
Le bras de fer autour du Digital Markets Act (DMA) ne se joue plus seulement entre Apple et Bruxelles. D’après Reuters, 25 élus républicains américains ont écrit à Donald Trump pour lui demander d’utiliser les outils commerciaux des États-Unis contre l’Union européenne, en estimant que ses règles numériques pénalisent injustement les groupes technologiques américains.
La lettre, consultée par Reuters le 21 juillet, a notamment été signée par sept membres de la sous-commission du commerce de la Chambre des représentants. Les signataires décrivent le DMA comme un ensemble de pratiques « anticoncurrentielles » et accusent l’Union européenne d’imposer une forme de pression réglementaire et économique aux entreprises américaines.
Apple explicitement citée parmi les entreprises visées
Selon Reuters, le courrier mentionne directement Apple, Amazon et Meta, toutes désignées comme « gatekeepers » dans le cadre du DMA. Pour les élus, cette qualification illustre un ciblage des grands groupes américains.
Le texte évoque aussi un possible élargissement du cadre européen aux activités cloud d’Amazon et de Microsoft. Les parlementaires affirment qu’une telle extension ferait peser des contraintes réglementaires très lourdes sur ces entreprises, alors que des concurrents européens et chinois ne seraient pas soumis aux mêmes obligations.
Autre point mis en avant : l’absence de Temu et d’AliExpress dans ce cadre. Les élus rappellent que le DMA s’appuie notamment sur le nombre d’utilisateurs européens et y voient une application déséquilibrée des règles entre entreprises américaines et concurrentes étrangères.
La Maison Blanche poussée à lancer des enquêtes commerciales
Les signataires demandent aux États-Unis d’utiliser « tous les outils disponibles », y compris la Section 301 du Trade Act de 1974, rapporte Reuters. Ce mécanisme permet d’ouvrir des enquêtes sur des pratiques commerciales considérées comme déloyales et peut déboucher sur l’imposition de droits de douane.
Reuters rappelle que Donald Trump avait déjà menacé en septembre 2025 de recourir à cette voie, en accusant l’Europe de s’en prendre de façon injuste à des entreprises américaines comme Apple.
En face, Thomas Regnier, porte-parole de la Commission européenne, a déclaré à Reuters que l’Union européenne a le droit souverain de réglementer les activités économiques menées sur son territoire. Il a également défendu une application « juste et non discriminatoire » des règles numériques européennes.
Ce que ça change
Pour Apple, cette offensive politique ne modifie pas les obligations déjà en place en Europe. L’entreprise a déjà dû adapter l’App Store sur le continent, notamment en ouvrant la porte aux boutiques d’applications tierces, et Reuters rappelle que certains services comme Apple Maps et Apple Ads ne sont pas couverts par le DMA.
Pour les utilisateurs européens, le point clé reste donc le même : les changements concrets sur iPhone et sur l’App Store dépendent d’abord des décisions de la Commission européenne. En revanche, il faut surveiller une possible montée des tensions commerciales entre les États-Unis et l’Union européenne, car le dossier Apple dépasse désormais le seul cadre de la concurrence numérique.
À lire aussi
Source : Reuters