
Un milliard de dollars à partager, trois sœurs disparues dans un crash d’avion privé et une famille assez vaste pour faire regretter l’invention des prénoms composés : voilà le genre de succession qui demande un enquêteur, pas un notaire. The Roottrees are Dead prépare son arrivée sur Apple Arcade, avec des préinscriptions déjà ouvertes avant sa sortie prévue le 5 novembre.

Le principe tient en une phrase : vous devez reconstituer l’arbre généalogique des Roottree en fouillant des archives et le Web balbutiant de 1998, afin d’identifier les véritables héritiers d’une fortune colossale.
Un polar sans pistolet, avec beaucoup de branches
Le point de départ est plutôt net. Le jet privé de la famille Roottree s’écrase, emportant les parents et leurs trois filles. Or, un testament rédigé par l’un de leurs ancêtres impose que l’argent soit distribué uniquement aux membres de la famille liés par le sang. À vous de déterminer qui peut réellement prétendre à sa part du gâteau. Et, vu le pedigree annoncé, le gâteau a probablement plusieurs étages.
L’enquête ne consiste pas à interroger des suspects dans des ruelles pluvieuses. Ici, le travail passe par des photographies, des articles, des livres, des avis de décès et des pages web. Il faut croiser un nom avec un visage, vérifier un métier, replacer une date de naissance, puis décider où chaque personne doit figurer dans l’arbre familial. Une information ouvre une piste ; cette piste mène à un parent oublié ; ce parent complique tout le reste. C’est du puzzle de déduction qui préfère les connexions logiques aux réflexes.
Le titre d’Evil Trout a d’abord trouvé son public sur ordinateur, avant d’être remanié et de passer par Steam. Sa proposition est assez rare pour mériter qu’on s’y arrête : plutôt que de vous livrer un mystère à résoudre entre deux cinématiques, il fait de la recherche documentaire le cœur du jeu.

Retour à l’époque où Internet faisait du bruit
Les captures officielles donnent le ton sans ambiguïté. On y voit d’abord une pièce sombre en perspective, avec bureau, canapé et tapis, comme un petit bureau d’enquête éclairé à la lampe. Puis l’écran bascule vers des dossiers, un navigateur web et des panneaux de classement aux teintes beige, brune, turquoise et verte.
L’interface empile fenêtres, champs de recherche, listes d’objectifs et cartes reliées par des lignes. L’arbre familial intitulé « Roottree Sisters » occupe évidemment une place centrale, tandis qu’une page web et des photos encadrées servent de pièces à conviction. L’ensemble joue franchement la carte de l’ordinateur de 1998 et de sa connexion par modem : un décor parfait pour ceux qui ont connu les pages web grises et les recherches laborieuses, ou pour ceux qui aiment l’idée sans avoir eu à attendre que la ligne téléphonique se libère.
Attention toutefois à un détail très concret : les textes visibles dans les images sont en anglais, et l’interface semble elle aussi proposée dans cette langue. Si vous cherchez une enquête entièrement localisée en français, mieux vaut ne pas compter sur celle-ci. Lire attentivement et manipuler des noms de famille déjà proches les uns des autres est suffisamment délicat sans ajouter une barrière de langue.

Pour les joueurs qui aiment vraiment chercher
The Roottrees are Dead s’adresse clairement à celles et ceux qui prennent plaisir à remplir des tableaux, garder une trace d’un détail aperçu dix minutes plus tôt et relier eux-mêmes les indices. Les amateurs de jeux d’enquête comme de puzzles narratifs devraient y trouver une proposition lisible : pas de course contre la montre annoncée, mais une affaire à démonter morceau par morceau.
À l’inverse, passez votre chemin si vous attendez de l’action, des personnages à diriger dans de grands environnements ou une histoire qui vous pousse constamment vers la réponse suivante. Ici, le plaisir promis repose sur les documents, les recoupements et la satisfaction de voir une branche familiale enfin rejoindre la bonne place. C’est un jeu qui vous demande de faire le travail ; il ne semble pas avoir l’intention de vous tenir la main avec des moufles.
Sur iPhone et iPad, ce format a du sens : l’arbre, les fiches et les documents peuvent être consultés à votre rythme, même si l’abondance d’informations affichées laisse penser qu’un iPad offrira un espace plus confortable pour jongler entre les indices. Les appareils devront tourner sous iOS ou iPadOS 15 au minimum. Le téléchargement pèse environ 908 Mo et la classification est fixée à 17+.

Pas de caisse enregistreuse au milieu de l’enquête
The Roottrees are Dead sera inclus dans Apple Arcade. Il ne demande donc pas d’achat séparé ni d’achats intégrés : il faut en revanche un abonnement actif au service d’Apple. C’est une bonne nouvelle pour un jeu fondé sur la concentration ; rien ne vient, sur le papier, couper une piste intéressante pour vous vendre une poignée d’indices ou une loupe dorée.
Rendez-vous le 5 novembre pour voir si votre patience survit à cette dynastie de papier. Si l’idée de fouiller de vieux documents pour résoudre une succession vous semble plus excitante qu’une nouvelle bataille royale, celui-ci a au moins une branche solide à laquelle vous accrocher.
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Source : Yaozuo Games Ltd