
Imaginez un trajet en diligence où votre pire problème n’est pas la roue qui grince, mais le médecin de l’équipe qui ne supporte plus le voleur, pendant qu’une créature sortie d’un cauchemar attend au prochain virage. Darkest Dungeon II arrivera sur iOS en 2027, avec l’ambition de faire tenir son mélange de combats au tour par tour, de gestion d’équipe et de désespoir très organisé dans une version mobile.
Le principe tient en une phrase : vous composez une équipe de quatre aventuriers, les envoyez sur les routes d’un monde en ruine à bord d’une diligence, puis tentez d’atteindre la Montagne sans que les monstres, le stress ou les disputes internes ne les réduisent à néant.
Une suite qui abandonne le donjon pour la route
Le premier Darkest Dungeon faisait creuser des expéditions toujours plus loin sous un domaine familial maudit. Le deuxième épisode change de décor et de structure : il s’agit moins d’installer durablement une équipe dans un manoir que de préparer une expédition complète, avec ses choix de route, ses haltes et ses rencontres aléatoires. À chaque tentative, la diligence avance vers un objectif final, tandis que les héros récupèrent ressources, améliorations et souvenirs de leurs vies passées.
Les affrontements restent organisés autour de deux lignes de quatre personnages. La position compte : certains héros frappent depuis l’avant, d’autres soignent ou affaiblissent les ennemis depuis l’arrière. Mais la grande différence vient des liens entre compagnons. Les décisions prises sur la route, le stress encaissé et les événements traversés peuvent rapprocher deux personnages ou, au contraire, transformer le groupe en cocotte-minute. Une équipe qui se déteste risque de compliquer chaque combat ; une équipe soudée peut y trouver des avantages. C’est un roguelike qui vous demande de surveiller les barres de vie, mais aussi les rancœurs.
Le jeu ne cherche donc pas à vous faire collectionner des héros invincibles. Il met plutôt en scène des personnages cabossés, chacun avec ses compétences, son passé et ses défauts. Les morts, les échecs et les décisions douteuses font partie du trajet. Si votre idée du RPG consiste à garder intacte une escouade parfaite pendant cinquante heures, le ton de Darkest Dungeon II risque de vous rappeler à l’ordre assez vite.
Un théâtre gothique, pas un écran rempli de pixels
Les visuels déjà connus du jeu affichent une direction artistique immédiatement reconnaissable : personnages aux silhouettes marquées, visages tirés, décors peints dans des teintes de cendre, de rouge malade et de bleu nuit. Les combats se déroulent de profil, comme sur une scène de théâtre sinistre, avec une interface remplie d’icônes, d’effets d’état et de compteurs à lire. La diligence, elle, traverse des cartes découpées en embranchements, loin du simple écran de donjon du premier épisode.
C’est pourtant le point à surveiller : entre les compétences, le placement, les relations, l’inventaire et les décisions de route, Darkest Dungeon II a beaucoup d’informations à faire tenir sur un petit écran. Le portage devra rendre cette lecture claire sans transformer chaque affrontement en séance de comptabilité gothique.
Le bon public : les joueurs qui acceptent de perdre
Cette annonce devrait parler aux amateurs de Slay the Spire, de RPG au tour par tour exigeants et de roguelikes où une mauvaise décision continue de vous poursuivre vingt minutes plus tard. Ceux qui aiment préparer une composition, accepter qu’une tentative tourne mal et recommencer avec une meilleure idée y trouveront un terrain familier. Les fans du premier épisode auront surtout à accepter le virage : la progression par expédition et la diligence remplacent l’exploration méthodique d’un même domaine.
À l’inverse, passez votre chemin si vous cherchez un jeu relaxant entre deux stations de métro, une aventure pleine de héros triomphants ou un RPG qui pardonne volontiers l’improvisation. Ici, l’échec fait partie de la proposition, et l’ambiance n’a rien d’une balade héroïque sous un grand soleil. Même les moments de répit ont l’air de cacher une dette émotionnelle.
2027, iOS et encore quelques cases vides
Darkest Dungeon II est annoncé sur iOS pour 2027, sans date plus précise à ce stade. Une version Android est également prévue. Le prix, le modèle économique et la liste exacte des appareils Apple compatibles restent à préciser ; mieux vaut donc ne pas supposer un jeu gratuit, ni promettre d’emblée une compatibilité iPhone et iPad universelle. Aucun abonnement Apple Arcade n’est évoqué dans cette annonce.
Il s’agit pour le moment d’une promesse de portage, pas d’un verdict sur sa version mobile. Mais le matériau de départ est assez singulier pour mériter le détour : un RPG de route où le boss le plus dangereux n’est pas toujours celui qui a des tentacules.
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Source : Playdigious — annonce officielle