
Traverser une route, c’était déjà sportif. La dévaler à toute allure en évitant des voitures cubiques, des fusées qui tombent du ciel et des crabes sur lesquels rebondir, c’est une autre paire de baskets. Crossy Road Rush prend l’univers très reconnaissable de Crossy Road et l’envoie dans un runner d’arcade où l’on fonce vers l’avant sans rester coincé dans trois couloirs bien rangés.

Le principe tient en une phrase : vous guidez un personnage sur des parcours courts, ramassez des pixels et des multiplicateurs, sautez les pièges et essayez d’atteindre l’arrivée avec le meilleur score possible.
Le poulet cubique prend de la vitesse
Ce n’est donc pas un nouveau Crossy Road au sens classique. Ici, pas question de mesurer chaque pas pour traverser une circulation interminable : la progression est découpée en niveaux, avec une trajectoire qui déroule devant le personnage. Le déplacement ne semble pas limité à des voies fixes ; il est possible de se décaler librement sur les portions praticables du parcours. De quoi transformer les choix de trajectoire en petite gymnastique permanente entre bonus et obstacles.
Les pixels ramassés servent au score, tandis que les symboles multiplicateurs augmentent la valeur de la prochaine collecte. À la fin d’un niveau, la performance est traduite en étoiles, lesquelles ouvrent l’accès à des personnages, des chapeaux et des skateboards. Hipster Whale annonce seize personnages au lancement, quarante couvre-chefs et douze planches : assez pour donner à la collection cette allure de vide-grenier absurde que la série affectionne.
Le fil rouge de cette escapade insulaire est une baie à sauver d’une grosse pieuvre furieuse. Les niveaux alternent les dangers : pics, caisses, rails, véhicules, murs à parcourir et créatures marines au milieu du chemin. Des affrontements de boss viennent aussi changer la présentation : le personnage peut notamment faire face à l’écran, tandis que les menaces arrivent dans son dos. Sur le papier, c’est une façon claire de casser le rythme entre deux courses plus traditionnelles.

Un dessin animé en voxels, compteur de score compris
Les captures officielles ne cachent pas la filiation. Tout est construit en 3D voxelisée, avec des volumes cubiques, des couleurs franches et une palette très lumineuse. La caméra suit le héros à la troisième personne, légèrement derrière lui, sur des rues et voies colorées bleues, jaunes ou orange. On y aperçoit des immeubles, des arbres, des coffres, des pièces flottantes, des caisses et des véhicules aux formes simplifiées : Crossy Road n’a pas changé de boîte de crayons, il a juste trouvé un accélérateur.
L’interface est celle d’un jeu d’arcade assumé : vies en haut à gauche, jauges et compteurs en haut à droite, total du score affiché à l’écran. Les images montrent cette interface en anglais. Le jeu propose toutefois quatorze langues dans sa fiche, sans que cela permette de savoir précisément quels éléments sont traduits dans chaque version.
Un mode Survie doit renouveler ses parcours et ses quêtes chaque jour, avec des événements saisonniers et de nouvelles îles annoncés après le lancement. Les classements mondiaux sont également de la partie pour ceux qui ne savent pas laisser un chiffre tranquille lorsqu’il y a moyen de le faire grimper.

À quatre, la panique devient collective
Crossy Road Rush peut se jouer seul, mais aussi jusqu’à quatre en coopération, en local ou en ligne. Les joueurs partagent leurs points de vie : ce n’est pas une course où chacun part sauver son propre bacon pendant que les autres regardent. Il faudra atteindre les points de contrôle ensemble et gérer les erreurs du groupe. C’est probablement l’argument le plus net pour les familles ou les bandes qui cherchent un jeu Apple Arcade immédiatement compréhensible, sans avoir à expliquer un arbre de compétences pendant vingt minutes.
Le format annoncé vise les parties de quelques minutes. Cela le place dans la bonne famille : celle des jeux à lancer entre deux rendez-vous, dans les transports ou pour une petite session à plusieurs sur le canapé, plutôt que celle des grandes aventures à suivre chaque soir. Ceux qui aiment les objectifs de score, les parcours à recommencer et les collections cosmétiques y trouveront une proposition lisible. En revanche, si vous cherchez une aventure narrative, de l’exploration calme ou un jeu de plateforme au millimètre, ce sprint coloré risque de vous laisser sur le bord de la route.

Un Apple Arcade sans caisse enregistreuse au milieu du parcours
Crossy Road Rush est inclus dans Apple Arcade : il faut donc un abonnement au service, mais le jeu ne repose pas sur des achats intégrés à débloquer entre deux niveaux. Il est disponible sur iPhone, iPad et Mac, avec iOS, iPadOS ou macOS 17.2 au minimum selon l’appareil. Comptez environ 898 Mo de stockage, soit juste sous le gigaoctet.
Pour les habitués de Crossy Road et de Crossy Road Castle, le changement de formule est le point à regarder : même humour visuel, mais une course en avant, des boss et une coopération construite autour de vies communes. Pour les autres, c’est surtout un runner arcade très coloré qui refuse les rails trop stricts. Voilà ce qu’il propose ; à vous de voir si votre poulet mérite un skateboard et un chapeau banane.
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Source : HIPSTER WHALE