
Un aquarium, un chalet de ski, la maison de mamie… et, quelque part entre deux fauteuils et une plante verte, quelqu’un qui a très mal fini sa journée. Roomers prend la logique à grilles, cousine du sudoku, et lui colle un imperméable de détective : au lieu d’aligner des chiffres, vous placez des suspects sur le plan d’un lieu pour identifier le coupable.

Le principe tient en une phrase : chaque ligne et chaque colonne doit accueillir une seule personne, les indices éliminent progressivement les mauvaises positions, et le meurtrier est celui qui se retrouve seul dans la même pièce que la victime. Pas besoin de deviner un mobile alambiqué ou de retenir les alibis de quinze aristocrates : ici, le crime se résout case après case.
Un Cluedo de papier quadrillé, sans le dé
Roomers ne semble pas chercher à raconter une grande enquête continue. Chaque dossier est avant tout une grille logique autonome, avec son décor, ses personnages et ses règles de placement. Les premiers plateaux annoncés sont en 6 × 6, tandis que les casse-têtes les plus corsés montent en 8 × 8. Le studio promet une solution unique pour chaque affaire : en théorie, tout doit donc pouvoir être déduit à partir des indices déjà visibles, sans tirage au sort ni pari au doigt mouillé.
Les captures officielles donnent une idée très nette de l’objet. On joue en vue de dessus sur un plan quadrillé, découpé en pièces et peuplé de petits pictogrammes de meubles, d’animaux ou d’éléments de décor. Des cartes d’indices, avec portraits et noms des suspects, encadrent la grille. La barre du haut affiche le lieu — on aperçoit notamment Gallery Night et The Aquarium —, des icônes de suivi et un chronomètre. Au moment de conclure, une fenêtre « Who did it? » propose plusieurs noms : c’est l’instant où votre tableau d’éliminations doit tenir debout.
L’ensemble adopte des couleurs crème, gris bleuté, vert pâle, jaune et rose, avec des illustrations 2D très simples. Rien à voir avec un polar noir trempé sous la pluie : on est plutôt dans le carnet d’enquête posé sur une table de cuisine. Les visuels actuellement montrés sont en anglais, mais le jeu adapte aussi ses textes et indices à l’espagnol selon la langue de l’appareil.

De quoi enquêter gratuitement, puis longtemps si affinités
Roomers est gratuit au téléchargement sur iPhone et iPad sous iOS ou iPadOS 17 minimum. Le jeu inclut plus de quarante dossiers conçus à la main, répartis dans une vingtaine de décors, ainsi qu’une enquête quotidienne identique pour tous les joueurs. C’est une proposition assez propre pour savoir si cette mécanique vous parle avant de sortir la loupe.
Un achat unique, Roomers Unlimited, ouvre ensuite l’archive des affaires quotidiennes manquées et un générateur de mystères à la demande, avec le niveau de difficulté choisi. Le studio annonce ni publicité, ni abonnement, ni compte obligatoire, et un fonctionnement hors ligne. C’est le bon modèle pour un jeu de logique : vous pouvez picorer le dossier du jour sans pression, puis acheter le reste seulement si vous avez pris l’habitude de remplir une grille dans le métro ou avant de dormir.
La version actuelle ajoute aussi des trophées, un rangement des affaires résolues et des réglages de confort. Surtout, les indices gratuits et illimités avancent par étapes : ils indiquent d’abord quel suspect examiner, puis dans quelle pièce chercher, avant de révéler la case exacte si nécessaire. Une option permet de les couper complètement pour celles et ceux qui préfèrent se faire violence devant une contradiction oubliée.

Pour les gens qui entourent déjà des cases au crayon
Roomers vise clairement les amateurs de sudoku, de grilles de logique et de jeux d’élimination plus que les détectives en quête d’une aventure narrative. Si vous aimez partir de « Boris ne peut pas être dans la galerie » pour finir par coincer Boris dans la seule case restante, le mélange enquête-meurtre donne un habillage malin à une mécanique très lisible. Les notes, l’annulation, le marquage automatique et les différents niveaux de mise en évidence des indices vont dans ce sens.
À l’inverse, passez votre chemin si vous attendez des interrogatoires, des dialogues à choix, une histoire policière développée ou des scènes de crime à explorer librement. Le meurtre est le thème de la grille, pas le prétexte à un thriller façon visual novel. Même verdict pour les allergiques aux tableaux : les captures montrent bien que l’essentiel de l’écran reste une matrice de cases, de symboles et de contraintes.
Le jeu prévoit par ailleurs VoiceOver, des repères dédiés à la grille, une taille de texte dynamique, des options de contraste et la différenciation sans couleur. Sur iPad, l’interface peut s’afficher en portrait comme en paysage, ce dernier plaçant les cartes d’indices à côté du plateau. Roomers n’invente pas le puzzle logique, mais il lui trouve un décor plus vivant que des rangées de chiffres. Voilà le genre de petit jeu à garder sous le coude si résoudre une énigme vous détend davantage que regarder encore trois vidéos de chats.

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Source : Luis Espinal