
Un petit compagnon noir qui vous attend au bord d’un gouffre, un robot géant dans la brume et pas une ligne de dialogue : Planet of Lana II: Children of the Leaf mise encore sur le silence pour raconter ses ennuis. Lana et Mui reprennent la route sur Novo, une planète dont les tribus ont été divisées par la soif de pouvoir. Cette fois, l’histoire doit aussi lever un coin du voile sur le passé de Mui.
Le principe est simple à comprendre : vous guidez Lana à travers des tableaux de science-fiction, vous évitez les menaces, franchissez des obstacles et résolvez des énigmes avec l’aide de son compagnon. C’est du jeu de plateformes narratif dans la famille des Limbo et autres aventures qui préfèrent une silhouette devant un horizon à trois pages de dialogues.
Deux héros, un monde qui ne tourne plus rond
Le premier Planet of Lana avait posé une formule très lisible : une jeune fille, une créature agile, des machines hostiles et des décors immenses. Cette suite ne change pas de cap, mais elle annonce une Lana plus mobile. Sauts contre les murs et déplacements plus rapides doivent élargir les situations de plateformes, tandis que Mui reste au centre des casse-têtes : attirer une créature, actionner un mécanisme à distance, attendre le bon moment ou coordonner les deux personnages.
Ce ne sont donc pas des puzzles de tableur où l’on aligne des chiffres pendant vingt minutes. Tout semble reposer sur l’observation de l’environnement, le timing et la place de chacun dans le décor. Les informations communiquées évoquent aussi plusieurs créatures et alliés, de quoi éviter que Mui serve uniquement de bouton sur pattes.
Le jeu conserve son choix le plus risqué, et probablement le plus cohérent avec son univers : personne ne parle. La narration passe par les gestes, les rencontres et une musique orchestrale. Si vous cherchez une aventure mobile qui vous raconte son scénario par des dialogues, des journaux et des choix de réponse, vous risquez de rester à la porte. Ici, il faut accepter de lire les images.
Des paysages peints, pas une pluie d’icônes
Les images montrées donnent à Novo des airs de livre illustré animé. Lana apparaît minuscule dans des forêts bleutées, des falaises ocre, des ruines mécaniques et des installations industrielles qui coupent l’horizon. La caméra reste latérale, avec des plans très larges qui mettent en avant le décor plutôt qu’une interface chargée. À l’écran, on aperçoit surtout les commandes tactiles et les éléments nécessaires à l’action ; ce n’est pas le genre de jeu qui veut vous noyer sous les jauges et les monnaies.
Le studio annonce une adaptation aux écrans de téléphones et de tablettes, ainsi qu’une compatibilité complète avec les manettes. Les sauvegardes dans le cloud doivent également permettre de reprendre sa partie sur un autre appareil. C’est une bonne nouvelle sur le papier pour une aventure pensée comme un voyage continu, surtout si vous alternez entre iPhone et iPad. En revanche, aucune compatibilité spécifique avec les modèles pliants ou les futurs formats Apple n’a été détaillée.
Un premier pas gratuit avant le reste du voyage
Planet of Lana II est disponible en accès anticipé sur Android, tandis que les précommandes sont annoncées pour iPhone et iPad sans date encore précisée. Son modèle économique tranche avec celui du premier épisode : le début est proposé gratuitement, puis l’aventure complète se débloque avec un achat unique annoncé à 8,99 dollars, avec des tarifs adaptés selon les pays. Pas d’abonnement annoncé, ni de mécanique de tirage au sort dans ce qui a été présenté.
Ce format permet au moins de voir si son rythme vous convient avant de payer. La durée avancée tourne autour de six à huit heures pour l’ensemble, ce qui le place du côté des aventures concentrées plutôt que des épopées à étirer sur plusieurs mois. Je n’y ai pas joué : impossible donc de juger la précision des contrôles tactiles, la difficulté réelle des énigmes ou la tenue de ce rythme jusqu’au générique. Mais la proposition est claire.
Les amateurs de plateformes contemplatives, de science-fiction douce-amère et de jeux indépendants à l’allure dessinée devraient garder ce nom en tête. Ceux qui veulent de l’action permanente, des combats complexes ou une histoire abondamment écrite peuvent passer leur chemin : Lana et Mui semblent toujours préférer un regard, un saut bien placé et un paysage étrange à une avalanche de mots.
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Source : Snapbreak — fiche officielle Android de Planet of Lana II: Children of the Leaf