
Il y a ce moment, dans un jeu de sabre, où l’attaque adverse arrive et où vous ne fuyez pas : vous la renvoyez à l’expéditeur. Ink Parry: Seonbi Swordsman ne semble vouloir garder que ce moment-là, sans les couloirs, les coffres et les longues promenades entre deux combats. Son principe tient en une phrase : des attaques fondent vers un épéiste placé au centre de l’écran, et vous devez effectuer le bon geste exactement lorsqu’elles atteignent son cercle.

Le titre de HyunSeok Park appartient à cette famille de jeux de réflexes qui fait du timing une matière première. Ici, la fenêtre annoncée pour un contre parfait est de plus ou moins 60 millisecondes. Réussissez-le, et un sceau rouge vient marquer l’écran ; enchaînez-les, et le compteur de série grimpe. Pas besoin d’y chercher un grand récit : l’idée est de lire l’attaque, comprendre sa réponse et ne pas cligner des yeux au mauvais moment.
Chaque projectile réclame son petit rituel
Le geste ne se résume pas à balayer l’écran dans tous les sens. Une flèche se tranche d’un glissement dans sa direction, tandis qu’une flèche enflammée doit être laissée tranquille. Une masse demande d’être attrapée et maintenue, les doubles haches se bloquent l’une après l’autre, et les filets se déchirent au tapotement. Le jeu annonce aussi des balayages à éviter en se baissant ou en sautant, des shurikens renvoyés depuis une autre direction et un guerrier en armure dont il faut briser les plaques.
Sur les captures, tout cela se lit dans un cadrage vertical très mobile : le combattant, vêtu à l’ancienne, occupe le centre ou le bas de la scène, pendant que flèches, traits et armes convergent vers lui. L’interface laisse peu de place au gras : score, compteur de parades parfaites, pause et quelques indications directionnelles. Les chiffres de série visibles — 14, 20, 45 — donnent une idée assez claire de la carotte : tenir le rythme assez longtemps pour voir le nombre s’affoler.

Un rouleau coréen passé à la moulinette arcade
Son autre argument, c’est l’allure. Ink Parry adopte une 2D faite de coups de pinceau, de textures de papier et d’éléments calligraphiques. La palette sépia et beige est barrée de noir, de gris et surtout de rouge lors des validations. Les scènes rappellent des illustrations à l’encre plus que les traditionnels guerriers en armure rendus en 3D. Le héros est un seonbi, figure de lettré itinérant de la Corée ancienne, et les inscriptions coréennes visibles dans les images renforcent ce parti pris.
Le studio annonce des cordes de gayageum et des percussions janggu pour accompagner les affrontements. Les joueurs pourront également modifier le chapeau gat, la robe, le sabre, les traînées de coupe et les sceaux de jugement. Ce sont des habillages, pas une promesse de nouvelles mécaniques, mais ils collent plutôt bien à l’idée d’un jeu conçu comme une succession de tableaux martiaux.
Attention tout de même si vous cherchez une interface en français : le jeu propose le coréen, l’anglais, le japonais, le chinois traditionnel, l’espagnol et le portugais, mais pas notre langue. Les captures montrent d’ailleurs une interface dans une autre langue que le français. Pour un jeu où les symboles visuels et les gestes semblent centraux, cela ne devrait pas forcément bloquer, mais c’est bon à savoir avant de sortir la carte bancaire.

Du duel, une progression et un défi renouvelé
Ink Parry ne se limite pas à survivre à une pluie de projectiles. Le mode Journey adopte une structure roguelite : après les étapes, vous choisissez un bonus parmi trois. Le jeu en annonce 29, avec des combinaisons possibles entre eux. Les écrans de sélection montrent notamment des techniques comme Heal 1 HP ou Iron Wall, accompagnées de statistiques : on peut donc s’attendre à orienter une tentative vers la survie, la défense ou la performance.
Les Duels mettent en avant 24 adversaires et six boss. Le fonctionnement annoncé repose sur une jauge de Momentum : en la brisant, le boss déclenche une série d’attaques meurtrières qu’il faut encaisser jusqu’au bout. Une fois tous ces combats terminés, des Masters attendent au bout du chemin. À côté, les défis quotidiens ajoutent une règle particulière — attaques de feu, lanternes, boss à la chaîne ou obligation de réussir uniquement des parades parfaites — tandis que l’entraînement sans fin accélère progressivement le rythme.
Ces modes devraient parler à ceux qui aiment recommencer une poignée de minutes pour améliorer une série, mémoriser des signaux et viser un meilleur score. En revanche, passez votre chemin si vous attendez un jeu d’aventure avec exploration, une histoire développée ou des combats où l’on peut bricoler sa stratégie à son rythme : ici, tout semble ramené à la lecture instantanée et au geste juste.

Un petit prix net, sans piège derrière
Le point est suffisamment rare sur mobile pour être souligné : Ink Parry: Seonbi Swordsman coûte 1,99 €, une fois pour toutes. Il n’y a ni publicité, ni achats intégrés, ni attente artificielle annoncée, et le jeu fonctionne hors ligne avec une sauvegarde conservée sur l’appareil. Il pèse seulement 13 Mo et demande iOS ou iPadOS 15 au minimum, sur iPhone comme sur iPad.
Voilà donc un jeu de contre parfait pour les gens qui préfèrent une mécanique serrée à une carte immense. Son dessin à l’encre et son thème coréen lui donnent une silhouette moins interchangeable que la moyenne, mais c’est bien votre tolérance à l’exigence du timing qui décidera. À 1,99 €, la proposition est lisible : un geste, un danger, un score à défendre.
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Source : HyunSeok Park