
Il suffit parfois d’un carrefour mal placé pour condamner tout un quartier. Dans Mini Motorways, c’est même le cœur de l’affaire : relier les maisons et les bâtiments qui apparaissent sur une carte, tracer des routes, poser des ponts et éviter que les petites voitures colorées ne finissent par former une file indienne sans fin. Le prochain terrain de jeu annoncé emmène ce casse-tête routier à Singapour, avec Marina Bay et le Merlion dans le décor.

Le principe tient en une phrase : vous dessinez, vue du ciel, le réseau qui doit absorber les déplacements d’une ville qui grossit constamment, en choisissant où dépenser vos autoroutes, ronds-points et autres améliorations limitées.
Une métropole construite autour de l’eau
Singapour arrive comme une carte choisie par les joueurs. L’idée n’est donc pas de reproduire chaque rue de la cité-État, mais d’en reprendre les repères : une métropole très dense, la baie de Marina et sa mascotte mi-lion mi-poisson. Là où Istanbul mettait récemment l’accent sur le franchissement de voies d’eau entre deux rives, Singapour devrait proposer un autre type de puzzle urbain, avec ses quartiers à raccorder et ses trajets à faire circuler jusqu’au front de mer.
Le studio annonce aussi la prise en charge complète du te reo māori, la langue autochtone de Nouvelle-Zélande. Ce n’est pas le genre d’ajout qui modifiera votre plan de circulation si vous jouez en français, mais c’est une extension de localisation qui compte pour un jeu né chez Dinosaur Polo Club, studio néo-zélandais.
Visuellement, Mini Motorways reste très loin du simulateur municipal qui vous noie sous les tableaux Excel. Les captures montrent des cartes 2D minimalistes, en vue de dessus : aplats pastel, bâtiments géométriques de toutes les couleurs, petites maisons, rivières bleu vif et routes qui serpentent entre les blocs. Des véhicules assortis aux destinations circulent sur les tracés. À gauche, une barre verticale rassemble les commandes ; les compteurs de ressources, le jour et une horloge encadrent la carte. L’interface est proposée en français.

Le jeu de stratégie pour les amateurs de feutres et de panique
Mini Motorways appartient à cette famille de puzzles de gestion qui donne l’impression de dessiner tranquillement au feutre, puis vous présente l’addition sous la forme d’un bouchon monstrueux. Les villes évoluent au fil de la partie, les nouveaux bâtiments créent des demandes et les améliorations ne sont pas illimitées. Une autoroute peut sauver une liaison lointaine ; un rond-point peut désengorger une zone ; un pont devient vite indispensable dès que l’eau coupe la carte. Ou pas : c’est précisément là que vos choix de planificateur sont mis à contribution.
Le titre ne se limite pas au mode classique. Le mode Créatif permet de bâtir sans plafond de ressources, pour ceux qui veulent refaire un réseau jusqu’à ce qu’il ressemble enfin à quelque chose. Le mode Sans fin prolonge une ville après la fin d’une partie, tandis que le mode Expert ajoute notamment des routes définitives et des améliorations plus rares. Des défis quotidiens et hebdomadaires servent enfin de terrain commun pour comparer ses plans avec ceux des autres joueurs.
Cette formule parlera très clairement aux gens qui aiment optimiser un système simple, recommencer une carte et observer comment quelques bifurcations changent tout. Si votre plaisir est de résoudre un problème spatial plutôt que de gérer des budgets, des habitants et des impôts, c’est le bon versant de la simulation urbaine. En revanche, passez votre chemin si vous cherchez une grande ville à explorer en 3D, une campagne scénarisée ou un city-builder réaliste : ici, les immeubles sont surtout des sources et des destinations à connecter.

Le tactile, point sensible chez certains joueurs
Les retours d’utilisateurs français dessinent un tableau moins uniforme que les jolies cartes colorées. Plusieurs joueurs saluent un puzzle « relaxant » et reviennent pour les scores ou les défis. D’autres racontent des problèmes bien plus irritants : suppression accidentelle d’une autoroute sur écran tactile, zoom indisponible après une mise à jour, ralentissements ou fermetures lorsque le réseau devient dense. Un avis reproche également des cartes jugées trop petites et une stratégie limitée.
Ce sont des témoignages individuels, publiés sur différentes versions, pas un diagnostic sur l’état actuel du jeu. Ils méritent toutefois d’être gardés en tête si vous jouez surtout sur iPhone et que la précision du geste est votre bête noire. Les captures confirment en tout cas que l’essentiel de l’action se concentre sur une carte où chaque trait compte ; un iPad offrira mécaniquement davantage d’espace pour lire ce réseau, même si le jeu est aussi compatible iPhone.
Mini Motorways fait partie d’Apple Arcade : il n’y a donc pas de prix à l’unité ni d’achats intégrés à prévoir, mais il faut un abonnement au service. Le jeu fonctionne sur iPhone et iPad sous iOS ou iPadOS 13 au minimum, pèse environ 191 Mo et convient à tous les âges. Singapour donnera surtout une carte supplémentaire à ceux qui avaient déjà fait le tour des précédentes villes ; pour les curieux, c’est une porte d’entrée nette dans un puzzle de circulation aux règles lisibles et aux conséquences parfois très, très embouteillées.

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Source : Dinosaur Polo Club