
Faire sauter un chat sur une plateforme, c’est simple. Le faire sauter avec trois autres chats qui copient exactement le même mouvement, dont l’un est coincé sous un bloc et l’autre sert d’escabeau, ça devient tout de suite une autre histoire. Copy Cats est ce genre de puzzle-platformer construit autour d’une seule idée claire : vous guidez un félin, mais les clones qu’il crée rejouent chacun de ses déplacements à l’identique.

Le but est d’amener le chat original jusqu’aux portails qui doivent le sortir de sa prison numérique. Pour y parvenir, il faut produire des copies avec une machine, les placer dans le décor et composer avec leurs mouvements synchronisés : courir, s’arrêter ou sauter donne le même ordre à toute la petite troupe. Le programme annonce une centaine de niveaux répartis sur cinq mondes.
Le clone est un outil, pas un compagnon
Le cœur du jeu tient dans cette contrainte : les doubles n’ont aucune autonomie. Impossible de leur demander gentiment de rester là pendant que le héros va voir ailleurs. Ils font ce que vous faites, au même moment. Les énigmes semblent donc reposer sur la géométrie des niveaux : un clone arrêté par un mur peut se retrouver décalé du chat principal, un autre peut contribuer à former une pile pour atteindre une corniche, tandis qu’un troisième finit dans un piège pour ouvrir le passage.
Ce n’est pas une idée neuve dans le puzzle, mais elle a le bon goût de se comprendre en une phrase et de promettre des situations très concrètes. Ici, l’enjeu ne semble pas être de courir plus vite qu’un ennemi, mais de préparer une petite chorégraphie où chaque chat finit au bon endroit. Les obstacles visibles comprennent des plateformes de blocs, des créatures vertes et des tourelles, avec des portails ou tourbillons lumineux qui signalent la sortie.
Le sacrifice de certains doubles fait partie du plan affiché. Si vous cherchez un jeu où chaque personnage doit être sauvé et cajolé jusqu’au générique, passez probablement votre chemin : Copy Cats présente plutôt les clones comme des pions jetables. C’est le prix à payer pour faire rentrer le chat d’origine à la maison.

Une forêt virtuelle qui préfère le néon aux arbres
Ne vous attendez pas à des fougères et à des rayons de soleil. Malgré son point de départ de « forêt virtuelle », Copy Cats s’affiche en pixel art 2D, vu de profil, dans des décors sombres quadrillés. Le cyan, le bleu, le vert et le violet découpent les plateformes et les pièges avec des contrastes très marqués. Le chat principal blanc et bleu ressort immédiatement, comme son petit alter ego violet et jaune aperçu sur les images.
Les niveaux sont montrés comme des tableaux latéraux compacts, davantage proches d’une grille de casse-tête que d’un grand monde à explorer. L’interface mobile laisse aussi peu de place au doute : une icône en haut à gauche, pause en haut à droite, puis commandes directionnelles et boutons triangulaires au bas de l’écran. C’est une présentation pensée pour jouer directement au tactile, sans habiller le tout d’un faux tableau de bord spatial.

Pour les amateurs de problèmes bien rangés
Copy Cats devrait parler aux joueurs qui aiment observer une salle, anticiper deux ou trois actions et recommencer un plan quand un double a été mal placé. Les fans de jeux de plateformes au rythme posé, où l’obstacle est d’abord une question de positionnement, ont ici une proposition très lisible. Le format à niveaux courts peut aussi convenir aux sessions entre deux trajets, sans que le jeu soit présenté comme un simple passe-temps automatique.
À l’inverse, ceux qui veulent des sauts libres, de l’improvisation et un personnage qui répond seul à leurs réflexes risquent de trouver le principe contraignant. Contrôler plusieurs entités par une même commande est précisément le moteur du jeu ; ce n’est pas un détail que l’on peut ignorer après le premier écran. Et si les énigmes de spatialisation vous donnent envie de jeter le téléphone dans le canapé, mieux vaut garder vos 3,99 €.
Je ne l’ai pas installé : impossible donc de vous promettre une difficulté bien dosée, une durée réelle ou le confort des commandes tactiles. Ce qui est clair, en revanche, c’est le contrat proposé : un puzzle à clones dans lequel chaque mouvement a des conséquences pour tout le groupe, emballé dans un habillage néon très arcade.
Copy Cats est un jeu payant à 3,99 €, disponible sur l’App Store pour iPhone et iPad. Il demande au minimum iOS ou iPadOS 16.4 et pèse environ 51 Mo. C’est donc une curiosité compacte pour qui préfère résoudre un problème de placement plutôt que collectionner des récompenses quotidiennes.

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Source : Jussi Simpanen