
Dans le cadre de son interminable procès contre Apple, Epic Games semble redoubler d’efforts pour retrouver sa place sur l’App Store. Tim Sweeney, le CEO d’Epic, a une manière bien à lui de tourner ses victoires judiciaires en faveur de la communication de l’entreprise.
La semaine dernière, Epic a annoncé avoir obtenu une nouvelle chance pour faire entendre sa voix au tribunal, après une victoire limitée qui pourrait se transformer en opportunité médiatique. L’affaire Epic Games contre Apple, si elle est emblématique, repose en grande partie sur une mise en scène soigneusement orchestrée.
En effet, Epic savait pertinemment que sa mise à jour de Fortnite, incluant un système de paiements intégré contournant les règles des deux géants, entraînerait son éviction. D’après des documents de la cour, la société a préparé son plan, connu sous le nom de Project Liberty, bien avant l’implémentation de cette stratégie.
Ce geste audacieux de contournement a contribué à la décision de la juge Yvonne Gonzalez Rogers de donner à Apple le pouvoir de décider du retour de Fortnite sur la plateforme.
Peu après le jugement initial, Sweeney a accusé Apple de mensonge concernant sa volonté de réintégrer Fortnite si d’autres développeurs suivaient les règles du jeu. En réponse, il a affirmé qu’Epic était prêt à se conformer, tout en maintenant qu’Apple continuait à refuser de restaurer le jeu, ce que Sweeney a qualifié d’« abus de pouvoir monopolistique ».
Les échanges entre Epic et Apple suggèrent toutefois que cette offre de conformité était conditionnelle : Epic souhaitait que l’App Store permette des liens vers d’autres méthodes de paiement sans obstacles ou conditions contraignantes.
Bien que cette demande semble raisonnable au premier abord, dans le contexte, elle apparaît comme une manœuvre médiatique visant à donner une impression de contrôle à Epic. Dans les mois suivants, Sweeney a continuellement qualifié les procédures judiciaires de victoires indiscutables pour Epic, même lorsque les tribunaux confirmaient majoritairement la position d’Apple.
La juge Gonzalez Rogers a récemment programmé une nouvelle audience pour le 27 mai, signalant qu’Apple n’a toujours pas reçu de suspension de son propre appel et soulignant sa capacité à résoudre ce litige sans nouveau briefing.
Selon les termes de la cour, un responsable d’Apple devra se présenter personnellement si la situation n’est pas réglée avant l’audience. Comme toujours, Epic saura exploiter chaque avancée procédurale pour alimenter son récit sur l’abus de pouvoir des plateformes et la liberté des utilisateurs.