
Le bouton FIGHT n’attend qu’une chose : que vous assumiez enfin l’armée bancale que vous venez de bricoler. Dans Knightica, le combat se déroule automatiquement, mais tout ce qui le précède — recrutement, placement, orientation des unités et choix de parcours — repose sur vous. C’est un autobattler roguelike qui essaie de déplacer le vrai jeu avant la bataille plutôt que pendant.

Le principe tient en une phrase : à chaque étape, vous bâtissez une formation de soldats et de créatures, vous déclenchez l’affrontement, puis vous adaptez votre armée aux opportunités et aux menaces de la suite. Chevaliers, troupes de mêlée, unités à distance, morts-vivants et mages peuvent entrer dans la même boîte à outils. L’idée n’est pas de lancer des pouvoirs au bon moment, mais de préparer un dispositif qui tient debout quand les projectiles commencent à voler.
Un auto-battle où le plateau compte avant le spectacle
La particularité de Knightica, c’est de traiter les unités comme les pièces d’une petite armée plutôt que comme une simple rangée de cartes à collectionner. Le jeu propose de les placer sur le terrain et de les faire pivoter afin d’exploiter leurs rôles. Une ligne de front peut protéger les personnages fragiles ; des attaquants à distance peuvent tirer depuis l’arrière ; les combinaisons entre factions et types de troupes doivent devenir le cœur de vos décisions. Les unités affichent leurs indicateurs chiffrés et leur santé, ce qui devrait permettre de lire la situation sans deviner derrière un rideau de particules.
La structure roguelike ajoute le reste du bazar : choix d’un commandant, recrutement de nouvelles troupes, objets, enchantements et âmes démoniaques à récupérer, mais aussi embranchements sur la carte. Une boutique étrange peut vous tendre les bras quand un démon d’élite bloque une autre voie. Le studio met également en avant la gestion de l’économie, l’amélioration des soldats et la recherche de synergies. Voilà le nerf du titre : construire une machine de guerre cohérente, pas simplement empiler les combattants les plus rares.

Des cavernes très colorées, vues de biais
Les captures officielles montrent un jeu en 2D illustrée, avec une caméra en plongée oblique sur des plateaux découpés en zones de placement. L’ambiance mélange cavernes sombres, rochers, racines et végétation avec une palette qui ne fait pas dans la discrétion : bleus, verts, violets et roses illuminent les combats. Au centre de l’écran, les unités s’agglutinent, les tirs traversent le terrain et les effets lumineux accompagnent les affrontements. Une grosse créature violette, des chevaliers et plusieurs monstres fantastiques donnent à l’ensemble un parfum de fantasy cartoon plutôt qu’une reconstitution médiévale grise et boueuse.
L’interface, elle aussi très visible, place icônes et compteurs dans la partie haute, tandis que cartes ou unités patientent en bas. Des boutons FIGHT et CONTINUE encadrent les séquences, et un panneau en bois sert notamment à présenter des troupes ou objets. Les visuels affichent une interface en anglais ; c’est à garder en tête si vous préférez que chaque description d’objet et chaque statistique soient traduites en français.
Une campagne, puis de quoi recommencer autrement
Knightica annonce une traversée de royaumes peuplés d’ennemis variés, de boss et de commandants à affronter. Au-delà de la progression principale, deux activités sont citées : une Arène face à différentes stratégies de commandants, et un mode de survie contre des vagues de démons. Sur le papier, cela donne plusieurs cadres pour réutiliser les mêmes familles d’unités sans forcément construire la même formation à chaque tentative.
Je ne vais pas vous vendre un verdict de test sur l’équilibrage de ces modes, la variété réelle des choix ou la difficulté des boss : ce sont précisément les points que seules des parties permettent de mesurer. Ce qui est clair, en revanche, c’est que Knightica ne vise pas les amateurs d’action immédiate. Si vous voulez contrôler directement un héros et sauver une esquive à la dernière seconde, passez votre chemin. Si vous aimez passer plus de temps à régler une ligne de front, à sacrifier une place pour un mage ou à choisir entre un bonus et un combat risqué, le programme est nettement plus dans vos cordes.

5,99 € pour les stratèges patients
Knightica est un jeu payant à 5,99 €, disponible sur iPhone et iPad. Il nécessite iOS ou iPadOS 17 au minimum et réclame environ 720 Mo d’espace de stockage. La classification est fixée à 9 ans et plus. Ce tarif le place d’emblée loin des jeux gratuits qui vous demandent de revenir toutes les trois heures pour ouvrir un coffre : ici, l’achat initial est le ticket d’entrée pour une fantasy tactique construite autour de ses choix de formation.
Le titre vient tout juste de sortir, et un commentaire français publié le 9 septembre le qualifie d’« addictive ». C’est un enthousiasme isolé, pas un baromètre suffisant pour rendre un jugement définitif. Mais pour qui cherche un jeu de stratégie à petites armées, avec une couche roguelike et un vrai intérêt accordé au placement, Knightica mérite au moins d’être regardé de près avant de recruter votre premier squelette.
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Source : Goblinz Studio SAS