
Un champ de carottes, un petit drone jaune et une fenêtre de code : voilà une ferme où la bêche a été remplacée par une paire de parenthèses. The Farmer Was Replaced propose de programmer un drone avec une syntaxe proche de Python afin qu’il laboure, plante, arrose et récolte à votre place.

Le principe tient en une phrase : vous écrivez quelques lignes, vous lancez l’exécution, puis vous observez si votre logique permet réellement à la machine de gérer la parcelle. Le jeu ne vous demande donc pas d’avoir les réflexes d’un fermier virtuel, mais de découper un problème en instructions assez claires pour qu’un drone ne fasse pas n’importe quoi dans les citrouilles.
Une ferme qui se cultive à coups de boucles et de variables
La progression ne passe pas par une suite de niveaux numérotés. Elle s’organise plutôt autour de ressources récoltées et de nouvelles mécaniques à débloquer. Les premières tâches tournent autour du foin, du bois ou des carottes ; le programme annonce ensuite des problèmes plus tordus, comme fusionner des citrouilles jusqu’à en fabriquer une géante, trier des cactus, repérer le meilleur tournesol, nourrir un dinosaure ou trouver un trésor dans un labyrinthe de haies.
Le titre introduit progressivement boucles, variables, fonctions et listes. Ceux qui savent déjà ce qu’est une fonction peuvent manifestement passer rapidement les fondations pour s’attaquer à une ferme plus vaste, avec plusieurs drones à coordonner. C’est là qu’intervient la Megafarm : une configuration destinée à faire travailler une petite flotte en parallèle, plutôt qu’un seul robot condamné à tourner autour de trois navets.
Un mode simulation est aussi prévu pour relancer rapidement le même scénario après avoir modifié une ligne de code. C’est un détail très concret : dans un jeu fondé sur l’automatisation, pouvoir vérifier si une instruction a amélioré la récolte ou envoyé tout le monde dans le mur fait partie du cœur de l’exercice.

Le vrai obstacle tient peut-être dans le clavier
Programmer sur un écran tactile reste une drôle d’idée, et le jeu ne l’esquive pas. Il embarque son propre clavier, avec les symboles nécessaires sur un même écran, des parenthèses et guillemets ajoutés par paires, ainsi qu’un geste de glissement sur les touches pour déplacer le curseur. Les commandes d’annulation, de rétablissement, de commentaire et de collage ont également leur rangée dédiée.
Le clavier peut être affiché en AZERTY, QWERTY ou QWERTZ, avec clics ou vibrations. Et si écrire harvest() avec les pouces vous donne l’impression de rédiger une déclaration d’impôts dans un ascenseur, le jeu accepte aussi un clavier et une souris Bluetooth. C’est une information à ne pas négliger : le concept repose sur du code à taper, pas sur une imitation simplifiée où l’on relie trois blocs colorés.
Les captures officielles montrent précisément cette double identité. D’un côté, une vue de dessus en pixel art : champs colorés, plantes, rochers et petits drones jaunes, dans une palette très vive faite de bleu clair, de vert, de jaune, d’orange et de rouge. De l’autre, les fenêtres de programmation se superposent aux parcelles, avec boutons de lecture et d’arrêt, compteurs de ressources, clavier virtuel et arbre de technologies relié par des cases. L’interface visible est en français, au milieu des quatorze langues prises en charge.

La mine est déjà ouverte sous les champs
La version mobile comprend The Miner Was Replaced, une extension qui envoie le drone sous terre. Huit ressources supplémentaires y apparaissent, dont le charbon, le quartz, les champignons et la dynamite. Le programme prévoit notamment de déterrer des ruines anciennes sans les endommager, de cultiver du riz sur l’argile, de classer des champignons et de jouer à une variante du démineur où l’erreur peut coûter un drone.
L’arbre technologique visible dans les images prend ici tout son sens : les ressources ne servent pas seulement de décoration de ferme, elles ouvrent de nouveaux outils et de nouvelles contraintes à automatiser. Une chasse aux succès est également annoncée, ainsi que des chapeaux pour les drones — parce qu’un robot qui travaille mieux que vous a au moins le droit d’être élégant.
À qui confier les clés du tracteur ?
The Farmer Was Replaced vise clairement les curieux qui veulent comprendre la logique de programmation en manipulant un problème concret, mais aussi les personnes déjà à l’aise avec le code et prêtes à organiser plusieurs drones. Le cadre agricole et le pixel art rendent la chose moins austère qu’un éditeur de texte nu, sans cacher ce qu’elle est : un jeu où il faut écrire, lire et corriger des instructions.
À l’inverse, passez votre chemin si vous cherchez un jeu de ferme détendu où l’on récolte en faisant glisser un doigt, ou un puzzle qui se résout sans toucher à une variable. Ici, l’idée est justement de réfléchir à la procédure avant de laisser le drone agir. Les joueurs allergiques aux parenthèses, aux conditions et aux erreurs de logique risquent de voir le champ de tournesols comme un open space avec des légumes.
Le téléchargement est gratuit sur l’App Store, avec un essai avant le déblocage complet par un achat unique annoncé à 8,99 $. Il n’y a ni publicité ni abonnement. Le jeu fonctionne sur iPhone et iPad sous iOS ou iPadOS 15 au minimum, occupe environ 379 Mo et peut être utilisé en portrait comme en paysage. Voilà un puzzle de programmation qui ne prétend pas vous faire aimer les tableurs : il préfère vous confier un drone et vous demander quoi lui dire de faire.

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Source : Timon Herzog