
Une horde avance, les cartes s’empilent, et le prochain sort doit coûter plus cher que le précédent. Vampire Crawlers reprend l’univers de Vampire Survivors pour en faire un roguelite de donjon au tour par tour : on explore, on récupère des trésors et l’on construit des chaînes de cartes afin de nettoyer l’écran avant que les monstres ne vous encerclent.

Je ne l’ai pas installé : voici donc un repérage fondé sur ce que Poncle présente, les captures disponibles et les premiers retours de joueurs. L’idée est moins de savoir si le jeu remplace Vampire Survivors que de comprendre ce qu’il tente vraiment : ralentir le carnage juste assez pour y glisser des choix de deckbuilding.
Le fouet, oui ; la mitraille d’ennemis, autrement
Le point de départ sera familier aux habitués. Vampire Crawlers ramène des personnages, des armes, des ennemis et des améliorations dans le sillage de Vampire Survivors. Les bonus touchent notamment aux dégâts, à la zone d’effet et à l’expérience ; le fouet peut ainsi évoluer vers Bloody Tear, avec un effet de soin sur certains coups critiques. Mais ici, pas question de traverser une carte en tournant autour d’une nuée : les affrontements reposent sur une main de cartes.
Le principe central est simple à énoncer et potentiellement moins simple à maîtriser : les cartes se jouent dans l’ordre croissant de leur coût en mana, chaque maillon renforçant le suivant. Les jokers servent à prolonger la série, tandis que les cartes peuvent attaquer, améliorer les statistiques ou apporter armure et soins. Poncle annonce des enchaînements pouvant monter à dix, vingt ou trente cartes. Les gemmes viennent ensuite modifier certaines cartes, par exemple en étendant leur zone ou en doublant leurs dégâts.
Entre deux combats, le jeu prévoit les habitudes du roguelite : montée de niveau, nouvelles cartes, reliques, armes évolutives et compagnons à invoquer. Les expéditions partent d’un village central et traversent des donjons à plusieurs étages. Il faut notamment mettre la main sur une pelle pour atteindre le niveau suivant, avec des coffres et des interactions disséminés sur le parcours. La Faucheuse reste, elle aussi, dans les parages pour mettre un terme à une sortie.

Des cartes colorées sous les murs du donjon
Les captures montrent une 2D cartoon très lisible dans son intention : personnages trapus, illustrations de cartes expressives et monstres affichés sur des zones de plateau. Les donjons tirent vers le rouge et le noir, relevés d’effets bleus, de jaune et de vert. Une zone extérieure avec arbres et rochers apparaît aussi, loin du pur couloir de crypte.
L’interface, elle, occupe une grande place : jauges en haut, cœur à gauche, bouton bleu circulaire numéroté à droite, éventail de cartes en bas et fenêtres de choix au centre. Les captures fournies affichent les textes en anglais. Ce n’est pas forcément l’interface que vous verrez sur un appareil français — l’application annonce quatorze langues — mais c’est bien l’allure actuellement montrée.
Ce choix très « jeu de cartes posé sur un donjon » a une conséquence visible : Vampire Crawlers ne cherche pas à masquer ses menus derrière des effets. Il faut regarder ses coûts, sa main et les cibles, puis décider de la séquence. Ceux qui aiment dans Vampire Survivors le déluge largement automatique risquent donc de trouver ici un cousin un peu trop méthodique. À l’inverse, les joueurs qui voulaient davantage intervenir dans la fabrication de leur puissance devraient y voir une variation cohérente plutôt qu’un simple habillage.
Le format mobile reste le point de vigilance
Le sujet qui revient dans les premiers avis français n’est pas le système de combat, mais l’écran. Trois témoignages positifs regrettent un affichage paysage jugé mal exploité et réclament un mode portrait ou un réglage de taille de la zone de jeu. L’un d’eux résume l’impression par « une excellente base », tout en demandant une meilleure utilisation de l’espace disponible. Ce n’est pas un détail pour un jeu de cartes où l’on doit lire une main et plusieurs indicateurs à la fois.
Un avis beaucoup plus sévère signale aussi une perte de sauvegarde iCloud après un passage d’iPad à iPhone, sur la version 1.6.1. La version actuelle, 1.6.3, mentionne justement un correctif de stabilité des sauvegardes. C’est plutôt rassurant sur le fait que le problème a été identifié, mais pas une garantie : si vous comptez alterner entre plusieurs appareils, mieux vaut surveiller votre progression avant de lui confier une longue partie.

Pour les bâtisseurs de combos, pas les allergiques aux cartes
Vampire Crawlers s’adresse d’abord aux joueurs qui connaissent déjà la boucle « je deviens absurde avant de mourir » de Vampire Survivors, mais préfèrent cette fois choisir l’ordre de leurs explosions. Les amateurs de Slay the Spire et de roguelites à synergies y reconnaîtront un terrain familier, avec un habillage de fantasy gothique moins austère qu’un paquet de cartes médiéval posé sur fond beige.
En revanche, passez votre chemin si vous cherchez une partie immédiate, à une main, dans le métro, ou si le paysage imposé vous agace déjà. Les retours sur l’occupation de l’écran méritent d’être pris au sérieux, tout comme l’historique récent autour des sauvegardes.
Le jeu est vendu 9,99 €, sans passer par Apple Arcade, et fonctionne sur iPhone et iPad sous iOS ou iPadOS 18.6 au minimum. Comptez environ 1,1 Go d’espace libre. C’est donc un achat franc, réservé aux 9 ans et plus, pas une appli gratuite à essayer entre deux publicités. Pour qui veut un Vampire Survivors plus calculé, le concept a des crocs ; pour qui veut seulement survivre en faisant tourner son personnage, l’original restera probablement le meilleur point d’entrée.

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Source : Poncle