léger, immédiatement complet et jouable par petites bouchées sans télécharger des gigaoctets, passez votre chemin. Agent 47 voyage léger ; votre stockage, beaucoup moins.
Source : IO Interactive A/S