
Apple garde des arguments solides, mais deux de ses moteurs financiers pourraient devenir moins favorables. Dans une note, l’analyste Erik Woodring de Morgan Stanley a abaissé son objectif de cours sur l’action Apple de 364 à 360 dollars, tout en maintenant sa recommandation « Overweight ». Cette correction s’accompagne d’une estimation de bénéfice par action pour l’exercice fiscal 2027 ramenée de 10,39 à 10 dollars.
Le nouvel objectif de 360 dollars repose sur une prévision de 10,30 dollars de bénéfice par action pour l’année civile 2027 et sur un multiple d’environ 35 fois les bénéfices, inchangé. Pour Morgan Stanley, l’iPhone reste le principal soutien du dossier Apple, tandis que les Services et les marges brutes appellent désormais davantage de prudence.
L’iPhone et le Mac portent encore les résultats
Apple a enregistré 109,4 milliards de dollars de chiffre d’affaires au troisième trimestre fiscal, soit une progression de 16 % sur un an. L’iPhone a atteint 54,3 milliards de dollars de ventes, un record pour un trimestre de juin, tandis que le Mac a progressé de 29 %.
Erik Woodring relève également les records annoncés par Apple pour sa base installée active et pour le nombre de clients remplaçant leur appareil. Ces indicateurs pourraient traduire des cycles de renouvellement plus courts, ce qui serait favorable aux ventes de matériel. Morgan Stanley estime par ailleurs que la demande dépasse les prévisions précédentes d’Apple, même si les contraintes sur les puces avancées de 3 nm et de faibles stocks dans la distribution pourraient limiter le potentiel immédiat.
Les Services progressent, mais moins vite qu’espéré
Les Services ont rapporté 30,7 milliards de dollars à Apple sur le trimestre, en hausse de 12 % sur un an. Cette croissance reste importante, mais elle est inférieure au consensus de 14,6 % suivi par Morgan Stanley. La banque prévoit environ 9,5 % de croissance au trimestre de septembre, ce qui marquerait un passage sous les 10 % pour la première fois depuis le trimestre de juin 2023.
Selon l’analyse de Morgan Stanley, les devises expliqueraient une large part du ralentissement. L’App Store serait aussi moins dynamique, notamment dans les jeux mobiles, sur fond de calendrier de sorties irrégulier, de litiges et d’évolution des modèles économiques dans certains pays. La marge brute des Services est passée de 76,7 % en mars à 75,6 % en juin, un recul qui suggère que l’App Store ne tire plus autant la rentabilité du segment.
Des mémoires plus coûteuses à surveiller
Pour le trimestre de septembre, Apple prévoit une marge brute comprise entre 47 % et 48 %. Morgan Stanley estime que les remboursements liés aux droits de douane représenteraient environ un point de cette fourchette : hors cet effet, le niveau médian serait proche de 46,5 %, soit environ 1,5 point sous la marge du trimestre de juin.
D’après la direction d’Apple, l’augmentation du coût des mémoires expliquerait à elle seule plus que la totalité de la baisse séquentielle attendue. Les économies réalisées sur d’autres composants et un meilleur mix de ventes ne compenseraient donc pas entièrement cette pression.
Ce que ça change
Pour les utilisateurs, ces données ne signalent pas une baisse de la demande pour l’iPhone ou le Mac. Elles montrent surtout qu’Apple devra préserver ses marges malgré des composants plus chers, tout en relançant l’élan de ses Services, dont l’App Store est une pièce importante.
Pour le marché, les prochains résultats permettront de vérifier si le ralentissement des Services reste temporaire et si les coûts de mémoire pèsent durablement sur la rentabilité. Morgan Stanley n’observe pas encore d’effet mesurable de l’IA sur la demande de produits Apple ou sur les revenus des Services.
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Source : Erik Woodring (Morgan Stanley) — note d’analyste