
Avant les smartphones, il y avait les PDA Palm : des petits rectangles gris où chaque pixel comptait. MONSTA vient de cette époque-là, et ne cherche pas à la maquiller sous trois couches d’effets modernes. Le voilà de retour sur iPhone, iPad et Mac avec ses salles pleines de pièges, ses bestioles mutantes et son héros chauve qui avance armé jusqu’aux dents.

Le principe tient en une phrase : vous déplacez Joe case par case dans des niveaux fermés, en utilisant armes, objets et positionnement pour éliminer les monstres avant qu’ils ne vous coincent.
C’est donc du tactique au tour par tour très compact, quelque part entre le jeu de plateau et le shoot en pixel art. Chaque action laisse aux ennemis l’occasion de réagir, ce qui pousse à regarder la pièce avant de foncer vers la prochaine porte. Les monstres annoncés n’ont pas tous le même comportement, et les pièges font aussi partie du décor : flammes, couloirs étroits, obstacles et caisses transforment une petite salle en problème à résoudre.
Un vieux jeu qui n’essaie pas de cacher ses pixels
Les captures officielles montrent exactement ce que MONSTA revendique : de la 2D en pixel art, avec un affichage vertical et des tableaux fixes vus du dessus, parfois avec une légère perspective. Les fonds noirs font ressortir des murs bleus, des mécanismes métalliques, des portes orange et des ennemis verts, violets ou gris. Ce n’est pas du rétro décoratif ajouté après coup : le jeu a été conçu à l’origine avec les contraintes de machines bien moins puissantes que nos téléphones.
L’interface ne fait pas dans le minimalisme contemporain. En haut de l’écran s’alignent score, cœurs, munitions et compteurs, tandis que des commandes tactiles circulaires apparaissent en bas. L’écran-titre affiche un très direct « TAP TO PLAY », et l’ensemble reste en anglais. Les joueurs allergiques aux interfaces chargées ou à la lecture en anglais auront une raison très nette de passer leur chemin.

MONSTA annonce plus de 50 niveaux répartis dans dix environnements, treize types de monstres, trois familles d’armes et des bonus à récupérer. Les objectifs visibles ne se limitent pas à vider une salle : l’un des écrans demande par exemple de trouver une hache. Ce genre de consigne donne au parcours une petite couche d’exploration, sans faire de MONSTA un jeu d’aventure à monde ouvert. On est dans des niveaux construits à la main, pièce après pièce, pas dans une succession de couloirs générés à l’infini.
Un ancêtre des petits roguelikes tactiques
Il y a quelque chose d’assez amusant dans ce retour : les limites techniques qui imposaient un jeu au tour par tour sur Palm ressemblent aujourd’hui à un choix de design très actuel. MONSTA n’est pas présenté comme un roguelike, mais son mélange de salles, de positionnement, d’objets et de prise de décision parlera aux joueurs qui aiment peser chaque déplacement plutôt que mitrailler un écran.
La version actuelle ajoute d’ailleurs une information utile à la lecture du plateau : toucher un monstre conserve brièvement à l’écran son énergie et ses déplacements. Une correction empêche aussi de récupérer indéfiniment des mouvements supplémentaires via certains objets et pièges. Ce n’est pas une nouvelle campagne, mais cela touche directement aux règles de ses affrontements.

Je ne l’ai pas installé, donc inutile de vous vendre une difficulté parfaite ou des combats impeccables. Ce qui ressort, en revanche, est très lisible : MONSTA vise les amateurs de jeux tactiques courts, de pixel art historique et de règles qui semblent simples avant de se compliquer dans une salle remplie d’ennemis. Si vous cherchez une production mobile en 3D, des cinématiques ou une traduction française, regardez ailleurs.
Le jeu est proposé gratuitement sur l’App Store et pèse à peine 27 Mo. Il fonctionne sur iPhone, iPad et Mac, avec une version système 15.6 au minimum indiquée, et porte une classification 12+. Il permet de jouer aussi bien en portrait qu’en paysage. Pour qui aime fouiller les curiosités du jeu mobile d’avant l’iPhone plutôt que collectionner les nouveautés interchangeables, ce retour a au moins une vraie personnalité.

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Source : Superverse Industries