
Un château minuscule, neuf souverains qui se regardent de travers et une poignée de cartes capables de faire basculer une bataille : 9 Kings part d’un terrain que les amateurs de builds absurdes connaissent bien. L’idée est de fabriquer une combinaison si solide — ou si tordue — qu’elle finit par avaler les armées adverses.

Le principe tient en une phrase : vous choisissez l’un des neuf rois, posez des cartes pour agrandir sa citadelle, recruter ses forces et lancer ses sorts, puis tentez de survivre aux attaques tout en récupérant les cartes des rivaux vaincus.
Le jeu de Playdigious arrivera le 8 octobre dans Apple Arcade. Il faudra donc un abonnement au service d’Apple, plutôt qu’un achat à l’unité ou une monnaie virtuelle à empiler, et il sera jouable sur iPhone et iPad à partir d’iOS ou iPadOS 15. Comptez environ 630 Mo d’espace libre.
Un kingdom builder qui préfère les mauvais coups propres
9 Kings se place quelque part entre le deckbuilder roguelike, l’autobattler et le jeu de construction de royaume. Le plateau est à développer case après case : bâtiments, tours, unités et améliorations doivent trouver leur place. Les cartes ne servent donc pas seulement à déclencher une attaque depuis un menu ; elles modifient directement l’organisation du territoire et les forces qui le défendent.
Chaque roi promet son propre angle d’attaque. L’un joue l’or et les mercenaires, un autre les forces naturelles, le temps, la magie noire ou des hordes de diablotins. Le cœur du jeu semble être là : prendre les cartes pillées chez les huit adversaires et les greffer à son jeu de départ pour construire des synergies. Une tour qui améliore des unités, un sort qui multiplie un effet, une ressource qui finance une armée… le genre de mécanique qui parle immédiatement aux gens ayant passé trop de soirées sur Balatro à chercher le combo qui casse tout.
Les manches s’inscrivent dans une structure roguelike : les ennemis gagnent en puissance, les événements viennent déranger les plans, et chaque tentative doit composer avec les choix effectués en route. Un mode Quête ajoute des défis et des territoires à conquérir. Le jeu prévoit aussi du multijoueur asynchrone pour se mesurer aux huit autres rois, ainsi que de la personnalisation cosmétique et des succès Game Center.

Du pixel art, mais avec beaucoup de choses à surveiller
Les captures officielles montrent un pixel art 2D en vue isométrique, avec un plateau quadrillé vu en diagonale. Forêts, plans d’eau, bâtiments et petites créatures occupent l’espace, tandis que des effets colorés éclatent autour des unités pendant les combats. Certaines scènes baignent dans des bleus-verts froids, d’autres dans des rouges et des oranges de champ de bataille.
L’interface ne cherche pas à cacher qu’il y a des chiffres à gérer : compteurs et icônes de ressources bordent l’écran, les cartes attendent en bas pendant les affrontements, et le bouton pause reste en haut à droite. Les écrans de sélection affichent, eux, les cartes illustrées en grand. Bonne nouvelle pour les joueurs français : les visuels fournis montrent une interface localisée en français, parmi les 26 langues annoncées.
Sur un écran d’iPhone, ce type de stratégie peut vite devenir une petite table de calcul où l’on pince les yeux plus qu’on ne pose des bâtiments. 9 Kings annonce une interface spécifiquement revue pour le tactile et une sauvegarde cloud entre appareils Apple ; c’est précisément le genre de détail à surveiller une fois le jeu disponible, sans lui prêter d’avance une ergonomie qu’on n’a pas encore pu vérifier.

Pour les collectionneurs de combos, pas pour les pacifistes
9 Kings devrait parler aux joueurs qui aiment recommencer une partie pour tenter une autre construction, optimiser un paquet de cartes et regarder un plan préparé plusieurs manches plus tôt porter ses fruits. Si vous appréciez les jeux où placer une structure au mauvais endroit peut ruiner une stratégie entière, le mélange entre citadelle, deckbuilding et défense paraît bien ciblé.
En revanche, passez votre chemin si vous cherchez une campagne narrative, des batailles contrôlées unité par unité ou une stratégie lente et contemplative. Ici, il est question de défense sous pression, de constructions qui s’empilent et d’armées qui s’affrontent largement par elles-mêmes, avec des sorts pour intervenir au bon moment. Le mot « autobattler » n’est pas décoratif.
Je n’ai pas encore joué à cette version mobile : voilà donc ce que 9 Kings propose sur le papier et ce que ses images laissent voir, pas un verdict sur son équilibre ou sa difficulté. Mais pour les abonnés Apple Arcade qui aiment les jeux de cartes moins polis que malins, ce roi-là mérite au moins d’être gardé dans le viseur pour le 8 octobre.

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Source : Playdigious