
Il y a des jeux qui veulent raconter la chute d’un empire criminel. Saints Row: The Third, lui, préfère manifestement vous confier un lance-flammes, une moto volante et les clés d’une ville déjà suffisamment en mauvais état sans vous. Le jeu de Volition revient sur iPhone et iPad dans sa version remastérisée, portée par Feral Interactive.

Le principe tient en une phrase : vous incarnez les Third Street Saints, débarqués à Steelport sans leur ancien empire, et vous reprenez la ville au Syndicat par les missions, les bastons, les affaires louches et un paquet d’activités annexes volontairement grotesques.
Un GTA qui a choisi de ne jamais se tenir tranquille
La comparaison avec Grand Theft Auto est inévitable : grande ville à parcourir, voitures à voler, fusillades, affrontements entre bandes et missions qui font grimper votre influence. Mais Saints Row: The Third appartient à cette branche du monde ouvert qui a regardé la sobriété droit dans les yeux avant de partir en riant dans un véhicule à l’effigie d’un panda.
Steelport est contrôlée par le Syndicat et ses trois factions : les trafiquants d’armes des Morningstar, les catcheurs masqués des Luchadores et les pirates informatiques des Deckers. Les 47 missions annoncées vous demandent de leur arracher progressivement du terrain. Entre deux objectifs scénarisés, le jeu propose aussi de provoquer des accidents pour l’assurance, de sauter en base jump, de détourner des voitures ou d’acheter propriétés et commerces pour asseoir l’influence des Saints.
Le scénario n’a donc pas l’air de chercher le réalisme, et c’est important de le savoir avant de sortir la carte bancaire. Ici, l’arsenal sert autant à vaincre qu’à ridiculiser l’adversaire : armes farfelues, voitures transformées en armes mobiles et engins improbables font partie du programme. Si vous cherchez une ville crédible, une violence traitée avec gravité ou une histoire de gangsters au premier degré, passez votre chemin. Si l’idée d’un bac à sable criminel qui pousse chaque situation vers la blague vous parle, c’est exactement son terrain.

Une ville en 3D, avec tous les boutons sous les pouces
Les captures officielles montrent une 3D stylisée en vue à la troisième personne, caméra derrière le personnage ou le véhicule. Steelport y affiche des rues bordées d’immeubles, des teintes grises, brunes et orangées, des arbres aux feuillages d’automne et, sans surprise, des flammes qui prennent régulièrement une place importante dans le cadre.
L’interface mobile ne cherche pas à se cacher : une minicarte circulaire est installée en haut à gauche, les jauges et compteurs occupent le haut de l’écran, tandis que les commandes tactiles circulaires se répartissent sur la droite et en bas. On voit aussi les textes en français dans l’interface. Ceux qui détestent les boutons virtuels superposés à l’image auront donc intérêt à prévoir une manette : le jeu annonce également la prise en charge des contrôleurs, ainsi que de la souris et du clavier sur les appareils compatibles.
Feral annonce des commandes tactiles personnalisables, ce qui devrait au moins permettre de déplacer les éléments de l’interface selon vos habitudes. Le portage inclut par ailleurs une coopération en ligne : l’intégralité de la campagne peut être parcourue avec un ami, si vous avez quelqu’un prêt à assumer avec vous les déguisements et les explosions inutiles.

Le gros paquet, DLC compris — et un vrai filtre matériel
Ce n’est pas une version allégée découpée en épisodes. Les contenus additionnels sont inclus, avec les extensions Genkibowl VII, Gangsters dans l’espace et Le Problème avec les clones, ainsi que plus de trente armes, véhicules et tenues supplémentaires. Voilà de quoi intéresser les joueurs qui veulent retrouver le jeu complet sans courir après une boutique de contenus séparés.
En revanche, il faut faire de la place. L’application affiche environ 2,7 Go au téléchargement, mais Feral demande 22 Go libres pour l’installation et recommande davantage afin d’éviter les soucis au départ. C’est le genre de détail qui transforme un achat impulsif dans le train en séance de ménage forcée sur son stockage.
Saints Row: The Third est vendu 14,99 € sur l’App Store, sans achat intégré annoncé et sans abonnement. Il est réservé aux appareils sous iOS ou iPadOS 18 minimum et classé 17+. Côté iPhone, sont notamment compatibles les iPhone XS et XS Max, les iPhone 11 et modèles ultérieurs, l’iPhone SE de troisième génération et l’iPhone Air. Vérifiez bien la liste complète des modèles acceptés avant l’achat, particulièrement sur iPad.

À ce prix, le jeu s’adresse surtout à ceux qui savent déjà qu’ils aiment les mondes ouverts d’action déjantés et veulent emporter une grosse campagne solo, éventuellement coopérative, sur un écran Apple. Les joueurs allergiques au chaos permanent, aux commandes tactiles chargées ou aux jeux 17+ à l’humour lourd n’y trouveront pas soudainement leur compte. Saints Row: The Third ne prétend pas être discret ; son intérêt est précisément de ne jamais l’être.
À lire aussi
Source : Feral Interactive Ltd