
La Terre est en danger, votre vaisseau est loin de chez lui, et le chemin le plus court passe forcément par une poignée de civilisations avec leurs propres catastrophes à régler. Voilà le genre de journée que propose The Captain – Pocket Edition, une aventure de science-fiction qui préfère vous poser des choix tordus plutôt que vous enfermer dans une seule route vers le générique.

Le principe tient en une phrase : vous incarnez Thomas Welmu, officier scientifique de la Spacefleet bloqué aux confins de la galaxie, porteur d’un objet capable d’arrêter une menace lancée contre la Terre, et vous devez rejoindre votre planète avant qu’il ne soit trop tard.
Un Monkey Island qui aurait embarqué dans Star Trek
The Captain vient de Sysiac, un duo suédois, et se place quelque part entre le point-and-click à l’ancienne, l’épisode spatial de série télé et le jeu d’aventure à embranchements. La filiation avec Monkey Island et Space Quest est assumée : on visite des lieux, on discute, on collecte des objets et l’on cherche une solution à des situations souvent peu orthodoxes. Sauf qu’ici, le capitaine ne se contente pas de trouver une clé rouillée pour ouvrir une porte : il peut décider du sort d’une civilisation, révéler un secret militaire ou choisir ce qu’il est prêt à sacrifier pour gagner du temps.
Chaque arrêt sur la carte galactique apporte son dilemme. Faire un détour vers un signal de détresse, tenter un trou de ver expérimental, chercher de quoi améliorer le moteur ou foncer droit vers la Terre : le jeu met en scène cette tension entre l’urgence et les problèmes qu’il devient difficile d’ignorer. Les choix annoncés ne se limitent pas à une réponse polie ou brutale dans une boîte de dialogue ; certains concernent les membres d’équipage, des factions rencontrées et les ressources du vaisseau.

Des lasers, mais pas l’obligation de jouer au héros
Des affrontements spatiaux sont aussi au programme, avec des armes et des équipements à récupérer ou acheter. Le détail intéressant, sur le papier, est qu’ils ne semblent pas constituer un mur obligatoire : il est possible d’esquiver des ennemis et de poursuivre la route. Une approche plutôt cohérente pour un scientifique propulsé commandant, et une bonne nouvelle pour ceux qui viennent chercher une aventure narrative avant un jeu de tir.
Le voyage passe également par des réparations de fortune, des améliorations de vaisseau, des équipiers potentiels et plusieurs moyens de résoudre une même situation. Le jeu annonce ainsi des parcours différents d’une partie à l’autre. Ne vous attendez donc pas à sauver tout le monde avec une répartie bien placée : le cœur du récit semble justement reposer sur les conséquences de ce que vous décidez de laisser derrière vous.
Du pixel art spatial, entre métal froid et déserts roses
Les captures donnent à cette édition mobile un visage très lisible : du pixel art 2D en vue de profil, avec défilement latéral lors de l’exploration. On y aperçoit Thomas Welmu en combinaison dans des déserts orangés ou roses, des montagnes striées, des passerelles futuristes et des intérieurs de stations métalliques organisés sur plusieurs étages. D’autres scènes baignent dans les bleus profonds et les violets, avec juste ce qu’il faut de panneaux lumineux et de machines pour rappeler qu’on ne fait pas une randonnée dans le Massif central.
L’interface affiche des icônes en haut de l’écran, un bouton pause, des indicateurs et des panneaux d’équipement. Un écran d’inventaire présente les objets sous forme de grille, ce qui annonce une place réelle laissée à la gestion des trouvailles et du matériel. Tout ce qui est visible, textes et interface compris, est en anglais. Mieux vaut donc être à l’aise avec la langue, surtout pour un jeu dont les dialogues et les décisions constituent manifestement l’essentiel.

Pour les lecteurs patients, pas pour les allergiques au texte
The Captain – Pocket Edition devrait parler en priorité aux amateurs d’aventures narratives qui aiment fouiller un décor, peser une réponse et accepter qu’une bonne intention puisse créer un problème plus gros deux systèmes solaires plus loin. Les fans de science-fiction rétro, de pixel art et de jeux à choix ont ici un titre à surveiller, notamment si l’idée d’éviter un combat au lieu de nettoyer chaque écran vous paraît saine.
À l’inverse, passez votre chemin si vous cherchez un jeu d’action immédiat, des sessions sans lecture ou une interface entièrement traduite en français. Ce n’est pas un rogue-lite à récompenses toutes les trente secondes : son carburant, ce sont les conversations, les détours et les conséquences annoncées par son scénario.
Le jeu est vendu 7,99 € sur l’App Store, sans achats intégrés ni abonnement. Il fonctionne sur iPhone et iPad sous iOS ou iPadOS 15.6 au minimum, pèse environ 1,3 Go et est classé 12+. C’est un billet d’entrée plus élevé qu’un petit jeu mobile gratuit, mais au moins le modèle est net : vous achetez l’aventure, pas une réserve de cristaux pour réparer le réacteur.

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Source : Experimental Gameplay Group