
Il y a un geste que les jeux mobiles ont presque abandonné : pencher son téléphone comme si cela pouvait vraiment sauver son petit personnage d’une rangée de piques. Accelebot remet ce réflexe au centre de la partie, sans croix directionnelle qui cache le décor ni gros bouton de saut collé au pouce.

Le principe tient en une phrase : on guide un petit robot en inclinant l’appareil, puis on tape n’importe où à l’écran pour le faire sauter à travers des niveaux de plateforme en 2D. Le jeu est pensé en portrait et pour une seule main, un choix devenu rare dans un genre où les commandes tactiles font souvent la taille d’un cockpit d’avion.
Ce n’est pas une nouveauté sortie de nulle part : Accelebot existe depuis 2018, mais sa version 2.0 ajoute des niveaux, remanie certains parcours et donne davantage de raisons de retourner fouiller les cartes. Le jeu, signé par le développeur indépendant Robert Perez, est proposé à 0,99 € sur l’App Store. Il fonctionne sur iPhone et iPad, même si toute son idée paraît taillée pour un iPhone tenu à la verticale.
Pas de boutons, donc pas de cachette derrière le pouce
Accelebot appartient à cette vieille famille des jeux mobiles construits autour du capteur de mouvement, plutôt qu’adaptés après coup à un écran tactile. Incliner le téléphone déplace le robot latéralement ; un toucher, où qu’il soit, déclenche le saut. C’est radical : aucune commande directionnelle n’est affichée, aucune touche ne vient mordre sur l’aire de jeu.
Sur le papier, cela peut être exactement ce que cherchent les joueurs lassés des faux sticks transparents. Le jeu se destine aux trajets où une main tient la barre du métro, un café ou, plus raisonnablement, le sac. Mais il faut aussi accepter le pacte : contrôler un personnage par inclinaison n’a rien à voir avec la précision froide d’une manette. Les amateurs de platformers exigeants au pixel près voudront garder cette particularité en tête avant de passer à la caisse.
Les niveaux annoncent plusieurs chemins à explorer et des secrets dissimulés. L’écran de sélection permet désormais de visualiser ceux déjà trouvés, histoire d’éviter de retourner à l’aveugle dans chaque recoin. Chaque niveau enregistre aussi un temps total : de quoi tenter de battre sa propre marque, ou celle fixée par le développeur, sans transformer le jeu en tableau Excel sur pattes.

Un robot au milieu des couleurs et des pièges
Les captures officielles montrent un platformer à défilement horizontal, dessiné avec des formes géométriques nettes et des personnages aux contours simples. Le robot évolue entre blocs colorés, plates-formes suspendues, chaînes, mécanismes et obstacles hérissés de pointes. On aperçoit aussi des objets jaunes à ramasser, ainsi que des passages aux décors aquatiques, souterrains ou industriels.
La palette ne fait pas dans la discrétion : violet, vert, bleu, rose, orange et noir prennent tour à tour le fond de scène. En haut, des textes d’instruction apparaissent ponctuellement ; en bas, un compteur et un chronomètre accompagnent l’action. Une roue dentée et des bulles de dialogue sont également visibles selon les scènes. L’interface est en anglais, un détail à connaître pour les joueurs qui préfèrent tout lire en français.
La mise à jour ajoute aussi des accessoires cosmétiques à équiper sur le robot. Rien qui ne semble modifier les règles : c’est là pour personnaliser la petite machine, pas pour vendre l’idée d’une progression chiffrée à coups de casque rare et de bottes légendaires. Un menu rapide permet par ailleurs de couper musique et effets sonores directement pendant un niveau.

Pour les curieux du mobile pensé mobile
Accelebot vise clairement les joueurs qui veulent un jeu de plateforme conçu autour d’un téléphone, et non un jeu de console auquel on aurait greffé deux pouces virtuels. Son format portrait, son saut au toucher et son déplacement à l’inclinaison en font un candidat naturel pour de courtes sessions, ou pour ceux qui aiment chercher les passages cachés plutôt que filer droit vers la sortie.
À l’inverse, passez votre chemin si vous ne supportez pas les contrôles au mouvement, si vous jouez presque toujours à l’horizontale ou si l’anglais dans les menus vous rebute. Les images montrent des pièges et des plates-formes rapprochées : le concept demande donc d’adhérer à cette manière de diriger, pas de l’endurer en espérant qu’un pad virtuel apparaisse miraculeusement au troisième niveau.
Pour 0,99 €, Accelebot se présente comme un petit platformer indépendant au parti pris très clair, avec une mise à jour qui étoffe exploration, chronos et personnalisation. Pas besoin d’y chercher le prochain mastodonte de soixante heures : l’intérêt est ailleurs, dans cette idée presque rétro de faire pencher son iPhone pour déplacer un robot et de voir jusqu’où le jeu pousse ce geste.

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Source : Robert Perez