
Une quinte flush pour sauver le royaume : il fallait oser. Deckbane prend les combinaisons du poker, les pose au milieu d’un combat fantasy et leur demande de faire tenir debout une bande de héros face à un monde rongé par le jeu et l’avidité.
Le principe tient en une phrase : vous composez des mains de poker pour augmenter le moral de votre groupe et déclencher ses attaques, tout en enrichissant votre paquet au fil d’une aventure roguelike. Ce n’est donc pas un solitaire déguisé, mais un deckbuilder de combat où une paire, une couleur ou un full peuvent devenir la pièce maîtresse d’un tour.
Le poker comme barre de mana, ou presque
Deckbane appartient à cette famille de roguelikes de cartes qui aime faire beaucoup avec un paquet, quelques règles et des synergies à dénicher. Ici, les quatre couleurs ne sont pas seulement des symboles sur des cartes : cœurs, piques, carreaux et trèfles correspondent aussi à des styles de héros. L’idée est de recruter ces aventuriers, de comprendre ce que leurs capacités attendent de vous, puis de jouer les bonnes combinaisons au bon moment.
Le jeu annonce plus de trente héros, plus de cinquante familiers et autant de cartes Trésor. Ces dernières servent à modifier la construction du deck et à orienter les parties vers certains effets ou certaines associations de personnages. Une progression persistante doit aussi ouvrir peu à peu de nouveaux héros, compagnons et trésors entre les runs. Sur le papier, c’est le genre de machine à combinaisons qui parlera immédiatement aux joueurs aimant démonter un système pour trouver le rouage absurde qui fait soudain décoller une partie.
Le thème a au moins le mérite d’assumer son grain de folie : on combat une malédiction liée au jeu d’argent en utilisant une magie fondée sur le poker. Pas besoin de chercher une grande sobriété dans le concept ; Deckbane préfère clairement mettre les jetons sur la table.

Des cartes partout, mais une vraie petite aventure autour
Les captures disponibles montrent un jeu en 2D dessiné à la main, avec une palette vive où se croisent verts de forêt, bruns de village, oranges, bleus et violets. Les affrontements affichent une rangée de cartes jouées au centre, une réserve et une main dans le bas de l’écran, tandis que les compteurs et ressources s’installent en haut. Les boutons « Play », « Redraw » et « Remove a Card » rendent le vocabulaire de la table parfaitement explicite : jouer, renouveler sa main, retirer une carte.
Entre les combats, Deckbane semble passer par des décors de village, de forêt et de terrain quadrillé, avec des personnages animaliers qui viennent discuter dans des panneaux de dialogue. Certains écrans adoptent une vue de dessus, d’autres une présentation frontale très centrée sur les cartes et les créatures. L’ensemble ne cherche pas le réalisme : c’est de la fantasy légère, colorée, avec des portraits illustrés et des créatures qui ont davantage l’air de sortir d’un livre de contes que d’un donjon sinistre.
À noter avant de sortir la carte bancaire : l’interface visible est en anglais. Les joueurs à l’aise avec les termes de cartes et les descriptions de capacités n’y verront pas un obstacle, mais ceux qui veulent tout lire en français ont intérêt à le savoir avant l’achat.

Pour les calculateurs, pas pour les allergiques aux mains de cartes
Deckbane vise assez nettement les amateurs de Balatro, de deckbuilders roguelike et de RPG au tour par tour qui aiment improviser avec ce que le jeu leur distribue. Si l’idée de transformer une suite en bonus d’équipe, puis de l’appuyer avec un familier et une carte Trésor vous fait déjà réfléchir, le terrain paraît bien balisé pour vous. Le nombre de héros et de compagnons annoncé laisse aussi entendre qu’il y aura de quoi expérimenter différentes compositions plutôt que de rejouer éternellement le même groupe.
En revanche, passez votre chemin si vous cherchez un jeu de cartes ultra-épuré, une aventure narrative portée par de longs dialogues ou un RPG d’action. Ici, le cœur de la proposition reste la construction d’un paquet, la lecture de cartes et l’adaptation à des tirages. Le poker n’est pas un décor collé sur une fantasy générique : il est présenté comme la mécanique qui alimente directement les compétences de l’équipe.
Deckbane est vendu 5,99 € sur l’App Store : c’est un jeu payant, pas un titre gratuit qui vous laisse deviner son modèle après dix minutes. Il pèse environ 241 Mo et fonctionne sur iPhone et iPad équipés d’au moins iOS ou iPadOS 12. Sa classification 12+ et son univers de cartes fantasy le placent dans une zone accessible, sans pour autant promettre un jeu simplifié pour les plus jeunes.

Voilà donc un deckbuilder qui a compris une chose très simple : une main de poker est déjà une petite énigme, alors autant lui donner des héros, des monstres et une malédiction à casser. Reste à voir si vous préférez construire une couleur parfaite ou tenter le gros coup avec trois familiers et un paquet qui ressemble à un tiroir à chaussettes.
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Source : 圆圆 陈
