
Vous venez de tomber face contre terre dans un couloir éclairé au néon. Mauvaise nouvelle : l’amulette autour de votre cou vous remet debout. Pire nouvelle : elle vous fait prendre quelques années au passage. Sifu construit toute sa vengeance autour de ce marché de dupes : poursuivre les assassins de sa famille en kung-fu, mourir, revenir, et voir son personnage se rapprocher peu à peu de la fin du combat.

Le principe tient en une phrase : c’est un jeu d’action à la troisième personne où l’on traverse des niveaux remplis d’adversaires au corps à corps, avec une résurrection qui transforme chaque défaite en vieillissement. Sifu est vendu 7,99 € sur l’App Store, fonctionne sur iPhone et iPad sous iOS ou iPadOS 18 au minimum, et pèse environ 2 Go avant de commencer à distribuer les coups.
Une vengeance où l’on paie ses erreurs avec des rides
Le personnage part seul à la recherche des responsables du meurtre de sa famille. Son arme secrète n’est pas un pistolet, ni une escouade de renfort : c’est cette amulette qui le relève après une mort. Mais elle ne promet pas l’immortalité tranquille. Le héros vieillit à chaque retour, avec les conséquences que cela implique pour sa quête. Voilà le genre de mécanique qui parle immédiatement aux joueurs prêts à recommencer un affrontement pour le maîtriser plutôt qu’à simplement passer au suivant.
Le programme annoncé repose sur les fondamentaux du film d’arts martiaux : esquives, parades, enchaînements, coups portés au bon moment et usage de ce qui traîne dans le décor. Une arme improvisée, un objet à lancer, une fenêtre ou un rebord peuvent devenir des options. Le jeu prévoit aussi des compétences à débloquer et s’appuie sur le Pak Mei Kung Fu. Il ne s’agit donc pas d’un beat’em up où l’on martèle un bouton en attendant que le ménage se fasse tout seul : le positionnement et la lecture des adversaires font partie de la proposition.

Couloirs de néons, dojo rouge et neige qui pique
Les captures donnent une idée très nette de l’allure du portage. Sifu adopte une 3D stylisée, proche d’un rendu réaliste sans chercher le photoréalisme. On y voit le combattant, vêtu sombrement, affronter plusieurs ennemis dans des scènes intérieures : un couloir avec portes et néons, une salle nocturne baignée de bleu et de violet, ou un dojo dominé par les rouges et les orangés. Une autre image emmène le duel dans un paysage enneigé. Les palettes changent, le principe reste le même : des corps à corps tendus dans des espaces qui peuvent servir au combat.
L’interface mobile est également visible, sans surprise mais sans faux mystère. Un joystick virtuel circulaire prend place à gauche de l’écran ; à droite, plusieurs boutons ronds regroupent les actions. Des jauges et icônes circulaires complètent l’ensemble, avec notamment une icône de crâne rouge. Le studio annonce des commandes tactiles adaptées au mobile, une caméra revue et des interactions contextuelles. Une compatibilité complète avec les manettes est aussi prévue, ce qui intéressera davantage les joueurs qui ne veulent pas couvrir l’action avec leurs pouces.

Un jeu de baston exigeant dans l’idée, pas une pause café
Sifu s’adresse d’abord aux amateurs d’action solo qui aiment apprendre un système de combat, mémoriser des enchaînements et revenir sur leurs erreurs. Si l’idée de rejouer un passage pour conserver un héros moins âgé vous donne envie de vous accrocher plutôt que de lever les yeux au ciel, le concept a de quoi vous parler. Les joueurs équipés d’une manette y trouveront en outre une option cohérente avec ce type de jeu à la troisième personne.
À l’inverse, passez votre chemin si vous cherchez une balade sans pression, un jeu à lancer d’une main dans le métro, ou une aventure multijoueur. Tout ce qui est montré et annoncé tourne autour de combats rapprochés, de timing et de conséquences durables liées aux morts. Le cadre narratif est une campagne complète, pas une collection de petites parties indépendantes à picorer entre deux notifications.
Je n’ai pas parcouru ce portage, donc impossible de juger ici son confort tactile, son rythme ou ses performances sur les différents appareils. Mais sa promesse est au moins très lisible : transposer sur iPhone et iPad un jeu de kung-fu construit autour de la répétition, de la précision et d’un héros qui n’a pas le droit de gaspiller ses secondes vies. À 7,99 €, c’est un achat payant à envisager pour cette formule précise, pas un téléchargement gratuit à essayer machinalement.

Ce qu’il faut prévoir avant d’entrer dans le dojo
Sifu est classé 17+ et ne fait pas dans la diplomatie : les images montrent des affrontements directs, dans des bars, des couloirs ou des salles d’entraînement. Il demande un iPhone ou un iPad compatible avec la version 18 du système, ainsi qu’un peu d’espace de stockage — environ 2 Go. Quatorze langues sont proposées sur l’App Store. Pour qui cherche un jeu d’action solo consistant sur mobile, avec une vraie identité de combat plutôt qu’un habillage de machine à récompenses, c’est une arrivée à surveiller de près.
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Source : Kepler Interactive