
Un bloc tombe. Vous le faites pivoter, vous le posez près d’une forêt, et cette petite décision peut finir par décider du sort d’un château. Drop Duchy prend la grammaire des puzzles à pièces géométriques et l’emmène là où elle ne va pas souvent : sur une carte médiévale, entre gestion de ressources, armée à lever et forteresse à assiéger.

Le principe tient en une phrase : vous placez des tuiles de terrain et des cartes de bâtiments sur un plateau quadrillé afin de produire des ressources et des troupes, puis de battre les seigneurs adverses avant que votre propre château ne cède.
Le jeu arrivera le 15 octobre dans Apple Arcade. Il sera donc accessible aux abonnés du service sur iPhone et iPad, à partir d’iOS 15, pour un téléchargement d’environ 302 Mo. Pas besoin de sortir la carte bancaire pour chaque tentative : c’est l’abonnement Apple Arcade qui ouvre la porte.

Des polyominos, mais avec des soldats dedans
Le cœur de Drop Duchy, c’est le placement. Les pièces ne servent pas seulement à remplir proprement une grille : elles représentent aussi des plaines, des zones boisées, des rivières ou des constructions. Une carte de bâtiment placée à côté du bon terrain peut améliorer son rendement ; l’enjeu consiste donc à composer un domaine qui produit ce dont votre royaume a besoin, plutôt qu’à empiler des formes au petit bonheur.
Compléter des lignes apporte bien des bonus, clin d’œil très assumé aux grands puzzles de blocs. Mais le jeu regarde surtout ce que votre agencement génère : ressources, unités et défenses. Il faut ensuite choisir un chemin sur la carte, préparer ses forces et rencontrer des adversaires. La partie mène, à terme, vers une forteresse ennemie ; si votre armée tombe ou si le château encaisse trop de dégâts, il faut repartir pour une nouvelle expédition.
C’est là que le roguelite et le deckbuilding entrent en scène. Les victoires comme les défaites débloquent progressivement de nouvelles possibilités, et plus de 110 cartes de bâtiments, d’améliorations et de modificateurs sont annoncées. Le deck détermine donc les outils disponibles pour la tentative suivante : davantage de recrutement, une économie mieux adaptée à certains terrains, ou des combinaisons à construire autour d’un plan précis. Trois factions sont également prévues, avec leurs propres cartes.

Un atlas médiéval posé sur la table
Les captures officielles évitent le pixel art nostalgique et le réalisme sombre : Drop Duchy se présente comme un jeu de cartes illustré sur parchemin. Les plateaux sont vus de dessus, avec leurs chemins sinueux, leurs cases de terrain et leurs petits bâtiments. Les couleurs restent dans les bruns, les verts et les beiges, comme une carte de campagne qu’un intendant aurait couverte de jetons.
L’interface, elle, ne cache pas son côté jeu de plateau : compteurs de ressources en haut de l’écran, cartes à choisir, icônes nombreuses et bandeaux d’explication en bas. Les cartes visibles portent un titre et une description, ce qui donne à la lecture des effets une place importante. Les images fournies montrent une interface en anglais ; une seule langue est actuellement indiquée pour l’application.
Ce n’est pas le genre de puzzle que l’on lance uniquement pour vider sa tête entre deux stations de métro. Il faut aimer regarder une grille, anticiper ce qu’une pièce va activer, puis accepter que la construction d’un joli petit territoire serve aussi à alimenter une guerre. Ceux qui apprécient les jeux de cartes où un bonus modifie toute une stratégie, ou les puzzles qui demandent de choisir entre plusieurs placements imparfaits, devraient y trouver exactement leur terrain de jeu.

Pour les calculateurs, pas pour les maçons du dimanche
Drop Duchy semble surtout taillé pour les joueurs qui aiment les systèmes qui se croisent : puzzle spatial, production, deckbuilding et parcours à embranchements. Si votre plaisir consiste à trouver qu’une ferme vaut soudain beaucoup plus parce qu’elle touche le bon ensemble de tuiles, la promesse est claire. Même chose si l’échec ne vous rebute pas et que débloquer de nouvelles cartes vous paraît être une bonne raison de relancer une partie.
À l’inverse, passez votre chemin si vous cherchez un city-builder tranquille, dans lequel on décore un royaume sans pression, ou un puzzle aux règles immédiatement transparentes. Ici, les blocs ne sont pas juste des blocs : ils sont aussi une économie, une défense et parfois une erreur qui coûtera une bataille. Le mélange est assez chargé pour que l’on sache d’avance s’il vous intrigue ou s’il vous fatigue.
Drop Duchy ne promet pas de révolutionner chaque genre qu’il touche ; il les empile plutôt les uns sur les autres, comme ses propres pièces, pour voir si le royaume tient debout. Sur le papier et dans ses images, l’idée a au moins le mérite d’être lisible : chaque case doit servir à quelque chose, et chaque partie doit raconter une autre tentative de conquête.
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Source : Doghowl Games Ltd.