
Un chat qui obéit au doigt et à l’œil, c’est déjà suspect. Une douzaine de chats qui font exactement le même saut au même moment, là, on bascule dans la science-fiction légèrement inquiétante. C’est le terrain de jeu de Copy Cats, arrivé sur Apple Arcade le 26 août : guider un félin vers la sortie d’une dimension virtuelle, avec des copies qui reproduisent tous ses gestes.

Le principe tient en une phrase : vous déplacez le chat original dans des niveaux à plateformes, tandis que chaque clone créé par une machine mystérieuse court et saute à l’identique ; il faut donc utiliser murs, trous et hauteurs pour placer tout ce petit monde au bon endroit avant de franchir un portail.
Un Simon Says avec beaucoup trop de moustaches
L’accident de laboratoire qui lance l’aventure a coincé le héros dans un univers numérique. Son itinéraire passe par plusieurs portails, mais un seul chat ne peut pas atteindre toutes les zones nécessaires. La machine de clonage sert alors de boîte à outils : chaque copie devient un pion supplémentaire, sans jamais recevoir d’ordre individuel.
C’est là que Copy Cats se distingue du platformer rétro qui vous demande simplement de sauter sur la plateforme suivante. Courir fait courir tout le groupe. Sauter fait sauter tout le groupe. L’astuce consiste à laisser certains clones bloqués par une paroi ou séparés par un fossé, pendant que les autres poursuivent leur route. Le jeu propose aussi de les empiler pour former une échelle vivante et atteindre une plateforme trop haute pour le chat seul.
Autrement dit, le problème n’est pas seulement « comment aller là-bas ? », mais « comment faire arriver trois, quatre ou davantage de versions de moi-même à des endroits différents avec une seule commande ? ». C’est le genre d’idée qui peut très vite faire chauffer le cerveau : une action anodine pour le chat de tête peut expédier ses collègues moustachus droit vers des pointes.

Du néon, des grilles et des pièges bien visibles
Les captures montrent un pixel art 2D volontairement old-school, mais pas dans la nostalgie sépia. Les niveaux défilent latéralement sur des fonds sombres quadrillés, traversés de blocs bleus, verts et cyan qui semblent éclairés de l’intérieur. Le chat blanc ressort nettement au milieu de cet environnement électronique ; un petit personnage violet et bleu apparaît également dans certaines scènes.
Les plateformes ont une construction très géométrique, presque comme un circuit imprimé devenu terrain de jeu. On y voit des spirales vertes, des icônes de clé, des blocs carrés et des obstacles à pointes. Cette lisibilité n’est pas un détail décoratif pour un jeu où il faut surveiller la position de plusieurs personnages identiques : le décor doit vous aider à comprendre quels clones sont encore ensemble, lesquels ont été arrêtés et où une pile de chats pourrait servir.
Sur iPhone et iPad, Copy Cats affiche des commandes tactiles à l’écran : une croix directionnelle dans le coin inférieur gauche et un bouton triangulaire à droite. Une icône de retour est placée en haut à gauche, la pause à l’opposé. L’interface visible reste sobre, sans compteurs qui mangent l’écran ni effets qui cachent les plateformes.

À qui confier cette colonie féline ?
Copy Cats vise clairement les amateurs de casse-têtes à contraintes, ceux qui aiment observer un niveau, imaginer une séquence et recommencer leur plan quand une copie se retrouve au mauvais étage. Si des jeux comme Lemmings vous plaisent davantage pour leur logique de groupe que pour leur folklore, le concept a de quoi vous interpeller. Le pedigree de Jussi Simpanen, développeur solo également derrière Duke Dashington et Tiny Dangerous Dungeons, place aussi le titre dans une famille de jeux indés au look compact et rétro.
En revanche, passez votre chemin si vous cherchez un jeu de plateformes nerveux fondé sur les réflexes, ou un chat libre de courir où bon lui semble. Ici, l’intérêt repose précisément sur la répétition des mouvements et sur les conséquences parfois encombrantes de cette obéissance collective. Il faut accepter que le bon geste ne soit pas forcément le geste le plus évident.
Je ne l’ai pas installé, donc impossible de juger l’équilibre des énigmes, leur variété ou leur montée en difficulté. Ce que montrent le jeu et ses images, en revanche, est très net : Copy Cats ne cache pas son idée derrière une grande aventure bavarde. Il prend une règle simple — tous les chats vous imitent — et construit ses niveaux autour de ses complications.

Inclus avec Apple Arcade, sur iPhone et iPad
Copy Cats est proposé via Apple Arcade : il est inclus dans l’abonnement Apple, sans achat séparé du jeu. Il fonctionne sur iPhone et iPad sous iOS ou iPadOS 15 au minimum, pour un téléchargement léger d’environ 50 Mo. Sa classification est 12+.
Voilà un petit puzzle-platformer qui préfère multiplier les conséquences plutôt que les boutons. Si l’idée de transformer un saut en problème logistique vous amuse, cette armée de copies a une place toute trouvée dans votre onglet Apple Arcade. Si vous vouliez juste caresser un chat, il faudra chercher ailleurs.
À lire aussi
Source : Jussi Simpanen