
Un orgue géant suspendu au-dessus d’un champ de bataille, ce n’est pas exactement le décor qu’on attend d’un jeu de survie post-apocalyptique. C’est pourtant l’idée derrière Dissonant Resonance, la cinquième saison annoncée pour Once Human : dans ce monde où les objets ordinaires ont déjà pris de mauvaises habitudes, le son devient une arme, une menace et un compte à rebours.

Le principe tient en une phrase : vous explorez des zones frappées par des anomalies sonores, récupérez des notes laissées par les ennemis pour obtenir des bonus, puis affrontez à quatre un colosse avant la fin de sa musique.
Je n’ai pas installé cette saison : voici ce que l’annonce et les visuels du studio permettent de cerner. Once Human reste ce mélange de survie, de construction de base et de jeu de rôle en ligne où l’on récupère des ressources, fabrique son arsenal et apprivoise des anomalies plutôt que de simplement leur vider un chargeur dessus. Dissonant Resonance ne semble pas changer cette colonne vertébrale ; elle lui greffe une couche musicale franchement étrange. Et, pour une fois, « étrange » n’est pas un mot décoratif.
Un raid où la bande-son sert de sablier
La pièce maîtresse annoncée est un Léviathan-orgue, une énorme créature mécanique qui surveille les combats et modifie les conditions de la zone selon les actions des joueurs. Le combat de raid à quatre contre ce mastodonte repose sur une contrainte très claire : il faut le vaincre avant la fin du morceau. Les changements du combat seraient eux-mêmes liés à la piste musicale. Sur le papier, c’est moins une simple barre de vie à faire descendre qu’un affrontement rythmé par une partition qui ne vous attendra pas.
Autour de cette créature, les Anomaly Zones doivent représenter des émotions, de la joie à la peur, avec leurs ambiances sonores dédiées. En éliminant des ennemis, les joueurs récupèrent des notes qu’il faut tirer pour alimenter des améliorations basées sur le son et composer une sorte de partition apocalyptique. Des effets cachés sont aussi évoqués. Voilà le genre de système qui parlera aux joueurs prêts à observer les règles d’un événement plutôt qu’à foncer droit sur le marqueur de mission.

Le registre visuel montré par Once Human colle bien à ce programme : une 3D réaliste et très mise en scène, entre ciels bleus chargés d’orage, mers lumineuses et éclats rouges beaucoup plus inquiétants. Les captures montrent des silhouettes humaines face à des créatures difformes, une structure mécanique rouge suspendue dans le vide, mais aussi un navire-base, un radeau chargé de matériel et des rivages bordés de palmiers. Ce n’est pas la friche grise obligatoire du post-apo : le jeu préfère les paysages côtiers et les couleurs qui jurent entre elles.
Le post-apo, puis le dragon pastel
Parce qu’un Léviathan-orgue ne suffisait visiblement pas, cette période doit aussi accueillir une collaboration avec Nailoong, un petit dragon dodu connu en Asie. Attendez-vous donc à des cosmétiques pastel au milieu des monstres et des paysages sinistres. Le grand écart est assumé, mais il ne plaira pas à tout le monde : certains joueurs français regrettent déjà que les apparences ajoutées s’éloignent trop de l’univers post-apocalyptique. Ceux qui aiment personnaliser leur personnage avec des tenues voyantes y verront au contraire une respiration bienvenue entre deux expéditions.
Cette saison s’inscrit après les contenus maritimes actuellement mis en avant dans le jeu, avec les Îles de l’Abîme, leur zone PvP sur l’océan, une arme SCAR et de nouveaux éléments d’équipement. Les images disponibles montrent justement beaucoup d’eau, de bâtiments flottants et de matériel de survie embarqué. Once Human ne se contente donc pas de déplacer ses joueurs dans un terrain vague : son monde passe aussi par les côtes, les plateformes et les traversées.

À qui cette dissonance peut parler
Once Human vise clairement les amateurs de survie connectée qui aiment alterner récolte, artisanat, construction, exploration et coopération. Si vous cherchez un jeu où bâtir un refuge avec des amis compte autant que partir chasser une anomalie, le programme est cohérent. La saison Dissonant Resonance devrait particulièrement intriguer ceux qui aiment les événements aux règles thématiques et les raids où il faut coordonner un petit groupe.
En revanche, passez votre chemin si votre idée du jeu mobile est une session solitaire de dix minutes, sans inventaire, sans base et sans systèmes à retenir. Les joueurs allergiques aux événements temporaires, au PvP ou aux cosmétiques tape-à-l’œil risquent également de trouver le cocktail trop chargé. Le jeu est classé 17+, ce qui n’a rien de surprenant au vu des créatures et de son imaginaire de catastrophe organique.
Les retours App Store invitent aussi à ne pas télécharger les yeux fermés. La note globale affichée est de 4,44/5 sur un peu plus de mille avis, mais les témoignages français récents sont beaucoup plus partagés : certains saluent le craft, le multijoueur et l’atmosphère, tandis que d’autres rapportent des erreurs réseau, des lancements impossibles ou une progression perdue après une mise à jour. Ce ne sont que des expériences individuelles, pas un diagnostic définitif, mais elles méritent d’être gardées en tête pour un jeu en ligne de cette taille.

Gratuit, mais pas léger dans tous les sens du terme
Once Human est téléchargeable gratuitement sur iPhone et iPad, avec des achats intégrés et un Meta Pass mensuel affiché à 4,99 dollars. Il demande au minimum iOS 13 et pèse environ 3,8 Go avant les éventuels fichiers supplémentaires : mieux vaut donc prévoir de l’espace libre et une connexion solide avant de partir écouter l’apocalypse jouer de l’orgue. L’interface visible dans les captures est en anglais, même si le jeu propose dix langues au total.
Dissonant Resonance a été annoncée pour le 19 novembre. Son idée centrale a au moins le mérite d’être lisible : dans Once Human, les monstres ne font plus seulement du bruit ; ils imposent le tempo. À vous de voir si cette partition de survie mérite une place sur votre iPhone ou votre iPad.